Israël/Palestine : l’UE "déterminée" à contribuer à l’initiative de paix française

L’Orient le Jour avec AFP, mardi 21 juin 2016

L’Union européenne, qui s’apprête à recevoir séparément cette semaine le président palestinien Mahmoud Abbas et le chef de l’Etat israélien Reuven Rivlin, s’est dite lundi disposée à contribuer "concrètement" à l’initiative française pour relancer le processus de paix israélo-palestinien.

Lors d’une réunion à Luxembourg, les ministres des Affaires étrangères de l’Union ont apporté leur soutien à l’un des principaux objectifs de la diplomatie française, à savoir organiser une conférence internationale avec les Israéliens et les Palestiniens d’ici la fin de l’année. Une trentaine de ministres et représentants de pays arabes et occidentaux, de l’Onu et de l’UE ont pris part au lancement de cette initiative lors d’une rencontre à Paris le 3 juin dernier.

Mais ni Israël, qui rejette avec force ce projet, ni les Palestiniens, n’avaient été conviés à Paris. Leurs dernières négociations directes remontent au printemps 2014, sous la tutelle du secrétaire d’Etat américain John Kerry, mais elles ont échoué. Sur le terrain, les violences ont repris ces derniers mois.

"L’UE est déterminée, aux côtés d’autres partenaires régionaux et internationaux, à contribuer de manière concrète et substantielle à l’élaboration d’un ensemble de mesures incitant les parties à faire la paix dans la perspective d’une conférence internationale prévue avant la fin de l’année", ont indiqué les ministres des Affaires étrangères réunis à Luxembourg. Ils ont invité la Commission européenne et le service diplomatique de l’UE, dirigé par Federica Mogherini, "à présenter sans tarder des propositions, y compris concernant des mesures d’incitation économiques".

L’UE agite depuis décembre 2013 la carotte d’un paquet "sans précédent" de "mesures de soutien en matière politique et économique et dans le domaine de la sécurité" aux deux parties, si Israël et les Palestiniens scellaient un accord de paix permettant de faire coexister côte à côte deux Etats dans les frontières de 1967.

Le gouvernement israélien a néanmoins réitéré lundi son opposition catégorique à l’organisation d’une conférence internationale, qui, selon un porte-parole, "éloigne plus encore la paix en permettant aux Palestiniens de continuer à éviter à la fois des négociations directes et tout compromis".

Interrogé sur ce rejet, M. Ayrault a assuré que "c’est l’intérêt d’Israël de bouger, d’évoluer. C’est sa sécurité, son avenir qui est en cause, donc on ne peut pas simplement être dans la politique du dos à la mer", a-t-il plaidé. "Nous voulons la sécurité d’Israël, nous voulons l’avenir d’Israël, nous sommes sincères dans cette démarche", a-t-il répété. "Mais il faut faire bouger les choses car sinon le désespoir s’installe", a insisté M. Ayrault.

Le président israélien Reuven Rivlin a débuté lundi une visite de quatre jours à Bruxelles, où il doit rencontrer mardi et mercredi les dirigeants de l’UE et de l’Otan. Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, est par ailleurs attendu en milieu de semaine à Bruxelles, également pour des entretiens avec des hauts responsables européens.

Mais aucune rencontre n’est prévue à Bruxelles entre MM. Abbas et Rivlin, selon des sources diplomatiques.