Après la rencontre Hollande-​​Abbas

AFPS, dimanche 17 juin 2012

Le Pré­sident François Hol­lande a ren­contré le Pré­sident de l’Autorité pales­ti­nienne, Mahmoud Abbas, le ven­dredi 8 juin. Nous nous en féli­citons de même que des ren­contres qui se sont déroulées, en pré­sence du Premier ministre pales­tinien, avec Jean-​​Marc Ayrault et Laurent Fabius.

Dans un contexte marqué par l’accélération du pro­cessus de colo­ni­sation et de mainmise sur la Cis­jor­danie par le gou­ver­nement Netanyahu-​​Libermann, la France a un grand rôle à jouer dans cette région du monde et ne peut pas continuer, sans danger évident, à main­tenir des posi­tions prises sous la pré­si­dence de Nicolas Sarkozy.

Elle ne peut prôner, sans autre consi­dé­rants, la reprise de négo­cia­tions, dans un seul tête à tête entre Israé­liens et Pales­ti­niens, où le rapport de forces est tota­lement dés­équi­libré au profit de l’occupant. Cette voie c’est celle de l’échec. On ne le voit que trop. D’autant que la direction israé­lienne dit à haute voix, en le mani­festant durement dans les faits, son refus de l’autre, notamment du droit des Pales­ti­niens à dis­poser d’un Etat sou­verain dans les fron­tières de 1967 avec Jérusalem-​​Est comme capitale.

Il faut donc changer de méthode et de politique.

Le dis­cours de François Mit­terrand en 1982 devant la Knesset doit trouver aujourd’hui, il est plus que temps, à s’accomplir concrètement.

Pour que la France soit fidèle aux valeurs qui sont les siennes et joue un rôle « utile » au Proche-​​Orient, elle peut et doit sans attendre recon­naître, par une décision sou­ve­raine, l’Etat de Palestine et déve­lopper avec lui un large par­te­nariat dans tous les domaines.

Cela suppose ensuite que la France s’engage, au Conseil de sécurité, à indiquer sa volonté de voter en faveur de l’admission de la Palestine à l’ONU afin que les 9 voix requises soient enfin dégagées. De même, si la question est posée par les Pales­ti­niens, en cas de blocage amé­ricain à ce niveau, la France doit indiquer qu’elle votera à l’Assemblée générale en faveur de l’admission de plein droit, sans res­triction aucune, de la Palestine, comme Etat « membre obser­vateur » de l’ONU.

La ren­contre Hollande-​​Abbas doit ouvrir un autre chemin pour notre pays. Le chemin du droit et de la justice. Il est, de toute évidence, trop tôt, pour savoir celui qu’empruntera notre pays. Nous sou­haitons ardemment que ce chemin soit tout autre que celui choisi hier.

« Le chan­gement c’est main­tenant ! » Cela doit se vérifier, et très rapi­dement, en par­ti­culier au Proche-​​Orient !

Le Bureau national