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Accueil > Informations > Analyses > Un an après leur libération, d’anciens prisonniers palestiniens de Cisjordanie sont à nouveau arrêtés et maltraités par Israël
Analyses
vendredi 30 octobre 2026
The New Arab par Fayha Shalash

Un an après leur libération, d’anciens prisonniers palestiniens de Cisjordanie sont à nouveau arrêtés et maltraités par Israël

Le Club des prisonniers palestiniens a dénoncé le fait qu’Israël procède à la réarrestation, au harcèlement et à l’interrogatoire d’au moins 80 anciens prisonniers palestiniens.

Photo : Les forces d’occupation israéliennes ont arrêté 30 Palestiniens, dont un enfant et d’anciens prisonniers, au cours de la nuit du 16 septembre 2024 en Cisjordanie occupée © Quds News Network

Israa Nasrallah n’aurait jamais imaginé que la libération de son mari, Bakr Khreiwesh, âgé de 35 ans, dans le cadre du dernier accord d’échange de prisonniers conclu en octobre 2025, serait suivie d’un harcèlement continu et de sa nouvelle arrestation.

Le 21 août a réservé une mauvaise surprise à Isra et à son mari : leur domicile, situé dans la ville de Tulkarm, en Cisjordanie occupée, a fait l’objet d’une descente de l’armée israélienne. Une fois de plus, son mari a été placé en « détention administrative », une pratique qui permet un emprisonnement illimité sans inculpation ni procès, renouvelé à plusieurs reprises.

Le Club des prisonniers palestiniens a averti qu’Israël procédait à la nouvelle arrestation, au harcèlement et à l’interrogatoire d’au moins 80 anciens prisonniers palestiniens qui avaient été libérés dans le cadre d’accords d’échange précédents entre le Hamas et Israël.

Dans un communiqué, l’organisation a souligné que ces mesures sécuritaires et judiciaires empêchent les anciens détenus de reprendre une vie normale et aggravent les souffrances des familles de ceux qui ont été expulsés ou exilés, les privant de la possibilité de voir leurs proches.

Bakr faisait partie des 1 968 prisonniers palestiniens libérés lors du dernier accord. Il comptait parmi le petit nombre de personnes à qui Israël a permis de rentrer chez elles en Cisjordanie occupée, plutôt que d’être expulsées vers un autre lieu.

Il purgeait une peine de neuf ans de prison, dont il avait déjà passé six ans derrière les barreaux. Pendant son incarcération, sa femme et lui ont eu des jumeaux, conçus grâce à du sperme sorti clandestinement de la prison israélienne.

Isra a expliqué à The New Arab comment la libération de son mari, dans le cadre d’un accord d’échange de prisonniers, avait mis fin au cauchemar de sa famille. Au cours des sept mois qui ont suivi sa libération, que Bakr a passés avec sa famille, les services de renseignement israéliens l’ont convoqué à plusieurs reprises pour des auditions et des interrogatoires.

« Les agents israéliens l’appelaient sans cesse pour le menacer ou le convoquer à des interrogatoires, pendant le ramadan, pendant les fêtes de l’Aïd, et à d’autres moments. Ils veillaient à ce qu’il se sente constamment surveillé, lui faisant comprendre que sa libération dans le cadre de l’accord ne garantissait pas qu’il ne serait pas à nouveau arrêté », a-t-elle déclaré.

À un moment donné, les services de renseignement israéliens ont menacé le propriétaire de l’appartement que la famille louait, l’avertissant que s’il ne les expulsait pas, l’armée israélienne s’en prendrait à lui à la place. En conséquence, la famille a été contrainte de partir et d’emménager temporairement chez un proche.

« La pression s’est même étendue à notre logement ; les services de renseignement israéliens surveillaient de près notre situation et menaçaient quiconque aurait pu nous louer un logement. Nous avions l’impression d’être constamment sous leur regard », a expliqué Isra.

Bakr est actuellement détenu à la prison de Naqab. Son avocat n’a pu lui rendre visite qu’une seule fois depuis son arrestation ; par la suite, Bakr a demandé à sa famille de ne plus envoyer l’avocat. Lorsque Isra a demandé pourquoi, elle a appris que tout détenu était soumis à de violents passages à tabac immédiatement après de telles visites.

