En mai prochain, des millions de téléspectateurs·trices suivront la 70e édition du Concours Eurovision de la chanson. Pour la troisième année consécutive, elles verront Israël célébré sur scène, malgré le génocide que l’État israélien perpétue à Gaza. Et ce, alors que la Russie reste bannie pour son invasion illégale de l’Ukraine.
En tant que musicien.ne.s et travailleurs·euses culturels, dont beaucoup vivent dans la zone couverte par l’Union européenne de radio-télévision (UER), nous refusons que l’Eurovision soit utilisé pour blanchir et normaliser le génocide, le siège et l’occupation militaire brutale des Palestinien·nes par Israël.
Nous sommes solidaires des appels lancés par les Palestinien.ne.s aux diffuseurs publics, aux artistes, aux organisateur·trices de soirées de projection, aux équipes techniques et aux fans pour qu’iels boycottent l’Eurovision jusqu’à ce que l’UER interdise le diffuseur israélien KAN qui s’est rendu complice des crimes contre l’humanité commis par Israël.
Nous saluons le retrait des diffuseurs espagnols, irlandais, islandais, slovènes et néerlandais, ainsi que celui de nombreux finalistes des sélections nationales qui se sont engagés à refuser de participer à l’Eurovision. Tout comme les artistes se sont opposés à l’oppression en Afrique du Sud, nous sommes aujourd’hui unis.
Le président de l’apartheid israélien, Isaac Herzog, cité dans la requête déposée par l’Afrique du Sud devant la Cour internationale de justice pour incitation au génocide, a joué un rôle de premier plan dans le lobbying auprès des diffuseurs pour qu’ils n’excluent pas Israël du concours, l’événement musical le plus regardé au monde.
Les réponses hypocrites de l’UER face aux crimes de la Russie et d’Israël ont supprimé toute illusion quant à la prétendue « neutralité » de l’Eurovision. En 2022, l’UER a déclaré que la présence de la Russie « jetterait le discrédit sur le concours ».
Pourtant, plus de 30 mois de génocide à Gaza – en parallèle au nettoyage ethnique et au vol de terres en Cisjordanie occupée – ne sont pas considérés comme suffisants pour appliquer les mêmes principes à Israël.
Comment un·e artiste ou un·e fan de l’Eurovision peut-iel en toute conscience participer à la prochaine édition du concours en Autriche alors que les États-Unis et Israël prévoient de créer des camps de concentration hyper-surveillés dans ce qu’ils nomment le « nouveau Gaza » ? Alors que nous vivons une période très sombre, le silence et la passivité ne sont pas une option.
Nous refusons de nous taire alors que la violence génocidaire d’Israël étouffe et réduit au silence la vie des Palestinien·nes. Alors que des enfants dans les prisons israéliennes sont battus pour avoir fredonné une mélodie. Alors que tout ce qui reste de quasi toutes les scènes, studios, librairies et universités de Gaza, sont des tas de décombres sous lesquels des corps massacrés attendent toujours d’être récupérés et enterrés dignement.
En tant qu’artistes, nous reconnaissons notre pouvoir d’action collectif et notre pouvoir de refus. Nous refusons de nous taire. Nous refusons d’être complices. Nous appelons les autres acteurs·trices de notre secteur à se joindre à nous. Et nous sommes solidaires de toute démarche dans tous les secteurs basée sur des principes et qui a pour but de mettre fin à la complicité.
Pas de scène pour un génocide. #BoycottEurovision.
Premiers signataires : Brian Eno, Massive Attack, Sigur Rós, Nadine Shah, Idles, Young Fathers, Kneecap, Erika de Casier, Mogwai, Mechatok, Laurel Halo, Black Country New Road, AITANA, Paul Weller, Smerz, Nemahsis, Macklemore, Roger Waters, Peter Gabriel, Primal Scream, Ólafur Arnalds, Of Monsters And Men, Paloma Faith, Salute, David Holmes, Dry Cleaning, Hot Chip, Midland, Olof Dreijer from The Knife, Lido Pimienta et les ancien·nes gagnant·es de l’Eurovision Emmelie de Forest et Charlie McGettigan
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Photo : © No Music for Genocide




