Photo : L’armée israélienne démolit une maison à Hébron (Al-Khalil) en punition collective contre les Palestiniens, 23 octobre 2026 © Mosab Shawer/Activestills
Le gouverneur d’Hébron a déclaré que l’armée israélienne s’était retirée de la ville, située dans le sud de la Cisjordanie occupée, après un siège de dix jours, permettant ainsi aux familles déplacées de rentrer chez elles.
« Les forces de sécurité palestiniennes ont pris le contrôle total de la zone à la suite du retrait israélien », a annoncé lundi le gouverneur Khaled Dudin.
« Les autorités compétentes et les forces de sécurité palestiniennes suivent de près l’évolution de la situation sur le terrain et s’efforcent de créer les conditions nécessaires pour que les habitants puissent rentrer chez eux en toute sécurité », a-t-il déclaré.
L’armée israélienne a imposé un siège à Hébron le 23 octobre après une fusillade près de la ville, qui aurait été perpétrée par deux Palestiniens et qui a coûté la vie à deux soldats israéliens et en a blessé trois autres. Les forces israéliennes ont par la suite abattu les deux suspects.
Le maire d’Hébron, Youssef al-Jaabari, a déclaré à Al Jazeera que la municipalité avait été officiellement informée du retrait à 6 h (4 h GMT).
« Pour la première fois depuis dix jours, les écoliers se rendent à l’école ; les étudiants universitaires sont désormais en route vers leurs universités », a-t-il déclaré, ajoutant que cinq universités avaient été fermées pendant le siège.
« Il y avait un bouclage total, aucune entrée ni sortie de la ville, et tous les aspects de la vie, qu’ils soient économiques, éducatifs, sanitaires ou même liés aux services municipaux, s’étaient complètement arrêtés. »
Mohamad Atrash, journaliste d’Al Jazeera en reportage à Hébron, a indiqué que des véhicules transportant des familles déplacées avaient commencé à arriver quelques minutes après le retrait, les habitants se félicitant mutuellement d’être rentrés sains et saufs.
Dans un immeuble résidentiel utilisé comme poste militaire, M. Atrash a constaté que le mobilier était endommagé, que les pièces avaient été saccagées et que des soldats avaient laissé de la nourriture sur place.
Les habitants de l’immeuble ont déclaré à Al Jazeera qu’ils avaient été contraints de quitter leur domicile à 2 heures du matin, les soldats israéliens ne leur ayant accordé que cinq minutes pour rassembler leurs médicaments, leurs téléphones et leurs documents personnels.
On avait dit aux familles que cette évacuation durerait entre un et trois jours, a précisé M. Atrash. Au lieu de cela, elle s’est prolongée jusqu’à dix jours, et certains résidents de retour chez eux ont déclaré que de l’argent et des effets personnels avaient été dérobés dans leurs logements.
La Défense civile palestinienne a exhorté les habitants à ne pas toucher d’objets suspects ni à pénétrer dans des bâtiments endommagés avant qu’ils n’aient été inspectés, a rapporté l’agence de presse officielle palestinienne Wafa.
M. Atrash a indiqué que l’armée israélienne avait initialement déclaré que l’opération à Hébron viserait les domiciles des deux suspects impliqués dans le meurtre de soldats israéliens, mais qu’elle avait ensuite élargi la portée de l’opération à l’ensemble du gouvernorat, qui compte environ 800 000 habitants, en fermant ses postes de contrôle et en réquisitionnant des habitations à al-Jalda et Ein Deir Bahha pour en faire des postes militaires. Quelque 537 familles ont été expulsées pendant la nuit et ont dû trouver refuge chez des proches ailleurs dans la ville.
Selon le gouvernorat d’Hébron, plus de 3 300 Palestiniens ont été déplacés ou ont subi d’autres répercussions.
La municipalité d’Hébron a déclaré dimanche que les forces israéliennes avaient démoli 15 habitations et constructions et que 327 commerces avaient fermé leurs portes, les pertes économiques directes dépassant les 12 millions de shekels (3,8 millions de dollars) par jour, a rapporté l’agence Wafa.
« Nous reconstruirons tout ce qui a été endommagé », a déclaré le maire al-Jaabari, tandis que des équipes municipales se rendaient à al-Jalda, Ein Deir Bahha et Shubat al-Malh pour évaluer les dégâts.
Selon Wafa, environ 80 000 élèves de la ville n’ont pas pu se rendre à l’école. M. Atrash a indiqué qu’environ 262 000 élèves de l’ensemble du gouvernorat avaient manqué neuf jours de cours.
Hébron, principal centre économique de la Cisjordanie occupée, compte 220 des 940 postes de contrôle et barrières militaires israéliens présents sur le territoire palestinien, a précisé M. Atrash, ajoutant que ces fermetures avaient perturbé l’activité de 4 000 usines.
Mohamed Helles, expert des affaires israéliennes, a déclaré que l’opération avait été lancée quelques jours avant les élections législatives israéliennes du mois dernier et qu’elle constituait en partie « une tentative de marquer des points électoraux aux urnes » pour le Premier ministre Benjamin Netanyahu et ses alliés de droite.
Le bloc électoral de Netanyahu a remporté le plus grand nombre de sièges, mais n’a pas réussi à obtenir la majorité des voix, laissant Israël sans perspective claire pour la formation d’un nouveau gouvernement.
Traduction : AFPS




