Il y a cinquante ans, le 30 mars 1976, Israël réprimait dans le sang une manifestation de Palestiniens qui protestaient contre le vol de leurs terres en Galilée dans le nord d’Israël. L’armée tira sur la foule et 6 Palestiniens furent assassinés.
Depuis, le 30 mars, Journée de la terre, est une journée de lutte et de manifestation pour les Palestinien·nes en Israël, en territoire palestinien occupé depuis 1967 (Gaza, Cisjordanie, Jérusalem), dans les camps de réfugié·es et partout dans le monde pour refuser la colonisation, le vol des terres, dénoncer la Nakba (la catastrophe : l’expulsion de 800 000 Palestinien·nes entre 1947 et 1949 - un processus de dépossession qui ne s’est jamais arrêté) et l’apartheid israélien.
Depuis le début du génocide en cours, cette journée prend une signification toute particulière car la Nakba a pris la forme du génocide et le vol des terres ne cesse de s’amplifier, accompagné d’une terreur croissante qui asphyxie et paralyse la vie des Palestinien·nes. C’est l’effacement du peuple palestinien que vise Israël.
Plus de 90 organisations associatives, syndicales ou politiques ont choisi la date du 28 mars pour affirmer ensemble leur solidarité avec le peuple palestinien. Dans chaque région seront organisées des manifestations sur la base d’un appel unitaire basé sur le droit international : « Nous manifesterons dans toutes les régions françaises le 28 mars, à l’occasion de la Journée de la terre, pour la défense des droits du peuple palestinien sur la base du droit international : auto-détermination du peuple palestinien qui doit être l’acteur de son propre destin et droit au retour des réfugiés palestiniens ; fin de occupation, de la colonisation, de l’apartheid ; sanctions contre Israël ; cessez-le-feu définitif et fin du génocide ; Justice pour la Palestine – stop génocide ».
Cette manifestation se déroulera dans un contexte particulièrement tendu :
- Une situation de guerre généralisée au Proche-Orient - déclenchée par l’attaque de l’Iran par les USA et Israël et l’agression d’Israël envers le Liban - qui occulte la situation en Palestine.
- La poursuite du génocide à Gaza où Israël continue de bombarder les populations civiles, les fragiles infrastructures en place et de bloquer l’entrée de l’aide humanitaire malgré les ordonnances de la Cour internationale de Justice.
- Le « cessez-le-feu » du mois d’octobre 2025 à Gaza n’a jamais été respecté par Israël, pas plus que celui de 2024 au Liban.
- Israël occupe toujours 60 % de la bande de Gaza. Rien ni personne n’y entre ou n’en sort sans son accord.
- La monté de la tension en Cisjordanie où la terreur est semée jour et nuit sur tout le territoire par les colons, conjuguée avec le bouclage du territoire et la répression de l’armée d’occupation font de la vie des Palestinien·nes un enfer.
- Des centaines de démolitions de propriété palestiniennes...
Pourtant le droit international est clair :
- Aucun État n’a le droit d’en agresser un autre, les guerres dites préventives sont une violation du droit international.
- La présence d’Israël dans le territoire palestinien qu’il occupe est illégale, il doit en partir et démanteler les colonies. Au lieu de cela, il ne cesse d’accroître la colonisation et l’occupation est de plus en plus violente. L’objectif est de rendre la situation sur le terrain irréversible et d’annexer définitivement tout le territoire palestinien.
- Les punitions collectives telles que le blocus de Gaza et les déplacements forcées de populations, tout comme l’apartheid, sont des crimes contre l’humanité.
Tout cela n’est rendu possible que parce que les alliés d’Israël dont la France et l’Union européenne continuent de lui accorder une impunité totale quel que soit le niveau des crimes qu’il commet : crimes de guerre, crimes contre l’humanité, crime de génocide.
Ces États préfèrent se rendre complices de ces crimes plutôt que d’imposer l’application du droit à Israël en prenant notamment les mesures prévues dans la résolution votée par l’Assemblée générale de l’ONU le 18 septembre 2024, comme l’arrêt du commerce des armes avec Israël ou l’interdiction des produits des colonies. L’Union européenne doit suspendre l’accord d’association qui la lie avec Israël.
Pour réaffirmer la suprématie du droit sur la force, de l’humanité sur la barbarie, pour réaffirmer leur solidarité avec le peuple palestinien qui se tient debout pour la reconnaissance et l’application de ses droits fondamentaux, l’AFPS, aux côtés de 90 organisations, appelle à des manifestations dans toutes les régions en France ce samedi 28 mars.
Le Bureau National de l’AFPS,
le 24 mars 2026
Graphisme : Sébastien Marchal




