Israël durcit les conditions de détention des membres du Hamas

NouvelObs, lundi 30 mars 2009

Les pri­son­niers membres du mou­vement isla­miste pales­tinien ont désormais un droit limité en ce qui concerne les visites, l’accès à la cantine, à la télé­vision, à la radio et aux journaux [1].

L’administration péni­ten­tiaire israé­lienne a durci les condi­tions de détention des pri­son­niers membres du mou­vement isla­miste pales­tinien Hamas, a-​​t-​​on appris dimanche 29 mars de source gou­ver­ne­mentale. Le chef de l’administration péni­ten­tiaire Benny Kaniak a informé le gou­ver­nement que les prisons "ont com­mencé à appliquer cer­taines des réso­lu­tions" d’une com­mission établie à l’initiative du ministre sortant de la Justice, Daniel Friedman.

"Réduire des privilèges des prisonniers du Hamas"

Cette com­mission a été créée en vue de "réduire des pri­vi­lèges des pri­son­niers du Hamas et du Jihad isla­mique", selon un com­mu­niqué du ministère de la Justice.

Elle doit sou­mettre dans une semaine ses conclu­sions défi­ni­tives au pro­chain gou­ver­nement qui sera dirigé par le chef du Likoud (droite), Ben­jamin Netanyahu.

En attendant, la com­mission a pré­senté dimanche un certain nombre de recom­man­da­tions concernant des limi­ta­tions au droit à la cantine, à l’accès à la télé­vision, la radio et aux journaux et les droits de visite, sauf en ce qui concerne celle du Comité inter­na­tional de la Croix Rouge (CICR).

Ce dur­cis­sement a été annoncé suite à l’impasse dans les négo­cia­tions pour libérer le soldat franco-​​israélien Gilad Shalit, enlevé en 2006 à la lisière de la bande de Gaza, en échange de plu­sieurs cen­taines de détenus palestiniens.

Des milliers de détenus

Plus de 11.000 Pales­ti­niens sont détenus dans les prisons israé­liennes, dont plu­sieurs mil­liers de membres du Hamas. Ces négo­cia­tions se sont déroulées au Caire pendant plu­sieurs semaines sous les aus­pices de l’Egypte, qui joue le rôle de médiateur. Une orga­ni­sation de défense des doits de l’Homme, le Comité public contre la torture en Israël, a appelé dans une lettre le ministre de la Justice à éviter toute mesure dur­cissant les condi­tions de détention, estimant qu’elle serait "une punition col­lective illégale".

[1] Nous publions le 31 mars la réaction de Denise Hamouri, mère de Salah, à cette dépêche : "Com­mençons par le titre : Israël ne durcit pas les condi­tions de détention des membres du Hamas mais les condi­tions de vie déjà dif­fi­ciles de tous les pri­son­niers. En prison il y a unité et soli­darité et si Israël essaie de diviser pour mieux régner , ça ne fonc­tionne pas der­rière les bar­reaux.

Le lecteur ordi­naire quand il lit ça doit se dire : Ils sont drô­lement bien traités la -bas … ils n’ auraient pas ça chez eux si ça se trouve ".

Les détenus poli­tiques n’ont ni télé­phone ni internet (!),les seuls qui aient accès au télé­phone sont les pri­son­niers de droit commun ou les Israé­liens comme Ygal amir par exemple qui a droit au télé­phone , à des visites conju­gales etc.. il a quand même assassiné Ytzaac Rabbin !

Quant aux visites, on ne dit jamais dans la presse que les familles de Gaza n’ ont pas le droit de rendre visite à leurs pri­son­niers en Israël depuis la capture de Shalit .

Les pri­son­niers n’ ont pas de pri­vi­lèges comme on vou­drait nous le faire croire , ils ont des droits pour les­quels ils se battent depuis très long­temps et ils conti­nueront". Denise Hamouri