Marches internationales contre le blocus israélien de Gaza

La Croix, vendredi 1er janvier 2010

Des cen­taines de paci­fistes ont mani­festé jeudi 31 décembre pour pro­tester contre le blocus imposé par Israël à l’enclave palestinienne

Des cen­taines de mili­tants paci­fistes ont mani­festé jeudi 31 décembre des deux côtés de la fron­tière entre Israël et la bande de Gaza pour pro­tester contre le blocus imposé par les auto­rités israé­liennes à l’enclave palestinienne.

"Il s’agit d’une (démarche) paci­fiste et non vio­lente dont l’objectif est d’exprimer la soli­darité de la com­mu­nauté inter­na­tionale avec le peuple (pales­tinien) qui souffre à Gaza", a déclaré Amjad al-​​Shawa, un des orga­ni­sa­teurs de la mani­fes­tation, basé à Gaza.

Un groupe de 84 mili­tants anti-​​blocus d’ONG inter­na­tio­nales est arrivé mer­credi 30 décembre à Gaza via l’Egypte pour une marche de soli­darité mar­quant le premier anni­ver­saire de l’offensive israé­lienne contre l’enclave palestinienne.

Rendez-​​vous au ter­minal d’Erez Ini­tia­lement, 1 400 mili­tants d’ONG inter­na­tio­nales venus de 43 pays devaient par­ti­ciper à la marche, mais l’Egypte n’a autorisé qu’une cen­taine d’entre eux à se rendre à Gaza. Ces mili­tants, accom­pagnés par quelques cen­taines de Pales­ti­niens, se sont rendus au ter­minal d’Erez, le prin­cipal point de passage entre Israël et la bande de Gaza, réservé aux malades, jour­na­listes, diplo­mates et membres d’organisations humanitaires.

Parmi eux, se trouvait un petit groupe de juifs ultra-​​orthodoxes anti-​​sionistes tenant une ban­derole avec ces mots : "Oui au judaïsme, non au sio­nisme. L’Etat d’Israël doit disparaître".

La bande de Gaza et la Cis­jor­danie occupée : un destin commun Du côté israélien du ter­minal d’Erez, des dizaines de mani­fes­tants israé­liens et étrangers ont brandi des dra­peaux pales­ti­niens et des ban­de­roles sur les­quelles était écrit "Stop au siège" et "Liberté pour Gaza".

Ces mani­fes­tants étaient pour la plupart venus en autobus du quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem-​​est (annexée en 1967), une zone de fric­tions fré­quentes entre Pales­ti­niens et mili­tants de gauche israé­liens, d’une part, et colons juifs d’autre part.

Amjad al-​​Shawa a précisé que les deux marches enten­daient sym­bo­liser ainsi la com­mu­nauté de destin entre la bande de Gaza et la Cis­jor­danie occupée.

Le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, s’est félicité de la venue des mili­tants pro-​​palestiniens inter­na­tionaux. "Nous ne sommes pas seuls à Gaza. Nous avons beaucoup d’amis en dehors de Palestine qui sont venus aujourd’hui mani­fester contre le siège (de Gaza), contre l’occupation israé­lienne, contre les crimes israé­liens à Gaza et dans toute la Palestine", a déclaré le porte-​​parole du Hamas à Gaza, Taher al-​​Nounou.

Une "marche de liberté pour Gaza" au Caire Au Caire, des poli­ciers égyp­tiens s’en sont pris jeudi 31 décembre à coups de pied et de poing à des mili­tants d’ONG inter­na­tio­nales venus par­ti­ciper à une "marche de liberté pour Gaza", blessant un mani­festant, ont affirmé les organisateurs.

le 27 décembre 2008, Israël avait déclenché une meur­trière offensive mili­taire de 22 jours contre la bande de Gaza, qui a fait plus de 1 400 morts côté pales­tinien et 13 côté israélien, afin de faire cesser les tirs de roquettes contre son territoire.

La bande de Gaza est soumise à un strict blocus par Israël depuis la prise de pouvoir du Hamas dans ce ter­ri­toire en juin 2007 lors d’un coup de force contre l’Autorité pales­ti­nienne de Mahmoud Abbas. AFP