227 prisonniers palestiniens libérés mais pas Salah Hamouri !

Jean Claude Lefort, jeudi 18 décembre 2008

Il n’y a pas mille ques­tions à se poser pour expliquer cette situation : si notre com­pa­triote est tou­jours en prison c’est que les auto­rités fran­çaises n’ont pas exigé sa libération.

Dans un geste qui a été déclaré « de soutien à Mahmoud Abbas », les auto­rités israé­liennes viennent de libérer 227 pri­son­niers pales­ti­niens sur les 11.000 qui sont tou­jours incar­cérés dans les prisons de la force occu­pante des Ter­ri­toires palestiniens.

Dès que cette décision de M. Olmert a été annoncée, il y a plu­sieurs semaines, nous sommes inter­venus avec insis­tance auprès des diverses auto­rités fran­çaises, de manière per­son­nelle ou col­lective, pour que notre com­pa­triote Salah Hamouri fasse partie impé­ra­ti­vement de ces libérations.

Mais Salah Hamouri est tou­jours en prison. Il n’y a pas mille ques­tions à se poser pour expliquer cette situation : si notre com­pa­triote est tou­jours en prison c’est que les auto­rités fran­çaises n’ont pas exigé sa libération.

C’est un scandale poli­tique de plus dans cette affaire dont elles portent l’entière res­pon­sa­bilité, à com­mencer par le Pré­sident de la Répu­blique en per­sonne et son ministre des Affaires étran­gères. Lourde est ainsi confirmée une fois de plus leur irresponsabilité.

Salah Hamouri est un jeune franco-​​palestinien de nais­sance mais non pas de droit. Habitant Jéru­salem, sa natio­nalité pales­ti­nienne lui est refusée par ceux-​​là même qui occupent mili­tai­rement la partie de la ville où il demeure. Il est donc juri­di­quement français et uni­quement français. Notre pays a donc des devoirs par­ti­cu­liers indis­cu­tables à son endroit.

D’autant plus que Salah Hamouri n’a commis stric­tement aucun acte délic­tueux, encore moins d’acte criminel. Rien, aucune preuve, aucun fait n’est venus étayer l’accusation ignoble du tri­bunal mili­taire israélien occupant qui l’a condamné à 7 ans de prison après avoir exercé sur lui un chantage honteux, digne du sinistre système dit « des aveux » connu par ailleurs en d’autres temps et en autres lieux.

Tout cela les hauts res­pon­sables français le savent par­fai­tement. Mais à l’inverse de Gilad Shalit qui est dans une toute autre situation – il a été capturé en uni­forme sur son char durant une opé­ration de guerre – dont ils demandent haut et fort la libé­ration sans condition, les auto­rités fran­çaises acceptent lâchement l’inacceptable pour Salah Hamouri et ils se plient lamen­ta­blement aux desi­derata des auto­rités israé­liennes occupantes.

Pour Salah ce n’est pas la libé­ration qui est demandée offi­ciel­lement. Pour lui c’est « le bâillon pour la bouche et pour la main le clou. »

Si les auto­rités fran­çaises renoncent ainsi à leurs devoirs les plus élémen­taires, si elles sou­haitent qu’un silence épais entoure cette affaire dans laquelle elles se montrent indignes, cela ne peut nous amener à accepter pour autant que le droit et la liberté s’appliquent partout sauf en Israël. Etre ami de ce pays ne veut pas dire lui être soumis. C’est pourtant cette voie qui a été volon­tai­rement, et depuis le début, choisie par les auto­rités fran­çaises. Salah est un otage de cette poli­tique incon­si­dérée. Salah est aussi fina­lement l’otage de la France, lui qui est un Français.

Que les res­pon­sables de notre pays délaissent ainsi déli­bé­rément le combat pour les libertés et la justice, signe leur ali­gnement sur la poli­tique d’occupation israé­lienne. Cela ne peut que nous encou­rager à pour­suivre notre juste combat : liberté pour Salah ! Nous n’aurons de cesse de nous faire entendre en ce sens.

Alors que les fêtes de Noël approchent ainsi que celles de fin d’année nous pensons à Salah en prison et nous l’assurons, ainsi que sa famille, de notre soli­darité active et de notre déter­mi­nation à pour­suivre notre juste combat pour sa libération.

Ainsi, grâce à notre mobi­li­sation diverse et amplifiée, il sera mani­festé que la France n’a pas renoncé à être la France. Quand tant lui tournent le dos nous lui restons fidèles en défendant, sans œillères d’aucune sorte, les droits de l’Homme. Salah Hamouri est un symbole de ce combat que nous ne déser­terons pas à l’inverse de ceux qui gouvernent.

Jean-​​Claude Lefort Député honoraire Le 16 décembre 2008