Conflit israélo-palestinien : Kerry assistera à la conférence de Paris

Il s’agira de son dernier voyage à l’étranger comme secrétaire d’État, alors qu’il était jusqu’ici hostile à ces discussions internationales.

Le Point avec AFP, mercredi 11 janvier 2017

John Kerry sera à Paris le 15 janvier. © Zach Gibson / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP/ Zach Gibson

Le secrétaire d’État américain John Kerry sera le 15 janvier à Paris à la conférence de paix sur le conflit israélo-palestinien destinée à réaffirmer l’appui de la communauté internationale à une solution à deux États, a annoncé mardi le département d’État. John Kerry, qui quittera ses fonctions le 20 janvier, était jusqu’à ces derniers mois hostile à des discussions internationales pour rechercher une solution à deux États israélien et palestinien. Mais il a échoué en 2014 dans sa médiation pour un dialogue direct entre les deux camps et il a très vivement critiqué ces dernières semaines la colonisation israélienne dans les Territoires palestiniens comme un « obstacle » à la paix. Dans le cadre de son tout dernier voyage à l’étranger comme secrétaire d’État, John Kerry se rendra donc à Paris le 15 janvier pour « assister à une conférence sur la paix au Proche-Orient organisée par le président français François Hollande », a indiqué le porte-parole du département d’État John Kirby.

Le ministre américain avait déjà assisté, en traînant les pieds, à une première réunion ministérielle internationale que Paris avait tenue en juin sur le conflit israélo-palestinien. Cette conférence doit rassembler quelque 70 pays, mais sans les Israéliens ni les Palestiniens, et elle a pour but de réaffirmer le soutien de la communauté internationale à une solution diplomatique au conflit sur la base de deux États. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait qualifié début janvier cette réunion de « stérile », redoutant que les décisions qui y seront prises n’inspirent une nouvelle résolution de l’ONU contre Israël. De fait, le Conseil de sécurité a condamné le 23 décembre pour la première fois depuis 1979 la colonisation israélienne dans les territoires palestiniens occupés par l’État hébreu. Israël a qualifié cette résolution de « honteuse » et Benjamin Netanyahu a dénoncé la responsabilité de Barack Obama, le président sortant des États-Unis, qui se sont abstenus lors de ce vote.

« Grave danger »

Juste avant le nouvel an, John Kerry avait réaffirmé dans un discours en forme de testament politique que la solution à deux États était la « seule voie possible » pour la paix entre Israéliens et Palestiniens et pour un État hébreu démocratique, mais il avait prévenu qu’elle était « en grave danger ». Quelques jours plus tôt, il s’en était pris directement à la droite israélienne et aux colons accusés de faire « obstacle » à la paix. John Kerry quitte le pouvoir, comme l’ensemble de l’administration Obama, sur un constat d’échec du processus de paix israélo-palestinien au point mort depuis deux ans et demi. Le secrétaire d’État s’était impliqué en vain entre juillet 2013 et avril 2014 comme médiateur d’un processus de dialogue entre les deux camps. Plus de 400 000 Israéliens vivent en Cisjordanie dans des colonies que la communauté internationale considère comme illégales et constituant un obstacle majeur à la paix. Outre Paris, John Kerry se rendra du 13 au 18 janvier au Vietnam, où il a combattu dans la marine américaine durant la guerre, à Londres et au forum économique mondial de Davos en Suisse.