Aucun changement tangible sur le terrain…

Communiqué de la municipalité de Beit Sahour, mercredi 6 août 2003

En dépit du retrait israélien opéré dans le dis­trict de Beth­léhem et des décla­ra­tions offi­cielles israé­liennes, aucun véri­table chan­gement n’est constaté dans les Ter­ri­toires Occupés Palestiniens.

Depuis l’entrée en vigueur de la "hudna" (trêve), quelques chan­ge­ments limités ont bien eu lieu tels que le déman­tè­lement d’un barrage dans la région de Beit Sahour (alors que 180 autres bar­rages entravent la libre cir­cu­lation en Cis­jor­danie). Ce barrage en par­ti­culier, ins­tallé sur la prin­cipale route nationale, la seule voie qui autorise les habi­tants du dis­trict de Beth­léhem à cir­culer entre la région A et les autres, empoi­sonnait la vie de l’ensemble des habi­tants pales­ti­niens de la région, notamment des rive­rains. Ironie du sort, cette route s’appelle Wadi Al Nar (la Vallée de l’Enfer)…

En revanche en ce qui concerne la vie quo­ti­dienne des Pales­ti­niens, aucune amé­lio­ration pal­pable. Certes, les auto­rités israé­liennes ont émis quelques permis de travail et quelques auto­ri­sation de cir­cu­lation en Israël pour des raisons com­mer­ciales, mais cela n’a en rien amé­lioré l’existence des Pales­ti­niens qui restent stric­tement entravés dans leurs mou­ve­ments et demeurent assu­jettis aux tour­ments et aux humi­lia­tions "habi­tuelles" lors de leur passage aux "checkpoints".

Avant-​​hier, deux bar­rages ont été réins­tallés à l’intérieur du dis­trict de Beth­léhem et la route prin­cipale de Beith Sahour fermée à la cir­cu­lation. Les raisons de cette punition col­lective sont inconnues à ce jour. Pendant que les médias inter­na­tionaux se foca­lisent sur la "Feuille de route" et la question des pri­son­niers poli­tiques détenus par Israël, il s’avère que la vie et la réalité restent inchangées. Tous les jours, les ins­tru­ments de l’occupation israé­lienne conti­nuent de détruire l’infrastructure pales­ti­nienne et tous les jours des abus sont commis contre le peuple pales­tinien. Si aucun chan­gement n’est res­senti dans leur vie quo­ti­dienne, comment les Pales­ti­niens sont-​​ils sup­posés attendre quoi que ce soit des actuelles négo­cia­tions de paix ?

Rien que ce matin, une déses­pé­rante nou­velle est tombée : un ordre mili­taire a été donné en vue de détruire trois maisons appar­tenant à des habi­tants de Jabal Al Diek. Selon ses termes, les pro­prié­taires ont appris que "votre maison sera démolie car elle a été construite illé­ga­lement et sans permis".

Nous faisons appel à votre aide encore une fois et nous tenons à vous informer que malgré les décla­ra­tions israé­liennes et les négo­cia­tions en cours, la réalité sur le terrain n’est pas ce qu’on vou­drait vous faire croire. Les condi­tions de la Feuille de route ne sont pas res­pectées, la construction de colonies se poursuit, les expro­pria­tions de terres et les démo­li­tions de maisons conti­nuent, notre liberté de mou­vement et de cir­cu­lation est entravée et Israël poursuit ses des­truc­tions de la terre pales­ti­nienne et de notre espoir dans un avenir de paix.

L’Etat d’Israël est tenu, au même titre que les Pales­ti­niens, de se conformer aux exi­gences de la Feuille de route. Mais jusqu’ici rien ne nous permet de nourrir le moindre espoir dans le pro­cessus en cours. En l’absence de résultats concrets sur le terrain, les Pales­ti­niens ne pourront pas continuer à assumer seuls les efforts en vue des négo­ca­tions de paix. L’Etat d’Israël doit maté­ria­liser sur le terrain sa volonté de faire avancer les choses sinon les Pales­ti­niens vont réa­liser qu’une fois de plus ils font les frais d’un accord uni­la­téral qui leur coûte encore davantage de conces­sions et rien à Israël.