Photo : Les ministres d’extrême droite israéliens Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich © utilisateur X
La Commission électorale centrale israélienne a rejeté jeudi les requêtes visant à exclure les partis d’extrême droite Otzma Yehudit, Sionisme religieux et Zehut de la course aux prochaines élections à la Knesset, au motif que ces partis porteraient atteinte à la démocratie et inciteraient au racisme. Cette décision permet également à Zehut, parti dirigé par l’ancien député du Likoud Moshe Feiglin, de se présenter conjointement à la Knesset avec le Sionisme religieux.
Le parti du ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, a échappé de justesse à un vote visant à l’exclure : 11 voix se sont prononcées contre son exclusion, 10 en faveur et une s’est abstenue. Le parti « Sionisme religieux » du ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a recueilli 21 voix contre son exclusion, tandis que seules trois voix ont soutenu les requêtes.
La commission devrait examiner, dans le courant de la journée de jeudi, une requête déposée par le parti Otzma Yehudit du ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, visant à exclure les Démocrates (centre-gauche). La procureure générale, Gali Baharav-Miara, a déclaré qu’il n’existait aucun fondement juridique permettant d’exclure l’un des partis examinés par la commission.
La composition de la commission reflète celle de l’actuelle Knesset, ce qui confère une majorité à la coalition au pouvoir. Elle devrait donc approuver la demande d’exclusion des Démocrates tout en rejetant celles visant les partis de droite. Ses décisions pourraient faire l’objet d’un recours devant la Cour suprême, qui a traditionnellement fixé des critères plus stricts et dont la décision est sans appel quant à l’exclusion d’un parti des élections.
Gilad Kariv, député du Parti démocrate, a déclaré que la disqualification ne devait être utilisée que dans des cas extrêmes, mais a fait valoir que l’idéologie d’Otzma Yehudit était ancrée dans le racisme et s’inscrivait dans la lignée du mouvement Kach, interdit, fondé par Meir Kahane. L’avocat Omri Segev, représentant les Démocrates, a également accusé le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, de politiser la police, de cibler les manifestants antigouvernementaux et de promouvoir des officiers ayant recouru à la violence contre des manifestants.
Maître Gilad Barnea, représentant l’Institut Zulat, a fait valoir qu’Otzma Yehudit et le Sionisme religieux devaient être interdits pour avoir porté atteinte au système démocratique israélien. Il a déclaré que Ben-Gvir était la « force motrice » d’Otzma Yehudit et que ses déclarations et ses actes devaient être imputés au parti dans son ensemble.
Une représentante de la procureure générale Gali Baharav-Miara a toutefois déclaré que les preuves présentées plaçaient Otzma Yehudit « dangereusement près » du seuil légal de disqualification, mais qu’elles ne constituaient pas la « masse critique » requise pour exclure le parti. Neta Oren a précisé que les allégations concernaient principalement Ben-Gvir, alors que le parti compte 35 candidats et qu’aucun comportement similaire n’avait été attribué aux autres.
Otzma Yehudit, de son côté, a cherché à faire disqualifier les Démocrates, les accusant de racisme et de nier l’existence d’Israël en tant qu’État juif et démocratique. Le parti a cité les propos tenus par le passé par son chef, Yair Golan, au sujet des colons de Homesh et des ultra-orthodoxes, ainsi que son engagement à fermer la chaîne 14, ce qui, selon lui, menaçait la liberté d’expression et la liberté de la presse. Il a également évoqué les appels de Yair Golan à la désobéissance civile et au refus de service des réservistes lors des manifestations contre la réforme judiciaire du gouvernement.
Mercredi, la commission a voté la disqualification du député du Hadash, Ofer Cassif, et du président du Balad, Sami Abu Shehadeh, les empêchant ainsi de se présenter aux élections. Elle a également voté la disqualification des listes électorales de la Liste arabe unifiée et de la Liste commune.
La disqualification de Cassif a été motivée par le fait qu’il rejette l’existence d’Israël en tant qu’État juif et démocratique, tandis qu’Abu Shehadeh a été disqualifié au motif qu’il soutient la lutte armée ou une organisation terroriste contre Israël.
La commission a voté l’exclusion de la Liste arabe unifiée et de la Liste commune pour des motifs incluant le rejet de l’existence d’Israël en tant qu’État juif et démocratique et le soutien à la lutte armée contre ce dernier. La Liste arabe unifiée a également été disqualifiée pour incitation au racisme.
En vertu de la Loi fondamentale israélienne sur la Knesset, les candidats et les listes électorales peuvent être exclus des élections s’ils rejettent l’existence d’Israël en tant qu’État juif et démocratique, s’ils incitent au racisme ou s’ils soutiennent la lutte armée menée par un État ennemi ou une organisation terroriste contre Israël.
Les demandes visant à disqualifier Otzma Yehudit font valoir, entre autres, que ce parti est le successeur idéologique du mouvement Kach, qui avait auparavant été exclu des élections à la Knesset en raison de son idéologie raciste. Les requêtes soutiennent que les positions défendues par les candidats d’Otzma Yehudit, dont Ben-Gvir, nient les droits des citoyens arabes d’Israël et sont incompatibles avec le caractère démocratique du pays.
Traduction : AFPS




