Une semaine après, l’Etat palestinien n’a pas avancé d’un pouce

Une semaine après le discours de Mahmoud Abbas et le dépôt d’une demande de reconnaissance de la Palestine comme membre à part entière des Nations unies, un mot caractérise la situation : l’enlisement.

Gilles Paris, samedi 1er octobre 2011

Au Conseil de sécurité, la lutte d’influence se poursuit. Les Palestiniens, selon le Haaretz, tentent de convaincre la Bosnie de "faire le neuvième", c’est à dire d’apporter la voix nécessaire pour obliger les Etats-Unis à faire usage de la bombe atomique : le veto.

A Jérusalem, la décision israélienne controversée de lancer un programme de plus de 1000 logements dans le quartier périphérique de Gilo, situé à l’est de la Ligne verte et donc en territoire occupé -même si cette réalité juridique a échappé depuis longtemps aux Israéliens- a mis en évidence la contradiction entre le discours d’ouverture de M. Nétanyahou et la réalité du terrain, la relativité de la dénonciation d’un unilatéralisme palestinien qui s’accommode très bien d’un unilatéralisme israélien.

A la veille de l’initiative de M. Abbas, un sondage effectué conjointement par le Harry S. Truman Research Institute for the Advancement of Peace de l’Université hébraïque de Jérusalem et le Palestinian Center for Policy and Survey Research in Ramallah dressait un état peu reluisant des opinions publiques de part et d’autre de la "Ligne verte" (voir l’extrait ci-dessous). Avec une nette prédominance du pessimisme. Seulement 21% des Palestiniens estimaient que l’objectif à long terme des Israéliens est de se retirer des territoires conquis en 1967 ; seulement 37% des Israéliens pensaient que le but des Palestiniens est de recouvrer la plus grande partie de ces mêmes territoires. Question : que va devenir la solution des deux Etats ?

"The level of threat on both sides regarding the aspirations of the other side in the long run is very high. 58% of Palestinians think that Israel’s goals are to extend its borders to cover all the area between the Jordan River and the Mediterranean Sea and expel its Arab citizens, and 19% think the goals are to annex the West Bank while denying political rights to the Palestinians. The modal category among Israelis is that the Palestinians’ aspirations in the long run are to conquer the state of Israel and destroy much of the Jewish population in Israel (38%) ; 20% think the goals of the Palestinians are to conquer the State of Israel. Only 21% of the Palestinians think Israel’s aspirations in the long run are to withdraw from part or all of the territories occupied in 1967 ; and 37% of Israelis think the aspirations of the Palestinians are to regain some or all of the territories conquered in 1967."

Deux autres sondages (dans le Yédioth Aharonoth et dans le Maariv) mesurant l’état de l’opinion israélienne publiés à l’occasion de Rosh Hashana, mercredi 28 septembre, vont de le même sens :

Soutiendriez-vous un accord de paix global incluant un retrait sur les lignes de 1967 en conservant les blocs d’implantations ?

Oui— 40% ; Non— 59%

Quelles sont les chances d’un accord de paix avec les Palestiniens ?

Aucune chance— 54% ; Faibles chances— 23% ; Bonnes chances— 23%