60 ans après l’expulsion

Nicolas Qualander et Mireille Terrin, vendredi 16 mai 2008

Le peuple [pales­tinien] se compose majo­ri­tai­rement de réfugiés, dis­persés à travers la Palestine his­to­rique, la Jor­danie, la Syrie, le Liban, mais aussi dans une dia­spora de plus en plus nom­breuse, tant dans les pays arabes qu’en Europe et aux États-​​Unis

Le 29 novembre 1947, l’Assemblée générale des Nations unies vote la par­tition de la Palestine en deux États, juif et arabe, cou­ronnant un long pro­cessus de colo­ni­sation entamé par le mou­vement sio­niste dès le début du xxe siècle. En mai 1948, l’État israélien est établi sur 78 % de la Palestine his­to­rique. L’expulsion de 800 000 Pales­ti­niens, en 1948, la des­truction de 531 vil­lages, les poli­tiques de net­toyage eth­nique des milices sio­nistes, la Haganah et l’Irgoun, dont une série de mas­sacres tel celui du village de Deir Yassin, le 9 avril 1948, restent les sym­boles, 60 ans après, de la négation des droits du peuple pales­tinien. Aujourd’hui, ce peuple se compose majo­ri­tai­rement de réfugiés, dis­persés à travers la Palestine his­to­rique, la Jor­danie, la Syrie, le Liban, mais aussi dans une dia­spora de plus en plus nom­breuse, tant dans les pays arabes qu’en Europe et aux États-​​Unis. Pour tous ces réfugiés, mais aussi pour les Pales­ti­niens d’Israël et la popu­lation des ter­ri­toires occupés, le droit au retour est un droit essentiel, la reven­di­cation uni­fi­ca­trice de toute la société palestinienne.

Soixante ans de poli­tique colo­niale, c’est aussi 60 ans de résis­tance pales­ti­nienne, pour ses droits nationaux. Le 17 mai, deux ini­tia­tives com­mé­mo­reront la Nakba, la « Catas­trophe » de l’expulsion de 1948 : à 13 heures, une mani­fes­tation pour le droit au retour, dont la LCR est signa­taire, partira du métro Barbès, à Paris et, à partir de 16 heures, un grand débat-​​concert se tiendra à la Porte de Ver­sailles. Il est important que ces deux ini­tia­tives soient une réussite : alors que Nicolas Sarkozy a annoncé sa pré­sence à Tel Aviv, en juin, pour les céré­monies qui célè­breront la spo­liation du peuple pales­tinien, le mou­vement de soli­darité se doit de faire entendre une autre voix, pour l’autodétermination et le droit au retour, une voix inter­na­tio­na­liste et soli­daire des résis­tances palestiniennes.