Photo : Entrainement militaire à Jinba, Masafer Yatta, 03.01.2021 © Keren Manor-Activestills.
Ainsi la France, le Royaume-uni, l’Allemagne, l’Italie, la Norvège et le Canada ont condamné la décision d’Israël d’émettre des appels d’offre pour la construction d’habitations dans la Zone dite E1, à l’Est de Jérusalem. Ce secteur devait rester palestinien pour que l’État de Palestine ne soit pas coupé en deux, ou plutôt pour que les fragments de territoire sur lesquels Israël n’exerce pas encore une totale souveraineté puissent encore être connectés entre eux. Cette décision d’Israël avait été clairement motivée pas le ministre Smotrich : « Il s’agit de planter le dernier clou dans le cercueil de l’État palestinien ».
Donc la perte de la perspective de l’État de Palestine provoque enfin une condamnation chez ces soutiens inconditionnels d’Israël qui rappellent que la colonisation est illégale. Condamnation de pure forme car comme d’habitude, ces États ne sont pas indignés au point de prendre enfin leurs responsabilités et de faire pour Israël ce qu’ils ont fait en trois jours à l’encontre de la Russie : prendre des sanctions contre qui viole le droit international et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.
Mais l’effacement de tout un peuple - le peuple palestinien, le génocide en cours depuis bientôt trois ans, le régime d’apartheid mis en place par Israël et le nettoyage ethnique depuis bientôt 80 ans, cela ne suscite toujours pas pour eux, d’actes concrets. Pire : ces crimes contre l’humanité, pourtant documentés et démontrés par nombre d’agences de l’ONU, de juristes et d’ONG ne sont même pas nommés. Ce négationnisme est systématique quand il s’agit des crimes commis par leur alliés, et Israël sera un des marqueurs du déshonneur pour une grande partie des États occidentaux aux 20ème et 21ème siècles.
Comment s’étonner alors, qu’Israël ait franchi toutes les lignes rouges ces trois dernières années ? L’impunité dont cet État jouit sans aucune entrave est évidemment un encouragement : c’est le feu vert pour aller toujours plus loin dans l’oppression du peuple palestinien, toujours plus loin dans un nettoyage ethnique visant à prendre toujours plus de terre et à en chasser toujours plus de Palestinien-nes. Pour cela Israël planifie entre une violence continue, systémique et coordonnée entre ses institutions, son armée, ses colons pour rendre la vie des Palestinien-nes impossible et qu’ils et elles n’aient pas d’autre choix que de partir.
Dix mois après le soi-disant cessez le feu, chaque jour Israël bombarde les populations civiles à Gaza où près de deux millions de personnes vivent sans abri adéquat. Israël continue de bloquer l’entrée des biens essentiels et les matériaux de construction, le génocide continue, à bas bruit dans un silence assourdissant et effrayant.
En Cisjordanie, durant les six premiers mois de l’année 2026, la violence coloniale exercée par le gouvernement et le parlement israéliens, par l’armée d’occupation, par les colons organisés en milices armées protégées, soutenues et accompagnées par l’armée, s’accroît semaine après semaine. Ce sont 3 488 attaques contre les Palestinien-nes, leurs biens et leurs terres : agressions physiques et tirs contre les civils (17 Palestinien-nes tué-es), incendies de maisons et de propriétés, attaques contre les routes et les véhicules, extension coloniale (42 nouveaux avant-postes), prise de contrôle de maisons et de terres palestiniennes. Aujourd’hui 800 000 colons, dont des milliers de citoyen-nes français-es, vivent illégalement dans l’une des 592 colonies ou avant-postes construits sur des terres volées aux Palestinien-nes. Le monde entier sait cela ! Mais à quoi bon ?
Dans le même temps les USA et Israël continuent leurs attaques contre la Cour pénale internationale espérant l’empêcher de faire son travail et de poursuivre les criminels de guerre. On attend avec impatience les condamnations des États occidentaux, leur soutien à la CPI et la mise en œuvre de ses décisions.
Ce n’est pas le plan E1 qui doit prendre fin, c’est l’occupation et la colonisation. La France l’a voté le 18 septembre 2024 lors de l’Assemblée générale de l’ONU. Mais tout comme pour la reconnaissance de l’État de Palestine, la France prend des décisions sans les suivre d’actes qui les rendraient effectives.
C’est bien l’inaction, mais aussi la complicité passive et active de ces États qui permettent la violence coloniale d’Israël à l’encontre du peuple palestinien. Ils doivent enfin passer des paroles aux actes, des condamnations aux sanctions et assurer la protection de la population palestinienne.
Plus de cent anciens diplomates, dont des Français, nomment, eux, le crime de nettoyage ethnique et exhortent leurs États à prendre enfin des sanctions pour imposer le droit à Israël et faire cesser la violence coloniale. Seront-ils plus écoutés que le mouvement de solidarité ?
Quoi qu’il en soit, les criminels, leurs complices et ceux qui les laissent faire auront des comptes à rendre devant les juridictions internationales.
Le Bureau national
Le 25 août 2026




