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Accueil > Informations > Témoignages / Opinions > « Je ne peux pas oublier l’horreur » : une jeune mère raconte ses deux accouchements pendant la guerre à Gaza
Témoignages / Opinions
vendredi 2 janvier 2026
The Guardian par Hoda Osman

« Je ne peux pas oublier l’horreur » : une jeune mère raconte ses deux accouchements pendant la guerre à Gaza

Hadeel Al Gherbawi a survécu à ses deux grossesses malgré la faim extrême et la douleur.

Photo : Hadeel Al Gherbawi, une jeune mère originaire de la ville de Gaza, a été contrainte d’accoucher deux fois pendant le génocide perpétré actuellement par Israël © Quds News Network

Hadeel Al Gherbawi était enceinte de sept mois lorsque la guerre a éclaté en octobre 2023. Jusqu’alors, cette jeune femme de 26 ans s’était méticuleusement préparée à l’arrivée de son fils. Elle consultait son médecin deux fois par mois car sa grossesse était à haut risque, passait régulièrement des échographies et prenait des vitamines. « J’aime les détails », dit-elle.

Vivant à l’est de la ville de Gaza, près de la frontière avec Israël, et sachant que sa grossesse rendrait difficile tout déplacement rapide, elle a décidé dès le premier jour de se rendre chez ses parents, à l’ouest de la ville. « Je pensais que ce ne serait que pour quelques jours et que je reviendrais. »

Depuis, la famille a été déplacée 13 fois et la maison qu’elle partageait avec son mari a été détruite.

Fin octobre, environ cinq semaines avant la date prévue pour son accouchement, Al Gherbawi s’est retrouvée près d’un violent bombardement israélien sur un immeuble résidentiel de la ville de Gaza. « On aurait dit un tremblement de terre », se souvient-elle. Elle s’est enfuie à l’hôpital al-Shifa, où les personnes déplacées occupaient chaque recoin. Il était presque impossible d’utiliser les toilettes.

« Je ne peux pas oublier l’horreur de cette nuit », dit-elle. Il y avait un endroit pour les corps non identifiés et un baril pour les morceaux de corps. L’attaque aurait tué plus de 100 personnes. Al Gherbawi se souvient de l’odeur. « Je ne pouvais pas le supporter. J’étais enceinte. Je me sentais mal... Que Dieu ait pitié de ceux qui ont été tués. »

Al Gherbawi et son mari ont décidé qu’il était plus sûr de se rendre dans le sud pour accoucher. Dans les camps de déplacés, aller aux toilettes restait un cauchemar. Elle réveillait souvent quelqu’un pour l’accompagner pendant la nuit.

Trop effrayée à l’idée d’accoucher naturellement, car trouver un moyen de transport, surtout pendant la nuit, serait difficile, elle a demandé aux médecins de l’hôpital Nasser de la ville de Khan Younis de provoquer l’accouchement. Lorsque le bâtiment voisin a été touché pendant qu’elle était en travail, elle a craint que la panique et le chaos ne conduisent à confondre son bébé avec un autre et a demandé à sa mère de veiller sur lui. Elle décrit avoir ressenti « une peur, une peur insupportable ».

Après la naissance de Jawad, Al Gherbawi a emménagé dans un appartement loué, où elle dormait dans une pièce avec 30 personnes. Elle ne trouvait pas d’analgésiques pour ses points de suture et supportait silencieusement sa douleur la nuit afin de ne pas réveiller les autres. Elle pense avoir également souffert de dépression postnatale. « J’étais pâle, faible, frêle et mes cheveux tombaient. »

Quelques mois plus tard, ils ont emménagé dans une tente. « C’était la première fois que je vivais dans une tente », dit-elle avec amertume. « Le sable, les insectes... » Elle craignait constamment que Jawad ne se fasse piquer. Elle le serrait dans ses bras la nuit et se réveillait fréquemment pour vérifier qu’il était toujours en vie : elle avait entendu parler de nouveau-nés morts de froid.

