Le Directeur Artis­tique du Théâtre de la liberté de Jénine entame une grève de la faim

PNN, dimanche 15 juillet 2012

Le directeur artis­tique du théâtre de la liberté, Nabil Al-​​Raee, a déclaré avoir com­mencé une grève de la faim pour pro­tester contre sa détention dans une prison israé­lienne. « Je ne sais pas pourquoi je suis ici. Ils n’ont aucune raison de me garder ici. » Indiquait-​​il le 6 juillet, date officiel du com­men­cement de son jeûne politique.

Nabil Al-​​Raee a été arrêté le 6 juin à 3h du matin au cours d’un raid noc­turne par les forces d’occupations israé­liennes. Les deux pre­mières semaines de son empri­son­nement, ni sa famille ni son avocat n’étaient auto­risés à lui rendre visite, et ce sans qu’aucune charge ne soit retenue contre lui.

Lors du jugement de Nabil Al-​​Raee, le juge mili­taire a déclaré l’inexistence de preuves d’une quel­conque activité illégale commise par Al-​​Raee. Tou­tefois le juge mili­taire a donné au parquet 48 heures pour faire appel, ce qui a été fait en pré­sentant un troi­sième chef accu­sa­toire. Il est actuel­lement accusé de détention d’armes à feu et d’assistance à une per­sonne recherché.

Micaela Miranda, sa femme, décrit ces accu­sa­tions comme une « farce », et continue en affirmant qu’ « il est ridicule et clair qu’ils essaient de trouver des excuses pour main­tenir Nabil en détention pour si longtemps ».

L’arrestation et la détention sans motif de Nabil Al-​​Raee est l’une des mul­tiples illus­tra­tions du har­cè­lement que subit le Théâtre de la liberté de Jénine ces der­nières années depuis l’assassinat, dans des cir­cons­tances encore non éludées, de son co-​​fondateur Juliano Mer Khamis en avril 2011.

Zakaria Zubeidi, co-​​fondateur et directeur du théâtre de la liberté, était un leader de la résis­tance armée pendant la seconde intifada, mais depuis 2006 il s’est dévoué à la résis­tance non vio­lente et cultu­relle. En raison de ce chan­gement de poli­tique, il a pu béné­ficier d’une amnistie de la part d’Israël. Celle-​​ci après avoir été révoqué en décembre 2011, lui a été réins­taurée en février 2012 avec des res­tric­tions qui ne lui per­met­taient pas de quitter la ville de Jénine. Ces res­tric­tions ont clai­rement réduit sa capacité à être une voie active de la résis­tance non-​​violente en Cis­jor­danie. Quelques mois plus tard, le 13 mai 2012, Zubeidi a été arrêté par l’Autorité Pales­ti­nienne et il est depuis maintenu en détention sans motifs.

Le Théâtre de la Liberté a aussi était ces der­nières années la cible d’attaques au sein du théâtre, ainsi que de raid noc­turnes répètés et d’arrestations arbi­traires de ses membres.

Jonathan Stanczak, l’administrateur général du Théâtre de la Liberté a déclaré « peut-​​être qu’ils ont pensé que nous allions nous effondrer après l’assassinat de Juliano, mais nous avons continué et main­tenant ils essayent de nous étouffer dou­cement mais sur­ement en har­celant nos employés, membres et sup­porters avec des accu­sa­tions diverses, plus stu­pides les unes que les autres. Cet har­cè­lement sys­té­ma­tique continu depuis un an main­tenant, ça suffit ! » .