Salah : nouveaux mensonges de l’Ambassade d’Israël en France !

entretien avec D. Hamouri, mardi 16 février 2010

Nous avons demandé à la mère de Salah de bien vouloir nous pré­ciser ce qu’il en était de l’accès aux livres pour les prisonniers.

Suite à l’appel lancé par Salah et ses cama­rades pri­son­niers, publié le 9 février, par lequel ils nous deman­daient d’intervenir auprès des auto­rités israé­liennes pour que les pri­son­niers poli­tiques pales­ti­niens puissent avoir droit d’accéder aux livres et journaux, une amie a écrit à l’Ambassade d’Israël en France pour faire valoir cette exigence.

L’Ambassade répond, via l’attachée au service culturel, que : « Les men­songes relayés sur Salah sont nom­breux sur Internet et tou­jours orientés dans le même sens. De ce fait il n’est pas étonnant que vous ayez cru vraies des allé­ga­tions men­son­gères ». Cette per­sonne poursuit en indi­quant que Salah et ses cama­rades ont droit à deux livres par mois – pas poli­tiques concède-​​t-​​elle –, qu’ils peuvent lire deux journaux de leur choix et qu’ils peuvent regarder la télé­vision sans aucune res­triction. Elle conclut : « Je constate que le travail de dés­in­for­mation et le men­songe font leur œuvre effi­ca­cement ; c’est pourquoi nous vous remer­cions de vous être manifestée ».

Devant ces affir­ma­tions nous avons demandé à la mère de Salah de bien vouloir nous pré­ciser ce qu’il en était. Elle a rendu visite à Salah hier, dimanche 14 février, et elle nous écrit que : « J’ai demandé des pré­ci­sions à Salah ce matin. Ni lui ni ses cama­rades n’ont droit à deux livres par mois. Cette per­sonne du service culturel de l’ambassade n’a pas révisé sa copie. Depuis décembre les familles ne peuvent plus faire entrer de livres en prison. J’en emmène deux à chaque visite et à chaque fois on me les redonne. Des Français et des Fran­çaises lui ont envoyé des livres par la Poste. On a signalé ce fait à Salah mais on ne lui donne pas les livres. La raison invoquée : c’est interdit ! Quant à l’abonnement à deux journaux français par l’intermédiaire du Consulat, c’est « non ». Le Consulat est au courant de cette situation et ne peut pas appa­remment faire grand-​​chose. Quant aux chaines de télé­vision, celles qui inté­ressent les pri­son­niers, comme Al Jazira par exemple, sont inter­dites. Cette per­sonne de l’ambassade vou­drait faire croire que les prisons israé­liennes sont des lieux de diver­tis­sement et de loisir pour les pri­son­niers pales­ti­niens. On en est loin. En fait ces res­tric­tions sévères visent à main­tenir les détenus dans un « iso­lement culturel », une igno­rance afin de casser leur volonté. Les livres étant leurs com­pa­gnons de misère ».

Voici donc la vérité rétablie. Et, une nou­velle fois, l’ambassade d’Israël en France est prise la main dans le sac du men­songe. Il convient donc de continuer les pres­sions afin que Salah et ses cama­rades aient « le droit de lire en prison ! ».

Paris, le 15 février 2010