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La nouvelle alliance anti-iranienne
publié le jeudi 29 novembre 2007 Jean-Marcel Bouguereau Si l’on met dans deux colonnes les raisons pour et contre un accord israélo-palestinien, la balance penche furieusement contre.
Hier soir(27 novembre), après qu’Israéliens et Palestiniens aient passé en vain toute la nuit sans se mettre d’accord sur un document commun, Bush a lu une déclaration conjointe mise au point in extremis, dans laquelle Israéliens et Palestiniens sont convenus de faire "tous les efforts possibles pour parvenir à un accord avant la fin de 2008". C’est que les sujets de désaccord ne sont pas minces. Par quel miracle, George Bush à qui l’on doit d’avoir mis le Proche-Orient à feu et à sang exercerait-il les pressions à l’égard des Israéliens qu’il s’est toujours refusé à pratiquer ? Il faudrait qu’il impose le gel des colonies de peuplement qui transforment la Cisjordanie en une peau de Léopard ingérable, qu’Israël libère un nombre assez important de prisonniers, qu’il oblige l’état d’Israël à aider en argent et en armes l’autorité palestinienne pour qu’elle puisse se mesurer au terrorisme du Hamas. Bien sûr, on approche de la fin du mandat et Bush pourrait être tenté de finir en beauté par un accord de paix plutôt que par la vitrification de l’Iran. "Tout le monde souhaite que cette réunion soit un point de départ pour des négociations sérieuses avec un calendrier précis", a déclaré le ministre égyptien : "Il y a une entente arabe sur cette réunion". Car le vrai succès de la diplomatie américaine, c’est d’avoir réuni à Annapolis 16 Etats arabes, qui pour la plupart ne reconnaissent pas l’Etat d’Israël. Car en fait la conférence, derrière l’apparence d’un nouveau face-à-face israélo-palestinien, a aussi pour but de mettre en scène un nouveau front contre les ambitions de l’Iran dans la région, même si la Syrie fait partie des alliés de la République islamique. Pour l’Arabie saoudite, il s’agira d’une première car les Saoudiens ne se sont jamais assis publiquement à la même table que les Israéliens, alors que début 2002, ils avaient soudain proposé de reconnaître Israël à la condition que ce pays accepte la création d’un Etat palestinien dans les frontières de 1967. La proposition avait été négligée par Ariel Sharon. Mais depuis, les choses ont bougé, comme en a témoigné la volte-face de Sharon sur Gaza. Et puis l’Iran est là. Menaçant. Israël, les Américains, les pays arabes et le Fatah ont désormais un intérêt commun à isoler l’Iran et les islamistes ce qui peut, à terme, favoriser la voie de la négociation. (le mercredi 28 novembre 2007)
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/opinions/commentaires/20071128.OBS7204/
la_nouvelle_alliance_antiiranienne.html
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