Quatre prisonniers palestiniens continuent la grève de la faim : un soutien urgent est nécessaire

Samidoun, lundi 29 août 2016

Après la fin de la grève de la faim de Bilal Kayed le 24 août, sa famille et ses camarades - et Bilal lui-même - insistent sur le fait que l’attention internationale ne doit pas se relâcher sur la question de la détention administrative et particulièrement sur celle des quatre prisonniers palestiniens actuellement en grève de la faim pour protester contre leur détention administrative sans inculpation ni jugement.

Mahmoud al-Balboul, 21 ans, a lancé sa grève de la faim le 1er juillet. Emprisonné en même temps que son frère Mohammed depuis le 9 juin, ils sont tous deux maintenus en détention administrative sans inculpation ni jugement. Mahmoud and Mohammed ont été arrêtés au cours d’une violente descente d’avant l’aube à leur domicile après l’emprisonnement de leur soeur cadette, Nuran, 15 ans, le 12 avril. Elle a été relâchée en juin après trois mois d’emprisonnement pour avoir eu une altercation verbale avec un soldat israélien d’occupation à un checkpoint ; elle a alors été accusée de posséder un couteau, malgré un manque de preuves.

Mahmoud, Mohammed et Nuran sont les enfants de Sanaa al-Balboul et de son mari Ahmad ; Ahmad al-Balboul a été assassiné par les forces d’occupation israéliennes le 18 mars 2008 et accusé d’être un dirigeant militaire du Fatah.

Mohammed al-Balboul, 26 ans, frère de Mahmoud et dentiste à Jénine, s’est joint à la grève de la faim le 4 juillet. Il a été maintenu en détention administrative pendant un an, il y a près de 10 ans ; après sa libération, il a fait des études d’odontologie en Egypte avant de retourner en Palestine pour ouvrir son cabinet dentaire.

Mahmoud et Mohammed sont actuellement détenus tous deux à l’Hôpital Assaf Harofeh, après respectivement 56 et 52 jours de grève de la faim ; leur état de santé s’est dégradé les jours derniers alors que Mohammed a été transféré à partir de la clinique de la prison de Ramleh pour rejoindre son frère.

Ayed Heraimi, 23 ans, et Malik al-Qadi, 20 ans, se sont joints à la grève de la faim le 16 juillet, en protestation contre leur propre détention administrative sans inculpation ni jugement. Hereimi a été arrêté le 23 décembre 2015, peu après qu’il ait été libéré d’un emprisonnement de trois ans. Al-Qadi a ét arrêté le 22 mai 2016. Tous deux font face à une audience le 30 août devant la Cour Suprême Israélienne pour appel par lequel ils demandent l’abrogation de l’ordre de détention administrative à leur encontre. Tous deux ont été transférés le 23 août à l’Hôpital Assaf Harofeh suite à la détérioration de leur état de santé.

En outre, le 23 août, il a été rapporté que Tawfiq Faisal Nazzal, 30 ans, de Qabatiya, a été ré-arrêté sur un check-point le même jour que sa libération de la prison de Ketziot dans le Néguev à l’expiration d’une peine de prison de 8 mois, que pour recevoir un ordre de détention pendant trois mois en détention administrative sans inculpation ni jugement. Les deux frères de Nazzal sont aussi emprisonnés : son frère Mohammed purge une peine de 15ans d’emprisonnement et Majid est retenu au centre d’interrogatoire de Jalameh depuis 55 jours.

Samidoun, Réseau de Solidarité avec les Prisonniers Palestiniens se fait l’écho de l’appel de la famille de Bilal Kayed d’augmenter la solidarité internationale avec les prisonniers en gréve de la faim et avec tous les prisonniers dans les prisons israéliennes, par des manifestations, des initiatives et des actions et en accentuant la campagne de boycott contre l’état israélien et contre les institutions et sociétés complices, parmi lesquelles G4S.

Traduction Yves Jardin