Un Franco-​​Palestinien aux oubliettes

Marcel Gay, samedi 6 décembre 2008

Salah Hamouri, 23 ans, est détenu arbi­trai­rement dans les geôles israé­liennes depuis plus de trois ans.

A l’initiative de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH), de l’association France-​​Palestine Soli­darité (AFPS) et de l’Union juive fran­çaise pour la paix (UJFP) de nom­breux élus de tous bords, res­pon­sables d’associations, ensei­gnants, cher­cheurs, avocats ou simples citoyens ont décidé de créer à Nancy un comité de soutien à Salah Hamouri. A l’image du comité national, le comité nan­céien va inter­peller les pou­voirs publics et en appeler à l’opinion pour faire libérer ce jeune homme Franco-​​Palestinien condamné de manière cho­quante. Des preuves ? Aucune. Sauf d’être passé en voiture devant le domicile du rabbin, avec un ami, lui aussi interpellé.

Salah Hamouri, 23 ans, étudiant en socio­logie à l’université de Bethléem a été arrêté le 13 mars 2005 sur la route de Ramallah. Deux heures plus tard l’appartement de ses parents était fouillé par la police israé­lienne à la recherche de preuves. Que lui reproche-​​t-​​on ? Selon la presse, il est soup­çonné d’avoir par­ticipé à un complot visant à assas­siner le rabbin Ovadia Yossef, chef spi­rituel du parti Shas (ultra-​​orthodoxe). On l’accuse aussi d’appartenir au FPLP. Ce qu’il dément.

Un piège

Salah Hamouri est titu­laire d’un pas­seport français. Par­fai­tement fran­co­phone, il a passé son bac chez les frères de Lasalle. Sa mère, Denise Hamouri, ori­gi­naire de Bourg-​​en-​​Bresse, vit depuis 24 ans à Jéru­salem avec son mari, Hassan, res­tau­rateur. Elle enseigne le français dans un collège catholique.

Denise Hamouri frappe à toutes les portes pour faire libérer son fils. Elle obtiendra un rendez-​​vous rapide, le 16 février 2008 avec Bernard Kouchner de passage à Jéru­salem qui promet de « faire passer le message ».

Deux jours plus tard, l’avocate de Salah est contactée par le pro­cureur mili­taire. Ce dernier lui propose un marché : si Salah plaide cou­pable, il écopera de 7 ans de prison sinon, ce sera 14 ans. Le 10 avril, Salah Hamouri plaide cou­pable. Le piège vient de se refermer.

Arbitraire

Les auto­rités fran­çaises inter­pellées à plu­sieurs reprises se retranchent der­rière la décision de justice. Rama Yade, secré­taire d’Etat aux Droits de l’homme qui a reçu Denise Hamouri aurait même reproché à Salah de ne pas avoir exprimé « de regrets » au procès.

« Ce jeune homme a été con-​​ damné par un tri­bunal mili­taire sta­tuant sur un ter­ri­toire occupé et donc par­fai­tement illégal au regard du droit inter­na­tional » s’insurge Guy Perrier, pré­sident de l’AFPS.

« Il faut savoir que plus de 11.000 Pales­ti­niens sont détenus dans des prisons israé­liennes pour des motifs souvent arbi­traires. Salah doit être libéré le plus vite possible. »