Lettre au président Sarkozy

Denise Hamouri, jeudi 15 octobre 2009

"Monsieur le Président,
La devise de la répu­blique – liberté, égalité, fra­ternité – doit s’appliquer à tous les Français."

Jérusalem, le 9 octobre 2009

Madame Annick-​​Denise Hamouri

21 Route de Naplouse

Po. Box 19587

Jérusalem

Israël

à

Monsieur Nicolas Sarkozy

Président de la république française

Palais de l’Elysée

Paris

Objet : situation de mon fils Salah Hamouri

Monsieur le Président de la République,

Je me permets de vous écrire cette lettre suite à votre ren­contre il y a 2 jours avec le père du soldat Gilad Shalit.

Je com­prends tout a fait, Mon­sieur le Pré­sident, l’émotion et la ténacité avec les­quelles vous défendez la cause de Gilad Shalit, franco-​​israélien, comme vous l’avez fait déjà et continuez à le faire concernant la situation d’autres Français détenus à l’étranger en inter­venant le plus souvent effi­ca­cement ou en recevant per­son­nel­lement leurs familles.

Devant cette situation, je ne peux que vous rap­peler le cas de mon fils Salah, franco-​​ pales­tinien, détenu depuis 2005, condamné à 7 ans de prison.

Je vous remercie d’être intervenu auprès du premier ministre israélien en demandant une mesure de clé­mence (cependant vous n’avez jamais demandé la libé­ration de mon fils). Celle-​​ci a été refusée de façon cin­glante, et depuis : plus rien.

Je suis une mère et tout comme les parents du caporal Shalit je res­terai mobi­lisée avec de nom­breuses per­son­na­lités et notre Comité de soutien jusqu’à la libé­ration de mon fils dont le seul « crime » est de résister paci­fi­quement à une occu­pation que vous avez-​​vous-​​même évoquée en parlant de la création néces­saire d’un Etat Palestinien.

Son second « crime » serait de ne pas regretter. On se demande bien d’ailleurs ce qu’il aurait à regretter à part d’avoir passé les meilleures années de sa vie en prison.

Monsieur le Président,

La devise de la répu­blique – liberté, égalité, fra­ternité – doit s’appliquer à tous les Français.

Je sou­hai­terais donc vous ren­contrer per­son­nel­lement tout comme Mon­sieur Shalit a été reçu par vous de même que les autres familles à qui vous avez pu pro­curer espoir et réconfort quand leurs proches étaient en dif­fi­culté à l’étranger.

Dans l’attente de votre réponse que je n’imagine pas autrement que positive, je vous prie d’agréer, Mon­sieur le Pré­sident, l’expression de mes sen­ti­ments les meilleurs.

Madame A-​​Denise Hamouri