A propos de l’exécution de la jeune maman et de son frère sur le check-point de Qalandiya

Ma’an News, jeudi 28 avril 2016

Ramallah - Rapport Ma’an - Les soldats israéliens n’ont laissé aucune chance à la jeune Maram et son frère Ibrahim de rebrousser chemin par méconnaissance des mesures imposées sur le check-point de Qalandiya séparant Ramallah de Jérusalem, et les ont exécutés de sang-froid sous prétexte qu’ils essayaient de commettre une agression au couteau.

Et contrairement à ce que prétendait la police israélienne que la jeune fille, accompagnée d’un jeune homme, portait un couteau, des témoins oculaires de la scène ont déclaré que les deux victimes ont emprunté la mauvaise voie, destinée aux voitures, ce qui a attiré l’attention des soldats qui ont commencé à leur crier dessus en hébreu ; les deux victimes ne comprenant pas ce que les soldats leur demandent, se sont arrêtées. Ibrahim a saisi la main de sa sœur, restée clouée sur place par la peur et a essayé de s’éloigner, mais les soldats ont tiré sur Maram, elle est tombée sur le sol, et quand son frère a essayé de la secourir, ils lui ont tiré dessus, il est tombé à côté de sa sœur. Les soldats les ont laissés saigner jusqu’a ce qu’ils meurent.

Maram, 24 ans, mère de deux filles Sarah, 6 ans, et Remas, 4 ans, était enceinte de cinq mois, elle était accompagnée par son frère Ibrahim pour aller à Jérusalem, après avoir obtenu un laissez-passer pour la première fois, alors que Ibrahim est titulaire d’un certificat de naissance, mais les soldats israéliens ont mis fin à leur vie avec sang froid.

Ahmed Taha, un jeune Jérusalémite, qui a vu ce qui se passait, raconte : « les soldats se sont avancés à hauteur des deux personnes et ils les ont exécutées... Les soldats pouvaient leur ordonner de changer de chemin sans leur tirer dessus, vue la distance qui les sépare d’eux ».

Taha a déclaré que les soldats ont glissé discrètement deux couteaux à côté des deux victimes. Mais la police israélienne a publié une photo de trois couteaux sur les lieux disant qu’ils étaient en leur possession.

Un autre témoin, Ahmed Mohammed, un chauffeur de bus qui était sur les lieux, a confirmé que le soldat était debout derrière un cube de béton, il a tiré sur la jeune fille à une distance de 20 mètres, elle ne représentait aucun danger pour sa vie, ni elle, ni son frère.

Au cours des six derniers mois, 193 palestiniens ont été exécutés, Israël prétend que 130 d’entre eux ont commis des agressions.

Les deux victimes sont du village de Katana, nord-ouest de la ville de Jérusalem, mais Maram qui est mariée habite le village de Beit Surik voisin.

Une ambulance palestinienne est arrivée sur les lieux, mais les soldats israéliens l’ont empêchée de s’approcher et lui ont ordonné de rester à l’écart, alors qu’une ambulance militaire était présente, mais les sauveteurs israéliens attendaient sans bouger la mort des deux victimes.

Après près d’une heure d’attente, ils ont mis les deux corps dans des sacs en plastique et sont partis avec dans l’ambulance militaire vers Jérusalem, où les autorités gardent les corps.

Un incident similaire a failli emporter la vie d’un homme de 60 ans hier sur le même check-point et à la même place, mais ce qui l’a sauvé, c’était sa connaissance de l’hébreu, ajoute Ahmed.

« L’homme a fait la même erreur en empruntant la voie du parking, les soldats l’ont menacé avec leurs armes en lui criant dessus en hébreu de s’éloigner, il leur a répondu qu’il voulait rentrer à Jérusalem, ils lui ont ordonné de se diriger vers l’entrée qui se trouve à proximité, alors il se dirigea vers l’endroit tout en ayant les fusils braqués vers lui. »

Traduit pour l’AFPS par Moncef Chahed