Clôture de la Marche de la Liberté pour Gaza

Claude Léostic, Afps, dimanche 3 janvier 2010

Après une semaine de démarches et demandes infruc­tueuses auprès des auto­rités égyp­tiennes pour que la Marche puisse aller à Gaza, les der­nières actions des Mar­cheurs ont eu lieu le 1er janvier au Caire.

Des ini­tia­tives menées tous les jours aux cris de « Free Gaza » ont affirmé la déter­mi­nation des Mar­cheurs à demander la levée du siège et la fin de l’impunité des cri­minels de guerre israéliens.

Mani­fes­tation auprès du Nil, ras­sem­blement en soutien à la grève de la faim menée en soli­darité avec Gaza, veillées aux bougies, ras­sem­ble­ments en soli­darité avec les jour­na­listes et juristes égyp­tiens qui sou­tiennent Gaza et d’autres ini­tia­tives encore, les Mar­cheurs se sont retrouvés par cen­taines chaque jour. Les asso­cia­tions de la coor­di­nation euro­péenne (ECCP) ont réussi à quitter le Caire à bord de 5 bus avant d’être bloqués à 8O km sur la route vers Gaza.

Dans une unique ouverture qui a permis fina­lement aux auto­rités égyp­tiennes de se dédouaner à bon compte, sur pression de l’ambassade des Etats-​​Unis, quelque 80 per­sonnes, prin­ci­pa­lement amé­ri­caines, ont été auto­risées à se rendre à Gaza dans une démarche huma­ni­taire qui n’était abso­lument pas l’objectif de la Marche. Ils ont néan­moins pu se joindre aux Pales­ti­niens qui ont mani­festé à Gaza le 31 décembre.

Côté israélien quelque 2000 mani­fes­tants, paci­fistes israé­liens, Pales­ti­niens d’Israël et Inter­na­tionaux ont aussi marché jusqu’au point de passage d’Erez pour exiger la levée du blocus et de l’occupation.

Pour les Mar­cheurs coincés au Caire, paral­lè­lement aux actions orga­nisées par le Comité de pilotage de la Marche ou des délé­ga­tions spé­ci­fiques, les réunions et démarches se sont aussi succédé, entre nous et auprès de diverses ins­tances, dont nos ambas­sades et l’Union euro­péenne, et les repré­sen­tants de l’Autorité pales­ti­nienne, pour ce qui est de délé­ga­tions européennes.

Nous avons demandé de façon réitérée que nos repré­sen­tants en Egypte appuient de tout leur poids notre demande d’aller à Gaza auprès des auto­rités égyp­tiennes, qu’ils obtiennent pour les 1400 mar­cheurs qui avaient pour seul objectif de marcher à Gaza dont la seule porte d’entrée était l’Egypte, le droit –uni­versel – de se déplacer et de se réunir. Et à tout le moins que les délé­ga­tions euro­péennes puissent aussi se rendre à Gaza, dans une démarche en accord avec les prin­cipes de la Marche. Les réponses dila­toires se sont succédé jusqu’au premier janvier.

C’est donc par trois actions séparées mais animées par une volonté commune que la Marche s’est clô­turée hier : ras­sem­blement de quelques cen­taines de per­sonnes devant l’ambassade d’Israël, pré­sence de quelques dizaines d’Européens devant les locaux de l’Union euro­péenne en appui à la délé­gation qui y pré­sentait nos requêtes (d’appui soutenu et d’action) et nos reproches (que les pro­messes diverses n’aient été que ver­bales) et enfin, à 18h, ras­sem­blement à l’initiative des orga­ni­sa­teurs de la Marche. Sur une place près du musée du Caire, des cen­taines de Mar­cheurs ont fait état de leurs per­cep­tions de cette ini­tiative qui a su ras­sembler des per­sonnes de 42 pays, de culture poli­tique et pra­tiques mili­tantes différentes.

Les Mar­cheurs ont exprimé, bien au-​​delà de leur frus­tration de s’être vu interdire d’aller à Gaza, leur déter­mi­nation ren­forcée à faire primer le droit des peuples. Toutes nations, cou­leurs et cultures confondues, nous avons dit qu’ensemble nous allions continuer ce que cette Marche a entamé, un enga­gement citoyen inter­na­tional pour la justice qui ren­forcera nos actions et cam­pagnes poli­tiques dans nos pays respectifs.

Cette Marche avortée reste un succès car elle a permis, dans un grand élan col­lectif de soli­darité inter­na­tionale, de faire savoir au monde l’injustice colo­niale qui veut faire plier Gaza et qu’elle témoigne de la déter­mi­nation des citoyens du monde à faire pré­valoir le droit sur la force brutale de l’occupation.

Le Caire, 2 janvier 2010

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