Le journaliste palestinien Qiq poursuit sa grève de la faim

L’Orient le Jour avec AFP, vendredi 5 février 2016

Le journaliste palestinien Mohammed al-Qiq a décidé de poursuivre sa grève de la faim bien que la justice israélienne ait suspendu sa détention sans inculpation ni procès, a dit son avocat vendredi à l’AFP. Le reporter de 33 ans à la santé vacillante après 73 jours sans s’alimenter a indiqué être "déterminé à poursuivre la grève jusqu’à la liberté", dans une note écrite sur le cahier qu’il utilise pour communiquer faute de pouvoir parler, a rapporté Me Jawad Boulos.

La cour suprême israélienne a suspendu jeudi l’ordre de détention administrative contre M. Qiq, ce régime extrajudiciaire controversé qui permet la détention sans inculpation ni procès pour des périodes de six mois renouvelables indéfiniment. Ses proches peuvent désormais lui rendre visite mais il n’a toujours pas le droit de quitter sans autorisation l’hôpital d’Afoula (nord d’Israël). M. Qiq "n’est plus en incarcéré au regard de la loi. Il ne peut toutefois pas sortir de l’hôpital sans une autorisation israélienne", a expliqué Me Jawad Boulos. "Il poursuit donc sa grève de la faim".

Mohammed al-Qiq, 33 ans, reporter de la chaîne saoudienne Al-Majd, a été arrêté le 21 novembre chez lui en Cisjordanie occupée. Il a cessé de s’alimenter le 25 novembre pour dénoncer les mauvais traitements qu’il dit avoir subis, ainsi que son placement en détention administrative.

La sécurité israélienne l’accuse d’être un membre actif de l’organisation islamiste palestinienne Hamas, considérée comme "terroriste" par Israël, les Etats-Unis et l’Union européenne. M. Qiq, qui avait été condamné en 2008 à 16 mois de prison pour appartenance à un organisme affilié au Hamas, affirme ne se livrer qu’au journalisme. L’Onu, l’UE et le Comité international de la Croix-Rouge ont exprimé leur inquiétude devant la dégradation de son état de santé. Le CICR et ses proches l’ont décrit en danger de mort.