Photo : Les élèves de Qalqas doivent traverser deux barrières pour atteindre leur école, 6 septembre 2026 © wewiv
Israël a bouclé la Cisjordanie occupée pendant une semaine, fermant ses points de passage et renforçant les restrictions de circulation imposées aux Palestiniens, invoquant la fête juive de Souccot.
Le ministre de la Défense, Israël Katz, a ordonné dimanche cette fermeture sur recommandation de l’armée ; celle-ci restera en vigueur jusqu’à samedi.
Les Palestiniens sont déjà confrontés à de sévères restrictions de leurs déplacements en raison des centaines de postes de contrôle et de barrières israéliens disséminés sur l’ensemble du territoire occupé. Désormais, les contrôles aux checkpoints et aux barrières sur l’ensemble du territoire vont encore se durcir, coupant l’accès aux lieux saints tels que la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem-Est occupée et la mosquée d’Ibrahim à Hébron, en Cisjordanie.
Dimanche, dans le gouvernorat de Ramallah et el-Bireh, les forces israéliennes ont bloqué les routes et fermé les accès à Turmus Aya, Aboud, Nabi Saleh, Atara et Taybeh. À Yabroud, Ein Siniya et Jaba, des soldats ont mis en place des checkpoints pour fouiller les véhicules et vérifier les pièces d’identité.
Ce bouclage empêche également les Palestiniens qui détiennent encore des permis de travail en Israël et dans ses colonies de se rendre sur leur lieu de travail, une main-d’œuvre déjà fortement réduite depuis le début de la guerre génocidaire menée par Israël à Gaza en octobre 2023. Seuls les travailleurs jugés essentiels sont autorisés à entrer dans les zones industrielles israéliennes en Cisjordanie.
Combien de Palestiniens travaillent en Israël ?
Depuis des décennies, les Palestiniens de Cisjordanie cherchent du travail en Israël en raison du taux de chômage élevé et des bas salaires dans leur région, conséquences de près de six décennies d’occupation israélienne qui a restreint leur économie, l’accès à leurs terres et leur liberté de circulation.
L’Assemblée générale des Nations unies a adopté en septembre 2024 une résolution appelant Israël à mettre fin à son occupation « illégale » dans un délai d’un an. Depuis, Israël a redoublé d’efforts, intensifiant ses raids contre les Palestiniens, déployant des soldats aux côtés des colons lors de leurs attaques de plus en plus fréquentes contre les villes palestiniennes et étendant ses colonies, qui sont illégales au regard du droit international.
Avant le début de la guerre contre Gaza, environ 160 000 Palestiniens de Cisjordanie travaillaient pour des employeurs israéliens, la plupart d’entre eux en Israël et les autres dans les colonies, selon l’Institut palestinien de recherche en politique économique.
Après qu’Israël eut interdit l’entrée au territoire à la plupart des titulaires de permis, ce nombre est tombé à environ 27 300 à la mi-2024. Le taux de chômage en Cisjordanie est passé de 12,9 % en septembre 2023 à 30,7 % un an plus tard, selon l’organisation israélienne de défense des droits humains Gisha.
Combien y a-t-il de checkpoints israéliens ?
Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies, il existe plus de 300 checkpoints israéliens répartis dans toute la Cisjordanie. En décembre, ceux-ci faisaient partie des 925 obstacles limitant la liberté de circulation de 3,4 millions de Palestiniens en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. Il s’agit des postes suivants :
- 89 checkpoints occupés 24 heures sur 24, 7 jours sur 7
- 218 checkpoints partiels occupés de manière intermittente, dont 152 sont équipés de barrières (90 généralement ouvertes et 62 fréquemment fermées)
- 232 barrières routières, dont 159 sont fréquemment fermées
- 114 barrières linéaires, telles que des murs de terre, des barrières routières et des tranchées
- 167 monticules de terre
- 105 barrages routiers
Où se trouvent certains des principaux checkpoints ?
Pour les Palestiniens de Cisjordanie, ces checkpoints bloquent ou limitent l’accès entre les villes et les routes principales, obligeant des centaines de milliers de personnes à emprunter des itinéraires plus longs pour se rendre au travail ou à l’école. Ils entravent également l’accès aux soins médicaux.
Parmi les principaux checkpoints, on peut citer :
- Le checkpoint de Qalandiya : principal point de passage entre Ramallah et Jérusalem-Est, il traitait autrefois environ un tiers de l’ensemble des déplacements entre la Cisjordanie et Israël.
- Le checkpoint 300 : il bloque la route entre Bethléem et Jérusalem et constitue l’itinéraire principal pour les Palestiniens travaillant à Jérusalem-Est et dans d’autres villes du centre.
- Le checkpoint d’Eyal : il dessert les travailleurs de Qalqilya, où le mur de séparation israélien a fait grimper le chômage, ainsi que ceux de tout le nord de la Cisjordanie.
- Le checkpoint de Taybeh : il se trouve juste au sud de la ville palestinienne de Tulkarem, dans le nord.
- Le checkpoint de Tarqumiyah : il est situé près d’Hébron, dans le sud de la Cisjordanie.
Traduction : AFPS




