Demande d’audition de la famille de Salah Hamouri

Nicole Borvo Cohen-​​Seat , Michel Billout, jeudi 19 mars 2009

"Mon­sieur le Pré­sident , vous avez jusqu’à aujourd’hui refusé de recevoir les membres de la famille comme les par­le­men­taires et les sou­tiens de Salah, qui vous l’ont demandé. Pourtant, l’ensemble des familles des Français ayant des « dif­fi­cultés » à l’étranger ont été reçues"

Paris, le 13 mars 2009

Monsieur le Président de la République

55 rue du faubourg Saint Honoré 75008 Paris

OBJET : demande d’audition de la famille de Salah Hamouri

Monsieur le Président,

Vous connaissez la situation de Salah HAMOURI, jeune franco-​​palestinien, empri­sonné depuis le 13 mars 2005 dans les prisons israé­liennes pour des faits qui restent aujourd’hui encore non prouvés.

Certes, un procès s’est déroulé devant le tri­bunal mili­taire israélien d’occupation, à Ofer. Cependant, cette pro­cédure judi­ciaire est lar­gement contestable.

Il faut rap­peler, d’une part, qu’un tri­bunal d’occupation n’a aucune validité légale et qu’à ce simple titre, la France aurait pu agir pour exiger la libé­ration de Salah.

D’autre part, la tenue même de ce procès est injustifiable.

En effet, il a été reproché au jeune Salah Hamouri d’avoir eu l’intention d’attenter à la vie du Rabbin Yossef Ovadia.

Or, le tribunal n’avait aucune charge sérieuse à l’encontre de Salah Hamouri.

Au bout de trois ans d’incarcération aucun délit n’avait été établi, et le procès était dans l’impasse. Les auto­rités fran­çaises, au lieu de demander la libé­ration pure et simple de Salah aux mains d’un tri­bunal illégal, ont plaidé auprès de leurs homo­logues israé­liens pour que ce procès trouve une issue « rapide ».

Cette demande effectuée par votre ministre des Affaires étran­gères, Bernard Kouchner, présent en Israël les 16 et 17 février 2008, a eu un effet immédiat.

Suite à cette inter­vention, le Pro­cureur israélien a proposé à Salah Hamouri de « plaider cou­pable » pour éviter 14 ans de prison.

Il a ainsi été condamné le 17 avril 2008 à 7 ans d’emprisonnement.

Depuis cette date, les auto­rités fran­çaises n’ont tou­jours pas invoqué l’illégitimité de ce tri­bunal pour faire libérer Salah.

Pourtant, pro­noncer une condam­nation sans délit et sans preuve, est contraire aux prin­cipes énoncés dans la Décla­ration Uni­ver­selle des Droits de l’Homme, a for­tiori si le tri­bunal qui la pro­nonce est illégal.

Mon­sieur le Pré­sident , vous avez jusqu’à aujourd’hui refusé de recevoir les membres de la famille comme les par­le­men­taires et les sou­tiens de Salah, qui vous l’ont demandé.

Pourtant, l’ensemble des familles des Français ayant des « dif­fi­cultés » à l’étranger ont été reçues, confor­mément aux enga­gement que vous avez pris de porter assis­tance à tous nos com­pa­triotes et cela « quoi qu’ils aient fait ».

En ce jour du bien triste « anni­ver­saire » des 4 ans de cap­tivité d’un innocent, Salah Hamouri, nous nous per­mettons de vous demander ins­tamment de recevoir la famille et les amis de Salah qui se sont regroupés dans un Comité national de soutien.

Nous vous demandons également d’agir en urgence auprès du Pré­sident israélien pour que Salah soit libéré confor­mément aux règles les plus élémen­taires du droit.

Espérant que vous prendrez les déci­sions qui s’imposent en faveur de notre res­sor­tissant, nous vous prions d’agréer l’expression de notre haute considération.

Nicole Borvo Cohen-​​Seat Michel Billout