L’attaquant international Kanouté réclame la libération de Sarsak

Al-​​Hadath News, vendredi 15 juin 2012

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L’attaquant inter­na­tional du FC Séville, le Malien Fré­déric Omar Kanouté, a lancé un appel aux auto­rités d’occupation israé­liennes, leur demandant de libérer le foot­balleur pales­tinien Mahmoud Sarsak, en grève de la faim depuis 90 jours pour pro­tester contre son arres­tation inter­venue il y a trois ans sans charges ni procès.

Kanouté a écrit sur sa page per­son­nelle du réseau social "Twitter", « la démo­cratie nécessite l’octroi d’un procès équi­table à Mahmoud Sarsak ou sa libé­ration immédiate ».

Il a tenu à écrire son com­men­taire en trois langues : anglais, français et espagnol, afin de s’assurer que le message arrive au plus grand nombre pos­sible de visi­teurs qui suivent ses nou­velles sur dif­fé­rents sites de réseau social et en par­ti­culier "Twitter".

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Kanouté est connu pour son soutien et sa soli­darité avec la cause pales­ti­nienne. Il n’a d’ailleurs pas hésité à montrer au public le nom de la Palestine inscrit sous son maillot, après avoir marqué un but lors d’un match du cham­pionnat espagnol. Et cela en soli­darité avec les pales­ti­niens suite à l’agression israé­lienne sur Gaza il y a quatre ans.

Mahmoud Sarsak, 25 ans, un résident de Rafah, au sud la bande de Gaza a été arrêté le 22 Juillet 2009 au check­point d’Erez- de Beit Hanoun, lors de son voyage pour rejoindre son club pro­fes­sionnel de foot en Cis­jor­danie. Depuis, il est en détention admi­nis­trative sans accu­sation ni procès, otage des auto­rités israé­liennes qui le consi­dèrent comme « com­battant illégal ».

Israël a inventé ce qua­li­fi­catif lors de la guerre cri­mi­nelle menée contre les civils à Gaza en Décembre 2008 /​ Janvier 2009, ce qui lui permet de détenir des Pales­ti­niens arbi­trai­rement, sans preuves, sans accu­sa­tions et sans procès.

La famille Sarsak considère que Mahmoud, leur fils, est victime d’un enlè­vement illégal par les auto­rités d’occupation qui lui avaient donné aupa­ravant un laissez-​​passer pour se rendre de la bande de Gaza à la Cis­jor­danie mais qu’elles ont ignoré par la suite en l’arrêtant. Sarsak a com­mencé sa grève de la faim le 19 Mars dernier, pour pro­tester contre sa détention pro­longée pour une période de six mois et pour la sixième fois consécutive.

Dans le camp de Sha­boura, les photos de Sarsak rem­plissent les ruelles étroites du camp qui mènent à une tente ins­tallée au centre-​​ville de Rafah d’où part un grand nombre de groupes de jeunes actifs en soli­darité avec le joueur, pour exiger sa libé­ration. Son frère, Imad Sarsak, confirme que Mahmoud n’a rien à voir avec les orga­ni­sa­tions pales­ti­niennes, n’a commis aucun acte de résis­tance armée quand il a été arrêté, il n’avait que son sac contenant seulement « sa tenue et ses chaus­sures de sport ».

Au centre-​​ville de Rafah, dans la tente de soli­darité, aucune affiche appar­tenant à des fac­tions pales­ti­niennes tra­di­tion­nelles n’est visible, seulement des affiches du jeune foot­balleur réclamant sa liberté, aux côtés d’autres affiches de jeunes sportifs et de jeunes syndicalistes.

Les cher­cheurs, dans le domaine des pri­son­niers, indiquent que la grève menée par Sarsak est la plus longue dans l’histoire. En effet, la grève de la faim de Khader Adnan avait duré 77 jours, celle du pri­sonnier irlandais Bobby Sands 66 jours au terme de laquelle il décède le 5 mai 1981 dans une prison britannique.

Traduit par Moncef Chahed, Groupe de travail prisonniers