Photo : Intérieur de la Knesset, le parlement israélien à Jérusalem, 2014 © Noam Chen - Ministère du tourisme israélien
La Knesset israélienne examine actuellement un projet de loi qui permettrait de saisir davantage de fonds de l’Autorité palestinienne, l’objectif étant de confisquer chaque année un montant équivalent aux fonds que l’Autorité a transférés à la bande de Gaza au cours de l’année précédente.
Mercredi, la Knesset a procédé à un premier vote sur ce projet de loi présenté par le député Moshe Passal, membre du Likoud, le parti du Premier ministre Benjamin Netanyahu. Le projet de loi devra encore faire l’objet de deux votes à la Knesset avant d’entrer en vigueur.
Selon ce projet de loi, Israël utilisera les fonds gelés pour indemniser les personnes victimes d’« actes de terrorisme émanant de la bande de Gaza ». Le projet de loi a été adopté en première lecture par 12 députés, sans opposition. Il va désormais être renvoyé à la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset pour de nouvelles délibérations avant les deuxième et troisième votes.
Israël détient 14 milliards de shekels (4,6 milliards de dollars) provenant de fonds confisqués au Trésor de l’Autorité palestinienne. Israël affirme que ces fonds, perçus au titre des droits de douane sur les importations palestiniennes, servent à financer le terrorisme.
Alors que les sommes retenues s’accumulent mois après mois dans les caisses de l’État israélien, le gouvernement palestinien de Ramallah a été contraint d’adopter des mesures d’austérité de plus en plus sévères pour faire face à la détérioration constante de la situation qui persiste depuis près de trois ans.
Ces fonds retenus s’accumulent depuis 2019, avec environ 400 millions de shekels (environ 132 millions de dollars) qui s’y ajoutent chaque mois.
Selon des propos obtenus par Haaretz, le chef du commandement central de l’armée israélienne, Avi Bluth, a récemment averti Netanyahou que la retenue continue des fonds de l’Autorité palestinienne figurait parmi les facteurs susceptibles de déclencher une escalade en Cisjordanie.
Un autre facteur majeur du ralentissement économique est l’interdiction par le gouvernement aux travailleurs palestiniens d’entrer en Israël, malgré des informations selon lesquelles la quasi-totalité des services de sécurité israéliens – à l’exception de la police israélienne – soutiennent la levée de cette restriction.
En mai, cinq sources proches du dossier ont déclaré à Reuters que Washington envisageait de demander à Israël de verser une partie des recettes fiscales qu’il retient à l’Autorité palestinienne au Conseil pour la paix du président américain Donald Trump, afin de financer son plan d’après-guerre pour Gaza.
Cette information a été révélée moins d’un mois après que le ministre norvégien des Affaires étrangères, Espen Barth, eut déclaré qu’Oslo, qui préside le Comité de liaison ad hoc pour l’Autorité palestinienne, espérait que les États-Unis feraient pression sur Israël pour qu’il débloque les recettes fiscales de Ramallah.
Plus tard au mois de mai, le Conseil de la paix a admis qu’il ne pouvait pas faire fonctionner correctement ses institutions en raison d’un manque de financement. Dans un rapport semestriel soumis au Conseil de sécurité de l’ONU et obtenu par Haaretz, le Conseil de la paix a indiqué qu’il n’avait pas reçu une partie des fonds qui lui avaient été promis lors de sa création en février par plusieurs pays, principalement les États-Unis et les États du Golfe.
Le rapport indique également que le Comité national pour l’administration de Gaza, censé gérer la bande de Gaza, ne peut pas entrer en fonction en raison d’un manque de financement suffisant et parce que « d’autres autorités » opérant dans la bande de Gaza ne le lui permettent pas.
Lundi, le Hamas a annoncé que l’organe qui administre Gaza en son nom avait démissionné afin de transférer ses pouvoirs au comité technocratique soutenu par les États-Unis.
Traduction : AFPS




