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Accueil > Mobilisation > Echos du National > Lettre ouverte à Emmanuel Macron : « Vous devez exiger et obtenir d’Israël la libération du docteur Hussam Abu Safiya : il ne doit pas mourir ! »
Echos du National
mercredi 8 juillet 2026
Anne Tuaillon, présidente de l’Association France Palestine Solidarité

Lettre ouverte à Emmanuel Macron : « Vous devez exiger et obtenir d’Israël la libération du docteur Hussam Abu Safiya : il ne doit pas mourir ! »

Lettre ouverte à Emmanuel Macron de Anne Tuaillon, présidente de l’AFPS

Monsieur le Président de la République,

Vous devez exiger et obtenir d’Israël la libération du docteur Hussam Abu Safiya : il ne doit pas mourir !

« C’est la dernière fois que vous me verrez… Ils m’ont amené ici pour me tuer. Je ne me vois pas survivre. C’est la fin. » Voilà ce que le docteur Hussam Abu Safiya, pédiatre et néonatologue, directeur de l’hôpital Kamal Adwan dans le nord de Gaza, a déclaré à son avocat lors de sa dernière visite le 2 juillet au centre de détention de Rakefet, situé dans la prison de Nitzan en Israël.

En octobre 2024, son fils Ibrahim, âgé de 15 ans, a été tué par une frappe israélienne. Le docteur Abu Safiya a cependant continué de soigner ses patients. Le 27 décembre 2024, après l’avoir assiégé, les forces israéliennes ont fait irruption à l’hôpital Kamal Adwan. C’est ce jour-là que le Dr Abu Safiya a été emmené par l’armée d’occupation israélienne dans un char d’assaut. Il a été transféré au centre de torture de Sde Teiman. Il est depuis détenu sans inculpation ni procès. En mars 2026, des experts des Nations Unies en matière de droits humains ont émis une nouvelle demande de libération, citant des informations faisant état de « tortures graves ». En avril 2026, sa détention administrative est à nouveau prolongée. Des organisations de défense des droits humains déposent un recours devant la Cour suprême israélienne pour la libération des médecins de Gaza détenus. En juin 2026, il est placé à l’isolement ; son avocat décrit cela comme une punition pour avoir contesté sa détention.

Les experts de l’ONU ont déclaré le 7 juillet que « la détention arbitraire prolongée du docteur Abu Safiya sans inculpation ni procès est le reflet le ciblage systématique par Israël des travailleurs de santé palestiniens et de la destruction continue du système de santé à Gaza dans le but de créer des conditions propices à la destruction mentale et physique des Palestinien·nes ».

Maître Nasser Odeh, son avocat, a déclaré que le docteur Hussam Abu Safiya a été conduit à l’entretien ce 2 juillet, menotté et enchaîné, accompagné de gardiens de prison masqués. Il présentait des blessures récentes et graves à la tête, autour des yeux, ainsi qu’aux oreilles et au cou, à tel point que son avocat a d’abord eu du mal à le reconnaître. Depuis son transfert au centre de Rakefet le 24 juin 2026, il subit quotidiennement des passages à tabac, qui lui ont valu plusieurs pertes de conscience, et ne bénéficie d’aucun traitement médical approprié.

Maître Odeh a conclu que la vie du Dr Abu Safiya était en danger immédiat. Il a lancé un appel urgent au service pénitentiaire israélien, exigeant qu’il soit mis fin aux mauvais traitements infligés au Dr Abu Safiya, qu’il soit immédiatement transféré vers un autre établissement pénitentiaire et qu’il bénéficie d’un examen médical et de soins d’urgence compte tenu de la menace réelle qui pèse sur sa vie. Il a demandé la visite immédiate d’un organisme officiel indépendant des autorités pénitentiaires ainsi qu’un examen médical indépendant d’urgence, en raison des graves craintes pour sa vie.

La vie du docteur Abu Safiya, celle des autres médecins détenus dans les camps de torture israéliens, des journalistes, des femmes, des enfants, des 11 000 prisonniers politiques de Cisjordanie et des milliers originaires de Gaza est entre les mains des États occidentaux qui refusent toujours obstinément de sanctionner Israël pour ses crimes de génocide, contre l’humanité et de guerre lui donnant ainsi le feu vert permanent pour violer les droits humains et le droit international.