Elle est également très inquiète pour sa santé. Il a commencé à souffrir de gale en raison du manque d’hygiène. De plus, au moment de sa libération dans le cadre de l’accord d’échange de prisonniers, il avait déjà perdu beaucoup de poids et souffrait de douleurs chroniques au dos et aux genoux, au point de pouvoir à peine marcher, à la suite des coups brutaux qu’il avait subis avant sa libération initiale.

The New Arab a contacté plusieurs anciens prisonniers palestiniens ; aucun n’a souhaité s’exprimer, invoquant les menaces israéliennes selon lesquelles ils pourraient être à nouveau arrêtés.

Violation du droit international

Le Club des prisonniers palestiniens a établi un lien entre ces agissements et une escalade des exactions, notamment les mauvais traitements, la privation de nourriture, le refus de soins médicaux et l’isolement cellulaire dans les prisons israéliennes depuis le début de l’agression contre Gaza.

L’organisation a souligné les graves séquelles physiques et psychologiques observées chez les personnes libérées, en particulier celles originaires de la bande de Gaza.

Environ 3 985 prisonniers palestiniens, hommes, femmes et enfants, ont été libérés dans le cadre de trois accords d’échange distincts. Il s’agit notamment d’un accord conclu en novembre 2023 (240 prisonniers), d’un accord couvrant les mois de janvier et février 2025 (1 777 prisonniers) et d’un accord conclu en octobre 2025 (1 968 prisonniers et détenus).

Helmi Al-Araj, directeur du Centre Hurriyat pour les droits civils, a déclaré à TNA qu’Israël n’avait jamais respecté les termes de ces accords, même ceux comportant des dispositions claires et précises.

Il a cité l’« accord Shalit » à titre d’exemple : en 2014, Israël a de nouveau arrêté plus de 50 prisonniers qui avaient été libérés dans le cadre de cet accord. Beaucoup sont restés en prison pendant de longues périodes, et certains n’ont été libérés à nouveau que lors d’accords d’échange plus récents.

Al-Araj a expliqué qu’Israël emploie la même tactique concernant le dernier accord, en arrêtant à nouveau des prisonniers libérés, hommes et femmes confondus, dans une tentative apparente de signaler qu’il ne respectera aucune condition et que n’importe qui peut être remis en détention à tout moment.

Il a ajouté que cela constituait un message à l’intention des prisonniers libérés : ils restent sous surveillance, exposés à la poursuite et à l’arrestation, voire au meurtre ou à l’assassinat, comme c’est actuellement le cas dans la bande de Gaza.

« Le message sous-jacent de l’occupation israélienne est une tentative de terroriser les prisonniers libérés, leurs familles et le peuple palestinien dans son ensemble, en affirmant que tout le monde est recherché et reste passible d’arrestation, qu’il soit ou non actuellement impliqué dans une quelconque activité », a-t-il ajouté.

Selon Al-Araj, Israël a été contraint de libérer ces prisonniers mais refuse d’accepter pleinement cette réalité ; par conséquent, il les poursuit de manière plus agressive que les autres, sous prétexte qu’ils constituent une menace pour sa sécurité.

« À notre connaissance, aucun de ces prisonniers libérés ne mène d’activités en Cisjordanie. Pourtant, Israël viole les termes de l’accord d’échange de prisonniers, ainsi que le droit international et le droit international humanitaire. Il arrête ces personnes sans inculpation, soumet nombre d’entre elles à la détention administrative et ne respecte pas les normes requises pour garantir des procès équitables », a-t-il conclu.
Au 5 octobre 2026, le nombre de prisonniers détenus dans les prisons israéliennes s’élevait à environ 9 300, selon l’Association Addameer pour le soutien aux prisonniers et les droits de l’homme.

Ce chiffre comprend 3 101 personnes placées en détention administrative, ainsi qu’environ 350 enfants et 91 femmes. L’organisation a également recensé 1 419 détenus originaires de la bande de Gaza qu’Israël qualifie de « combattants illégaux », bien que ces chiffres ne rendent pas nécessairement compte de l’ensemble des personnes détenues dans les camps militaires israéliens.

Traduction : AFPS

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Mots clés

  • Prisonniers politiques palestiniens

Source

Publié par : The New Arab

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