Photo : raid de l’armée israélienne dans les bureaux de plusieurs ONGs palestiniennes à Ramallah le 13 octobre 2026. Capture d’écran Al Jazeera.
Les forces israéliennes ont mené une descente dans les locaux de deux organisations non gouvernementales (ONG) palestiniennes et dans la cour d’un complexe médical palestinien en Cisjordanie occupée.
Mardi, les forces israéliennes ont perquisitionné les locaux de l’Union des comités de femmes palestiniennes et de l’Association Addameer pour le soutien aux prisonniers et les droits humains, dans la ville de Ramallah.
Des tireurs d’élite israéliens ont également été déployés autour des entrées du Complexe médical palestinien à Ramallah, a rapporté l’agence de presse officielle palestinienne Wafa.
Cet hôpital est le plus grand établissement médical public de Cisjordanie.
En direct de Ramallah, Nida Ibrahim, journaliste d’Al Jazeera, a indiqué que les forces israéliennes confisquaient du matériel appartenant à Addameer, une ONG qui défend les droits des prisonniers.
« Les forces israéliennes mènent une descente dans l’un des locaux appartenant à Addameer. Cette ONG a déjà été fermée par les forces israéliennes. Elle est considérée par l’armée et les autorités israéliennes comme une organisation terroriste » a déclaré Nida Ibrahim.
« Il s’agit d’un raid mené en plein jour dans le centre de Ramallah, qui sème une grande panique. Des Palestiniens ont [actuellement] des enfants à l’école. D’autres ont [des proches] au travail. Les gens sont inquiets car ils savent que les forces israéliennes peuvent ouvrir le feu sur eux. Cela s’est déjà produit plus tôt : les forces israéliennes ont tiré des grenades assourdissantes sur des journalistes qui couvraient ce raid. »
Al Jazeera Arabic a également rapporté qu’un journaliste avait été blessé après que les forces israéliennes ont tiré des gaz lacrymogènes pendant les attaques. Selon Wafa, les forces israéliennes ont interpellé quatre autres journalistes à Hébron. Les photojournalistes Hazem Badr, Musa Qawasmi, Musab Shawar et Mamoun Wazwaz ont été interpellés à l’est de la ville d’Idnha et empêchés de mener à bien leurs missions de reportage.
Le ministère palestinien de la Santé a indiqué qu’un enfant avait été blessé par des balles réelles israéliennes et que plusieurs autres personnes avaient souffert d’étouffement en raison des raids en cours à Ramallah et à el-Bireh.
Le raid contre les ONG est le dernier épisode en date d’une campagne d’agression israélienne contre les organisations de la société civile palestinienne.
En 2021, Israël a désigné six organisations palestiniennes, dont Addameer et l’Union des comités de femmes palestiniennes, comme des organisations "terroristes".
À l’époque, le ministère israélien de la Défense avait affirmé que ces organisations utilisaient le militantisme comme couverture, mais qu’« en réalité, elles appartiennent au Front populaire de libération de la Palestine et en constituent une branche, dont l’activité principale est la “libération de la Palestine” et la destruction d’Israël ».
Fondée en 1991, Addameer œuvre en faveur des prisonniers palestiniens détenus dans les prisons israéliennes et palestiniennes, en leur offrant une aide juridique gratuite et en défendant leurs droits aux niveaux national et international, conformément à sa déclaration de mission.
L’Union des comités de femmes palestiniennes a été fondée en 1980 pour autonomiser les femmes palestiniennes à tous les niveaux et pour « contribuer à la lutte nationale palestinienne contre l’occupation illégale des territoires palestiniens par l’armée israélienne », selon sa page Facebook.
Traduction : AFPS