Puis, lorsque Jawad a eu neuf mois, Al Gherbawi a découvert qu’elle était à nouveau enceinte. « Au début, j’étais sous le choc et bouleversée », raconte-t-elle. « Comment allais-je mettre un autre enfant au monde alors que je vivais dans une tente ? »

Le cessez-le-feu de janvier 2025 a apporté un bref espoir. « Je ne peux pas décrire à quel point j’étais heureuse », dit-elle. Bien qu’elle en soit à son premier trimestre et contre l’avis de tout le monde, elle a insisté pour retourner à pied vers le nord, dans son appartement. Elle et son mari ont passé une nuit froide assis sur le trottoir de la route côtière, attendant l’ouverture du poste de contrôle. Ils ont finalement atteint leur maison, avec la chambre bleue de Jawad et les décorations qu’elle avait accrochées avant la guerre.

Ils y ont passé six semaines et ont commencé à se préparer pour l’accouchement. Le 18 mars, Israël a rompu le cessez-le-feu et ils ont dû déménager à nouveau. Leur maison a ensuite été détruite.

Sa grossesse s’est avérée beaucoup plus difficile que la précédente, car elle a duré neuf mois pendant la guerre. Elle dit que la famine a été le pire. « Il y avait des jours entiers où je ne mangeais qu’un concombre. » Elle s’inquiétait pour son bébé à naître et son cœur se brisait en voyant Jawad pleurer pour avoir à manger. « Nanna, nanna », disait-il, son mot pour désigner la nourriture. Chaque fois qu’il y avait à manger, elle lui donnait sa part. « Je ne pouvais rien faire d’autre. »

« Les frappes, l’insécurité, le manque d’intimité, le fait de vivre dans une tente... Tout cela était difficile, mais le plus dur, c’était la famine », raconte-t-elle. « On pleurait dans son sommeil parce qu’on avait faim et qu’on ne trouvait rien à manger. »

Les Nations unies ont conclu que les actions d’Israël à Gaza, avec leurs nombreuses victimes civiles et les conditions de vie dangereuses imposées intentionnellement, « correspondent aux caractéristiques d’un génocide », notamment « l’utilisation de la famine comme méthode de guerre ».

À l’approche de la date prévue pour l’accouchement, elle a décidé de retourner vivre chez ses parents, près d’un hôpital équipé de couveuses. Elle a demandé à être déclenchée comme auparavant, mais l’hôpital était submergé de cas urgents et les médecins l’ont rassurée en lui disant qu’elle pouvait accoucher naturellement.

Une nuit, ses contractions ont commencé. Ne voulant pas déranger les autres qui « n’avaient pas mangé de toute la journée » et dormaient, elle a appelé une ambulance avant de réveiller sa mère. Son mari était dans le sud. Avec des contractions toutes les cinq minutes, elle a descendu cinq étages à pied. L’immeuble n’avait pas d’électricité pour faire fonctionner l’ascenseur. Elle a accouché d’un petit garçon, Fares, dans l’ambulance quelques minutes plus tard.

Fares ne pesait que 2 kg. Al Gherbawi attribue cela à la famine et dit qu’il reste petit à ce jour.

À l’hôpital, il y avait du sang sur son lit. L’infirmière lui a dit qu’il n’y avait pas d’anesthésie et qu’ils devraient la recoudre sans anesthésie. Elle raconte que « la douleur était insupportable ».

L’hôpital avait besoin du lit. Épuisée et souffrante, Al Gherbawi a dû s’asseoir sur une chaise jusqu’à la fin de la période d’observation. Il leur a été difficile de trouver un moyen de transport pour rentrer chez ses parents. Ils ont finalement trouvé un bus qui pouvait les emmener à mi-chemin. Cinq heures après avoir accouché, Al Gherbawi est rentrée à pied chez ses parents et a monté les cinq étages.

Traduction : AFPS

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Mots clés

  • Gaza

Source

Publié par : The Guardian

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