Lettre ouverte aux autorités de la République Française

Brahim Senouci, vendredi 18 avril 2008

Après la condam­nation hon­teuse de Salah Hamouri à 7 ans de prison, billet d’humeur d’un citoyen français, militant des droits humains et de la soli­darité inter­na­tionale, notamment pour les droits du peuple palestinien.

Un citoyen Français vient d’être condamné à 7 ans de prison, aux termes d’une parodie de justice, dans un pays étranger.

Il s’agit de Salah Hamouri, 20 ans, détenu depuis trois ans sans jugement. Le pays étranger où il vient d’être condamné, après avoir été soumis à un chantage par­ti­cu­liè­rement odieux, est Israël, la seule démo­cratie du Proche-​​Orient, paraît-​​il.

Il ne s’appelle pas Eric ou Claude. Il n’a pas par­ticipé à une lamen­table opé­ration d’enlèvement d’enfants afri­cains. Si cela avait été le cas, il aurait béné­ficié de la sol­li­citude des auto­rités de la Répu­blique qui auraient cer­tai­nement « ami­ca­lement per­suadé » le pré­sident du pays africain en question d’offrir sa grâce.

Il aurait même pu s’appeler Gilad, appar­tenir à une armée qui colonise, opprime, assassine dans le silence res­pec­tueux de la « com­mu­nauté inter­na­tionale ». Il aurait peut-​​être même eu son por­trait « sur les murs de nos villes ».

Il aurait pu être mous­saillon sur un yacht de luxe et tomber entre les mains de pirates. La France, en dépit de son déficit bud­gé­taire chro­nique, aurait cassé sa tirelire pour le ramener dans sa patrie, sous l’œil attendri de cen­taines de caméras.

Non, il s’appelle Salah, un nom à coucher dehors. Et puis, n’est-ce pas, il ne faut pas fâcher les bons amis qui lui infligent ce sort.

Alors, les autorités de la République regardent ailleurs…