Ce mardi 21 avril, le Conseil des Affaires étrangères de l’Union européenne se réunit dans un contexte où l’impunité dont bénéficie l’État d’Israël perdure alors qu’il poursuit ses crimes : le génocide est toujours en cours à Gaza, les colons et l’armée d’occupation sèment la terreur en Cisjordanie, et pour couronner le tout, l’abominable loi d’apartheid sur la peine de mort applicable aux seuls Palestiniens. Au mépris des décisions et avis de la Cour internationale de Justice, au mépris de la résolution de l’ONU de septembre 2024, l’occupation israélienne continue de s’aggraver et la colonisation de s’accélérer. Elles asphyxient et détruisent la société palestinienne.
Inspirateur et acteur de la guerre contre l’Iran, déclenchée au mépris du droit international et qui plonge le monde dans une crise d’une extrême gravité, Israël continue de bombarder le Liban et d’y provoquer des déplacements massifs de la population au risque du démantèlement de la société libanaise et d’une catastrophe humaine sans précédent.
Ceci intervient alors que plus d’un million de citoyens et citoyennes européen·nes ont signé l’initiative citoyenne européenne (ICE) réclamant la suspension de l’Accord d’Association entre l’UE et Israël.
Cet accord, entré en vigueur en 2002, fait d’Israël un partenaire privilégié de l’UE. Il est conditionné au respect, entre autres, des droits humains. Il n’aurait jamais dû entrer en vigueur ou aurait dû être suspendu dès le premier jour.
Après plus de 18 mois de génocide à Gaza, il a fallu attendre le Conseil des affaires étrangères du 20 mai 2025 pour que soit enfin lancé l’examen formel de l’accord d’association. Quatre mois plus tard, la Commission européenne proposait la suspension partielle de l’accord au Conseil de l’UE. Celle-ci n’a pas encore été adoptée. Plus de sept mois après, l’UE n’a toujours pris aucune décision. Les mesures qui ont été annoncées par la présidente de la Commission européenne en septembre 2025 seraient toujours sur la table.
Le 15 avril, plus de 350 anciens ministres, ambassadeurs et hauts fonctionnaires de l’UE, parmi lesquels Josep Borrell, ancien Président du Parlement européen, ont signé une lettre en demandant la suspension de cet Accord d’Association. L’Espagne, l’Irlande et la Slovénie en demandent de nouveau la suspension.
Le changement politique en Hongrie, l’évolution des positions de l’Italie, l’exaspération contre l’état de guerre sans fin provoqué par Israël, l’indignation après la loi sur la peine de mort, vont peut-être enfin amener à la mise en œuvre de sanctions fortes contre Israël, dont la suspension de l’Accord d’Association, ou a minima de son volet commercial demandé par la Commission européenne – ce qui n’exige que la majorité qualifiée pour être adoptée par le Conseil. Au-delà des pressions indispensables sur l’État d’Israël, c’est le droit international lui-même qui est en jeu.
Le succès très rapide de l’ICE demandant la suspension de l’Accord d’Association est le signe que l’opinion publique européenne est de plus en plus consciente de la gravité de la situation créée par des décennies d’impunité totale accordée à l’État d’Israël. Plus du tiers des signataires de l’ICE sont des citoyens et citoyennes français·es.
L’Association France Palestine Solidarité s’est adressée au Ministère des Affaires étrangères pour lui demander d’agir afin que des sanctions fortes soient enfin prononcées contre Israël. La suspension de l’Accord d’Association serait un premier pas élémentaire pour marquer enfin ses distances avec l’État génocidaire.
Jean-Noël Barrot a rappelé récemment que la France avait soutenu les propositions de la Commission européenne, et averti que « si la situation n’évolue pas, elle garde cette carte en main » ; par contre, il ne se prononce pas sur la position qu’il va défendre lors du Conseil des Affaires étrangères ce mardi 21 avril. Non seulement la situation n’a pas évolué, mais elle ne fait qu’empirer. La garantie d’une impunité permanente laisse entendre à Israël que tout lui est permis : il en use et en abuse. Il est temps, plus que temps, que l’Europe tout comme la France mettent leurs actes en adéquation avec les valeurs qu’elles prétendent défendre.
Le Bureau National de l’AFPS,
le 20 avril 2026
Photo : Le drapeau israélien est hissé à Bruxelles, 8 octobre 2023 © Commission européenne




