En mai 2025, le PDG du groupe Carrefour M. Alexandre Bompard déclarait, comme en 2023 et en 2024, qu’il « n’y a jamais eu et qu’il n’y aura jamais de magasins Carrefour dans un territoire occupé . » Les 7 organisations ayant révélé les liaisons dangereuses du groupe avec la colonisation israélienne dans un rapport éponyme en 2022 - l’Association France Palestine Solidarité, Al Haq, la CGT, la Fédération CGT Commerce et Services, la Ligue des droits de l’Homme, la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine et l’Union Syndicale Solidaires - publient aujourd’hui une note d’actualité qui contredit ces déclarations.
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Offrant un état des lieux détaillé des activités de Carrefour dans la région, la note d’actualité met en lumière qu’au mois de mars 2026, deux magasins du groupe Global Retail C.I. Ltd, franchisé de Carrefour, sont implantés dans des colonies israéliennes sous enseigne Carrefour (l’un dans la colonie de Maccabim à Modi’in et l’autre à Neve Ya’akov). Six autres magasins sont toujours en activité sous leurs enseignes d’origine dans les colonies d’Ariel, Alfei Menashe, Mod’in Illit, Kokhav Ya’akov et Ma’ale Adumim.
De plus, le groupe israélien Yenot Bitan/Shuk Mehadrin, partenaire franchisé de Carrefour, possède une plateforme de livraison de commandes en ligne qui dessert toutes les grandes colonies de Jérusalem-Est, les blocs de colonies des enclaves de Modi’in Illit et de Givat Ze’ev, et la colonie de Ma’ale Adumim.
La note d’actualité met également à disposition les données des appels d’offres de constructions neuves et les plans immobiliers approuvés en 2025 dans les colonies où les enseignes et franchisés Carrefour sont implantés, soulignant ainsi comment l’activité commerciale de cette entreprise française soutient le développement de ces entités illégales.
Enfin, ces dernières années, en pleine guerre génocidaire à Gaza et explosion de la colonisation en Cisjordanie, Carrefour a intensifié ses activités en Israël en ouvrant ses premiers hypermarchés à grand renfort de publicité, signifiant à tout le moins son désintérêt manifeste pour le respect du droit international et des droits humains.
« La LDH dénonce les pratiques des entreprises qui offrent leurs services et prestations dans des colonies israéliennes, permettant et facilitant ainsi, tant directement qu’indirectement, cette colonisation illégale et en tirant profit. En dynamisant économiquement les colonies israéliennes, Carrefour participe à la création, à l’entretien et à l’extension de ces colonies dans le Territoire palestinien occupé illégalement et favorise le déplacement forcé de la population palestinienne. » Nathalie Tehio, Présidente de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH).
Le groupe Carrefour est pourtant tenu par le devoir de vigilance tel que défini par la loi française du 27 mars 2017, qui l’oblige à s’assurer que ses activités n’affectent pas les droits humains. De plus, depuis que Carrefour a commencé ses activités liées à la colonisation israélienne en 2022, les obligations qui incombent aux acteurs assistant la situation illégale créée par Israël ont été précisées par l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice (CIJ) du 19 juillet 2024, qui enjoint aux États tiers de « prendre des mesures pour empêcher les échanges commerciaux ou les investissements qui aident au maintien de [cette] situation illicite. » Comme démontre la Rapporteuse spéciale de l’ONU pour le Territoire palestinien occupé Francesca Albanese, qui cite Carrefour dans son rapport de 2025 sur la complicité des entreprises, il n’y a aucun doute que les décisions judiciaires récentes imposent aux entreprises la responsabilité prima facie de ne pas participer aux activités liées à l’occupation de la Palestine.
« La colonisation est un crime de guerre. La CIJ l’a rappelé en juillet 2024 et en a exigé le démantèlement. L’Assemblée générale de l’ONU a demandé aux États de prendre des mesures contre les entreprises qui contribuent à la perpétration de cette situation illégale. Puisque Carrefour persiste dans sa complicité de crime de guerre, la France doit prendre des mesures pour le contraindre à cesser sans plus attendre. C’est une obligation, pas un choix politique. » Anne Tuaillon, présidente de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS)
Les organisations auteures de cette note d’actualité réitèrent leurs demandes basées sur le droit international : le groupe Carrefour doit mettre fin à son implication directe dans l’entreprise de colonisation et l’État français, premier acteur responsable en droit international, doit adopter d’urgence des mesures empêchant les échanges commerciaux et les investissements aidant au maintien de la présence illicite d’Israël sur le Territoire palestinien occupé.
Signataires :
Association France Palestine Solidarité (AFPS)
Confédération Générale du Travail (CGT)
Fédération CGT Commerce et Services
Ligue des droits de l’Homme (LDH)
Plateforme des ONG françaises pour la Palestine
Union syndicale Solidaires




