La députée de la 8eme circonscription des Français de l’étranger (dont Israël), Caroline Yadan, devait présenter à l’Assemblée nationale le 26 janvier 2026, une proposition de loi visant soit disant à lutter contre de prétendues "formes renouvelées de l’antisémitisme".
Finalement, cette proposition de loi n’a pas pu être votée, faute de temps. Au cours de la soirée, quatre textes de loi étaient inscrits à l’ordre du jour. Un seul a été examiné.
Le vote n’a pas été immédiatement reprogrammé. C’est une première satisfaction. A très court terme, les dangers de cette proposition de loi liberticide et destinée à museler les oppositions à la politique israélienne ainsi que les voix de la solidarité avec le peuple palestinien sont, eux aussi, reportés.
Notre mobilisation, celle de l’AFPS, mais aussi de ses partenaires et de nombreuses personnalités, a permis de sensibiliser une partie des député-es et de commencer à faire émerger cette question dans l’espace public. De nombreuses tribunes sont parues : dans l’Humanité, Le Monde, Médiapart, le Nouvel Obs, Libération et une deuxième tribune dans Le Monde. Une lettre argumentée du Bureau de la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme a aussi été envoyée à l’ensemble des députés le 22 janvier.
Mais rien n’est gagné et nous devons continuer la mobilisation ! L’examen de la proposition de loi n’est que reporté avec désormais le soutien du gouvernement qui lui a accordé un statut prioritaire en activant la procédure accélérée. Elle ne fera donc l’objet que d’un seul passage à l’Assemblée nationale et au Sénat avant d’être adoptée ou rejetée. Nous ne connaissons pas la date de report de la proposition de loi Yadan mais son nouveau statut laisse planer un danger permanent. Pour l’instant, le vote du texte n’est prévu ni en février ni en mars mais cela peut être modifié chaque semaine.
Concrètement figurent toujours dans cette proposition de loi :
– Une assignation identitaire des Français juifs au soutien de l’État d’Israël et de sa politique. Elle est ainsi dangereuse pour les Français juifs qu’elle prétend protéger.
– Des références à des délits majeurs sur la base de critères contestables, vagues et imprécis qui constituent de ce fait une grave menace pour la liberté d’expression.
– L’introduction de nouveaux délits qui constituent des ingérences entravant de manière grave le débat public légitime relatif à des conflits internationaux d’actualité.
Il est donc essentiel de renforcer la mobilisation de l’ensemble du mouvement de solidarité, des organisations de défense des droits humains et de toutes et tous les citoyen-nes qui refusent de détourner le regard ou de se taire face aux crimes que subit le peuple palestinien.
On ne nous fera pas taire !




