Solidarité avec Mohammed Khatib !

C. Léostic, mercredi 12 août 2009

L’un des diri­geants emblé­ma­tiques de la lutte popu­laire non vio­lente de Bil’in a été arrêté par les troupes d’occupation israéliennes.
Il doit être libéré immédiatement !!!

Mohammed Khatib, défenseur inlas­sable des droits de son village dont les terres sont volées par la colo­ni­sation illégale que mène Israël et le mur de spo­liation qu’il continue d’y construire en vio­lation du droit inter­na­tional, avocat infa­ti­gable de la lutte non vio­lente et inventeur créatif de formes nou­velles de cette lutte, a été kid­nappé chez lui par les soldats de l’occupant.

Cette arres­tation montre bien à la fois le refus obstiné de la paix par l’occupant israélien de la Palestine et la peur qu’il ressent devant cette forme de lutte qu’il ne sait pas arrêter.

Nous devons faire libérer Mohammed Khatib et tous les résis­tants qui comme lui se battent pour le droit et pour leurs droits, contre l’occupation et la colonisation.

Envoyons des lettres à l’ambassade d’Israël en France, avec copie au Ministre des Affaires étran­gères français.

- Ambassade d’Israël 3 rue Rabelais 75008 PARIS fax : 01 40 76 55 55 information@paris.mfa.gov.il

- Ministère des Affaires Etran­gères 37 quai d’Orsay 75007 PARIS Pour écrire, allez sur le site http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/na...

Exigeons que le droit prévale sur la violence de l’occupation.

Une mili­tante cana­dienne de la soli­darité avec le peuple pales­tinien a pu ren­contrer Mohammed dans la prison d’Ofer (située illé­ga­lement en Cis­jor­danie occupée). Voici ce qu’elle écrit aux Anar­chistes contre le Mur qui appuient les vil­la­geois de Bil’in dans leur résis­tance popu­laire non violente :

Chers amis et cama­rades,

Je reviens de la prison d’Ofer où j’ai pu ren­contrer notre cher ami Mohammed Khatib .

Il me demande de vous envoyer ce message, en amitié, en remer­ciement et en solidarité.

Ca a pris du temps ce matin à Ofer et nous avons eu de la « chance » de passer une heure à parler ensemble (à travers une vitre et par télé­phone, remarquez). Ma pre­mière pré­oc­cu­pation était sa santé, il y a eu des rumeurs de grippe porcine à Ofer et sa femme et ses amis vou­laient être sûrs qu’il n’est pas malade. Mohammed m’a ras­surée, il va bien. Mais il est inquiet car la grippe dans la prison ne semble pas une grippe banale et les malades ne sont mis à l’écart des autres et ne reçoivent pas de trai­tement approprié (seulement de l’Acamol !). Il dit aussi qu’il n’y a pas assez de vais­selle et de cou­verts aussi les détenus doivent les par­tager (ils risquent ainsi de tomber malades, grippe porcine ou pas). Pour l’instant il fait avec des verres en plastique.

Nous parlons aussi de sa détention et il reconnaît qu’elle peut durer plus que cette semaine et demi. Mais pour lui cela fait partie de la lutte - une épreuve de plus dans une lutte qui ne s’éteindra pas et un nouveau cha­pitre dans sa vie et ses expé­riences (et un cha­pitre de plus dans le livre qu’il écrit).

Après des années d’amitié et notre tournée au Canada, il arrive encore à me sur­prendre. Il n’a pas grand chose à lire en prison mais il a trouvé récemment un vieux numéro de Haaretz en anglais avec une photo de la mani­fes­tation de Bil’in, le premier ven­dredi de juillet, quand les mani­fes­tants avaient levé le drapeau de la confé­ré­dation que la nation Mowhawk leur avait offert lors de notre visite dans la réserve Akwa­sasne à la fron­tière entre la Canada et les Etats-​​Unis, en échange du drapeau pales­tinien qui fut planté là-​​ bas. Bien que la photo date d’avant son arres­tation, ça lui a fait plaisir et l’a ragaillardi, et ça lui a donné l’occasion de s’entraîner à lire en anglais, ce qu’il apprécie.

Je lui ai donné des nou­velles de ce qui se passe sur le terrain, de sa famille, du village et des mili­tants comme Neta Golan – des réseaux de soli­darité inter­na­tionale, des dons de soutien, de la pression poli­tique. Il est satisfait que le projet de la Confé­rence de Bil’in de créer un réseau inter­na­tional prenne fina­lement forme sur le terrain même si les cir­cons­tances ne sont pas excellentes.

Je lui ai raconté la visite dimanche dernier au village de 3 par­le­men­taires cana­diens. Visite réussie. Ils lui ont exprimé leur soli­darité, en tant qu’élu comme eux, et sont indigné qu’il ait été arrêté pour des raisons politiques.

Je lui ai donné des nou­velles du monde. Je lui ai lu une belle lettre de Michael Sfard, et lui ai donné les salu­ta­tions de dizaines de per­sonnes, d’ Israël au Canada. Il vous en renvoie dix fois plus !

Il répète à l’envie qu’il va bien, qu’on ne doit pas s’inquiéter. Il ne souffre pas et ne s’ennuie pas. Il s’emplit l’esprit d’images de Bil’in et de la lutte et voit le temps qu’il doit passer ici comme une sorte de « vacance » qui lui permet de réfléchir et de trouver de l’ ins­pi­ration. Dans sa tête il écrit de nou­velles pages de son livre. Il dort et mange cor­rec­tement. Ce qui lui manque, c’est le nar­guilé qu’on ne lui laisse pas fumer (il est bien content de ne pas être fumeur !).

Il a confiance, il pense que ça va s’arranger parce qu’il n’a rien fait de mal et n’a rien à cacher. Il dit qu’il a eu de la chance de ne pas être arrêté jusqu’à main­tenant et que ce n’est qu’une question de temps. Ca ne va pas le décou­rager et il espère que ça ne va pas NOUS décourager.

Il espère que les gens vien­dront à l’audience au tri­bunal jeudi et que la mani­fes­tation de ven­dredi sera massive.

Je lui dis en partant de tenir bon. Il me dit la même chose. C’est un combat commun, après tout.

Emily [1]

[1] tra­duction : CL