Marche de la Liberté pour Gaza

Communiqué de Codepink, samedi 19 décembre 2009

Lors d’une confé­rence de presse au siège des Nations unies, la co-​​fondatrice du mou­vement paci­fiste « Code Pink » a expliqué pourquoi son mou­vement se joint à la « Marche de la liberté de Gaza » prévue le 31 décembre pro­chain vers le point de passage d’Erez à la fron­tière avec Israël.

Plus de 1 300 per­sonnes pro­venant de 43 pays dif­fé­rents devraient se joindre à 50 000 Pales­ti­niens pour réclamer la levée du blocus sur Gaza, a annoncé Medea Ben­jamin au cours de la confé­rence de presse qu’elle a donnée au Siège de l’ONU à New York, aux côtés de Michael Ratner, Pré­sident du Centre pour les droits consti­tu­tionnels et d’Abdeen Jabara, membre du Comité de pilotage de la marche.

Juive amé­ri­caine, la cofon­da­trice de « Code Pink » a dit avoir été bou­le­versée par l’ampleur des des­truc­tions que son mou­vement a pu constater à Gaza et le fait qu’aucune mesure n’ait été prise ni pour mettre Israël face à ses res­pon­sa­bi­lités, ni pour assurer le suivi du rapport Gold­stone sur les vio­la­tions du droit inter­na­tional huma­ni­taire com­mises lors de l’« Opé­ration plomb durci », de décembre 2008 à janvier 2009.

La cam­pagne pour la Marche a été lancée sur un site Internet et sur Facebook, et le bouche à oreille a fait le reste, a-​​t-​​elle expliqué. Des délé­ga­tions se sont formées un peu partout, comme en Afrique du Sud, où les par­ti­ci­pants estiment qu’à Gaza se joue l’apartheid d’aujourd’hui, ou en France, qui enverra la plus grande délé­gation européenne.

Des juges, par­le­men­taires, étudiants ou per­sonnes âgées vien­dront des États-​​Unis, de l’Union euro­péenne, du Canada, d’Indonésie ou encore de Turquie. Une pro­portion impor­tante des par­ti­ci­pants euro­péens et amé­ri­cains est d’origine arabe, et de religion juive ou musulmane, a précisé Medea Ben­jamin, en annonçant la pré­sence de Hedy Epstein, un sur­vivant de l’Holocauste âgé de 85 ans.

Parmi les par­ti­ci­pants les plus notables, elle a aussi cité le prix Pulitzer, Alice Walker, l’ancienne Vice-​​Présidente du Par­lement européen, l’italienne Luisa Mor­gantini, la séna­trice fran­çaise Alima Boumediene-​​Thiery, le comédien syrien, Duraid Lahham et le par­le­men­taire phi­lippin, Walden Bello.

« Toutes ces per­sonnes qui sou­haitent célébrer la nou­velle année dans le sou­venir de cette invasion », selon Medea Ben­jamin, seront rejointes au point de passage d’Erez par des mani­fes­tants israé­liens, dans l’esprit de la non-​​violence bien carac­té­ris­tique de Martin Luther King, de Gandhi ou de Nelson Mandela. La Marche doit enlever aux Pales­ti­niens le sen­timent que le monde leur a tourné le dos, a-​​t-​​elle dit.

Ce n’est pas une mani­fes­tation poli­tique, a assuré Abdeen Jabara du Comité de pilotage de la Marche, en sou­li­gnant que des mil­liers de par­ti­ci­pants avaient dû être refusés. Ce que nous voulons c’est que le siège de Gaza soit levé et que toutes les parties au conflit, « y compris les États-​​Unis », res­pectent le droit international.

En tant que Juive amé­ri­caine, a dit la cofon­da­trice de « Code Pink », je suis choquée par le fait que Barack Obama n’ait pas réclamé à Israël un cessez-​​le-​​feu immédiat, l’année der­nière. En tant que Juif et contri­buable amé­ricain, a ren­chéri le Pré­sident du Centre pour les droits consti­tu­tionnels, Michael Ratner, je refuse qu’Israël parle en mon nom, je refuse les 3 mil­liards de dollars que les États-​​Unis versent à Israël et je veux la fin du blocus et de la des­truction per­pétrée par des armes payées avec mes impôts.

Le monde a changé en voyant ce qui se passe à Gaza, en Cis­jor­danie et à Jérusalem-​​Est, a-​​t-​​il prévenu, se féli­citant d’une évolution « majeure, à la fois aux États-​​Unis et dans le reste du monde ». Il y a un avant et un après-​​« Opé­ration plomb durci », un avant et un après-​​« rapport Gold­stone ». Israël ne peut plus « se cacher », a-​​t-​​il estimé.

Pour l’heure, la cofon­da­trice de « Code Pink » a reconnu que les auto­rités égyp­tiennes n’avaient pas encore donné leur auto­ri­sation pour le passage de leur fron­tière. Elles ont déjà demandé qu’aucun Égyptien ou détenteur d’un pas­seport de l’Autorité pales­ti­nienne ne par­ticipe à la Marche.

La confé­rence de presse était par­rainée par la Mission per­ma­nente du Nica­ragua auprès des Nations Unies.