La Palestine à l’honneur : Belle soirée au Parc des Expositions

Brahim Senouci, samedi 24 mai 2008

Une foule de plu­sieurs mil­liers de per­sonnes a envahi les travées du Hall 8 du Parc des Expo­si­tions de la Porte de Ver­sailles, à Paris, en ce samedi 17 mai, dès 16 heures.

La Plate-​​Forme des ONG fran­çaises pour la Palestine, avec le soutien d’organisations syn­di­cales (FSU, CGT, UNEF) y com­mé­morait le soixan­tième anni­ver­saire de la Nakba sous le slogan : « Paix comme Palestine : Soixante ans après, la paix par le droit ».

Les per­ma­nents de la Plate-​​Forme et d’organisations affi­liées avaient pris les choses en main avec un enthou­siasme et une effi­cacité de bon augure. De nom­breux mili­tants se sont adonnés aux joies du tractage et de l’affichage. D’autres se sont attelés au montage du plateau artis­tique, de la com­po­sition des pla­teaux de débats et des tribunes.

Tous ces efforts ont conduit à l’énorme succès de la soirée, non seulement par le nombre de par­ti­ci­pants mais aussi par la qualité des inter­ven­tions et des pas­sages musicaux, tout cela, bai­gnant dans une atmo­sphère de joie, parfois de véri­table liesse.

Quelle joie en effet de nous découvrir si nom­breux à refuser de prendre notre parti de la dis­pa­rition de la Palestine ! Quelle joie de constater que la puis­sante machine média­tique vouée à chanter les louanges d’Israël n’ait pas réussi à nous anesthésier !

Oh, bien sûr, cette mani­fes­tation ne pouvait pré­tendre riva­liser avec les cen­taines de céré­monies fas­tueuses de célé­bration des soixante ans d’Israël. Il n’en reste pas moins qu’elle était sans doute plus impor­tante que toutes ces céré­monies réunies. Elle constitue en effet un acte de foi dans le droit et la justice quand les autres en célèbrent le déni !

Les autres ne s’y trompent pas. Malgré les feux d’artifice et les flots de cham­pagne, ils ont le regard rivé sur tout ce qui peut res­sembler à une célé­bration de la Palestine, à une mise au jour de ce fantôme si encom­brant qu’est le réfugié pré­cipité sur les routes de l’exode.

D’Avi Schlaim à Elias Sanbar, les his­to­riens ont rappelé la nécessité de rétablir la vérité his­to­rique sur les condi­tions de la nais­sance de l’Etat d’Israël. Tous ont réaf­firmé le primat du droit inter­na­tional et le caractère non négo­ciable de ses dis­po­si­tions. Seules sont négo­ciables les condi­tions pra­tiques de ces dispositions.

Etienne Pinte, député UMP, établit un parallèle entre la situation de Berlin soumise au blocus sovié­tique et Gaza soumise à un embargo impi­toyable par l’armée israé­lienne. Au nom du principe « aux mêmes maux, les mêmes remèdes », il s’est engagé à pro­poser à l’Europe de briser cet embargo en apportant une assis­tance directe à la popu­lation de l’enclave.

Beaucoup d’autres inter­ven­tions ont marqué cet après-​​midi et cette soirée. De Gidéon Levy confessant sa honte devant le sort fait à Gaza à Véro­nique de Keyser fus­ti­geant l’inconsistance de l’Europe en passant par les vibrants appels de Hind Khoury, Sté­phane Hessel, Ziad Abu Amr ou Leïla Shahid à l’application du droit, cette ini­tiative a marqué les esprits et revi­vifié la flamme de la mobilisation.

En contre­point, les poly­phonies de « Canta u populu corsu », les accents du rap d’« Alibi Montana » et de « la Caution », la fan­taisie des « Wriggles », la fanfare entraî­nante de « Tarace Boulba », les accents envoû­tants du « Diwane de Béchar », les échanges vir­tuoses du « Trio Joubran », les mélodies de « Cheikh Sidi Bémol », ont donné à l’événement son sup­plément d’âme.

Oui, la justice et le droit ont encore de beaux jours devant eux !