Les rapports sur la pratique systémique de la torture à l’encontre des Palestinien·nes se sont multipliés ces derniers mois. Ces pratiques criminelles sont documentées et personnes ne peut soutenir la lecture des témoignages des atrocités commises par l’État d’Israël qui a fait de la domination et de l’oppression du peuple palestinien sa ligne de conduite à travers le régime d’apartheid qu’il lui impose.

Et pourtant celles et ceux qui ont le pouvoir d’arrêter Israël et de lui imposer le droit regardent et laissent faire : ils ne font rien, ou du moins, rien qui ait un quelconque effet sur Israël, son gouvernement, son parlement, son armée.

L’Association France Palestine Solidarité, aux côtés des organisations de défense des droits humains, en France, en Palestine et en Israël, en Europe et dans le monde entier demande la libération immédiate du docteur Abu Safiya, de ses confrères et des milliers d’autres Palestinien·nes détenu·es dans les prisons israéliennes. La communauté internationale doit exercer toutes les pressions en son pouvoir sur les autorités israéliennes de toute urgence pour qu’il soit libéré !

Monsieur le président de la République, comme le demande l’organisation Docteurs contre le génocide, vous devez demander et obtenir d’Israël, conjointement aux autres États européens et occidentaux, la libération immédiate et inconditionnelle du docteur Hussam Abu Safiya, la libération de tous les professionnels de santé détenus sans motif valable, la pleine reconnaissance de la responsabilité des auteurs de tout mauvais traitement ou acte de torture à l’encontre de détenus relevant du secteur médical, l’accès des observateurs internationaux à tous les détenus relevant du secteur médical, le respect des protections prévues par les Conventions de Genève pour le personnel médical dans toutes les zones de conflit.

Mille jours de génocide à Gaza et le gouvernement instauré en décembre 2022 pour en finir avec l’idée de l’État de Palestine est toujours à l’œuvre pour en finir avec le peuple palestinien. Comment est-ce possible ?

Monsieur le président de la République, votre refus de prendre des sanctions fortes à l’égard d’Israël vous confère de fait une part de responsabilité dans la perpétration de ses crimes. Nous vous exhortons de prendre vos responsabilités et de faire ce qui est en votre pouvoir pour que ces crimes ignobles cessent.

La liste de ce que vous pouvez faire est longue mais vous pouvez commencer par suspendre immédiatement toute relation diplomatique, économique, militaire, culturelle avec cet État criminel. Vous pouvez ensuite conformer la France aux obligations des États inscrites dans la résolution qu’elle a voté à l’Assemblée générale de l’ONU le 18 septembre 2024 : pour l’instant la France n’en a rempli aucune, comment est-ce possible ?

La France s’honorerait par ailleurs de cesser de harceler et traduire devant les tribunaux celles et ceux qui dénoncent sans relâche les crimes d’Israël et défendent les droits du peuple palestinien. Elle s’honorerait également de ne plus accepter l’apologie de génocide, de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre de la part de celles et ceux qui s’érigent sans honte et impunément en défenseurs d’Israël et de ses politiques criminelles.

Vous devez exprimer clairement votre refus et votre condamnation des exactions d’Israël dont vous connaissez les moindres détails. Comment les supportez-vous ? Comment supportez-vous les images des tortures infligées aux Palestinien·nes par Israël ? Comment supportez-vous de savoir que des milliers de Palestinien·nes sont entre la vie et la mort alors qu’ils attendent de la France soutien et protection ?

La France, membre permanent du Conseil de sécurité a une responsabilité particulière : elle doit montrer la voie en mettant sa politique en adéquation avec les valeurs qu’elle affirme siennes. C’est ce que nous attendons de vous, monsieur le président de la République. Ces atrocités doivent cesser, maintenant !

Recevez, Monsieur le président de la République l’expression de mes salutations républicaines.

Anne Tuaillon, présidente de l’Association France Palestine Solidarité

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