Photo : Conseil européen. Crédit : présidence irlandaise du conseil européen.
Le Conseil européen a averti les entreprises qu’elles pourraient subir des « conséquences juridiques, économiques et en termes de réputation » si elles s’impliquaient dans la construction de colonies dans la zone E1 (East 1) en Cisjordanie occupée par Israël.
Cette intervention majeure, prononcée vendredi par l’organe qui définit l’orientation politique de l’Union européenne, est intervenue quelques jours seulement avant la date limite du 19 octobre fixée pour le dépôt des offres dans le cadre d’un des appels d’offres relatifs à la construction de la colonie E1.
Le projet de colonie E1 du gouvernement israélien prévoit la construction de milliers de nouveaux logements entre Jérusalem et la colonie existante de Maale Adumim, située en Cisjordanie, à 7 km à l’est de la ville.
Il vise à relier les colonies de Cisjordanie à Jérusalem-Est occupée et aurait pour effet de couper la Cisjordanie en deux, rendant ainsi impossible la création d’un État palestinien.
Le Conseil européen a exhorté « Israël à mettre immédiatement un terme à l’expansion des colonies, qui sont illégales au regard du droit international, notamment en retirant son appel d’offres pour la construction dans la zone E1. »
Le Conseil a ajouté « que les entreprises ne devraient pas soumissionner pour des marchés de construction concernant E1 ou d’autres projets de colonisation, et souligne les conséquences juridiques, économiques et en termes de réputation pour les entreprises et les institutions financières participant à la construction de colonies, y compris le risque de violations graves du droit international. »
Les conclusions publiées par le Conseil sont approuvées par les dirigeants de tous les États membres de l’UE.
L’avertissement du Conseil fait suite à l’entrée en vigueur, en début de semaine, des sanctions britanniques contre les colonies israéliennes, qui comprennent notamment des sanctions à l’encontre des organismes impliqués dans le financement de la construction de ces colonies.
Haaretz a rapporté la semaine dernière que les banques israéliennes craignaient d’être affectées par les sanctions britanniques.
Middle East Eye a largement rendu compte des liens entre des entreprises et des associations caritatives basées au Royaume-Uni et des projets de colonisation à Jérusalem-Est occupée et en Cisjordanie.
Au début du mois, le procureur général d’Israël a ordonné que l’annonce des soumissionnaires retenus soit reportée jusqu’après les prochaines élections législatives israéliennes.
La date limite de dépôt des offres pour l’un des appels d’offres E1 est fixée à lundi prochain, tandis que l’appel d’offres pour un autre projet devrait s’ouvrir le 25 octobre et celui d’un troisième en novembre.
« Nous devrions avoir la même position de principe »
L’Union européenne a déjà averti que le projet E1 compromettait fondamentalement les perspectives d’une solution à deux États.
Par ailleurs, les attaques de colons contre des Palestiniens se multiplient.
Samedi, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) a indiqué que près de 200 attaques perpétrées par des colons dans le cadre de la récolte des olives en Cisjordanie avaient fait des victimes ou causé des dégâts matériels depuis le début de l’année.
Une vidéo diffusée en ligne cette semaine montrait la journaliste du Washington Post, Heidi Levine, jetée à terre et frappée à plusieurs reprises à coups de bâton par des colons.
La chef de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a déclaré le mois dernier que l’UE devrait traiter les colonies israéliennes illégales dans les territoires palestiniens occupés de la même manière qu’elle traitait l’occupation de la Crimée par la Russie.
« La question est : que faisons-nous à ce sujet ? Si l’on prend l’exemple de l’occupation de la Crimée, la situation était très claire : c’est illégal, nous ne la reconnaissons pas, ce qui signifie que nous cessons tout commerce avec les produits provenant de Crimée » a déclaré Mme Kallas.
« Nous devrions adopter la même position de principe – nous savons tous que c’est illégal, tout le monde est d’accord là-dessus – et donc cesser tout commerce avec les territoires [palestiniens] occupés », a-t-elle fait valoir.
Traduction : AFPS




