Association France Palestine Solidarité

Menu
  • L’association
    • Charte et statuts
    • Groupes locaux
    • Nos partenaires
    • Lettre d’information
    • Faire un don
    • Adhérez
    • Revue de l’AFPS, Palestine Solidarité
  • Actions
    • Campagnes
    • Évenements soutenus
    • Projets en Palestine
    • Missions en Palestine
    • Pétitions
    • Parrainages
    • Produits palestiniens
  • Informations
    • Actualités
    • Analyses
    • En direct de Palestine
    • Témoignages
    • Communiqués
    • Culture
    • Publications de l'AFPS
  • Références
    • Repères historiques
    • Rapports
    • Cartes
  • Mobilisation
    • Campagnes
    • Échos du national
    • Échos des groupes
    • Matériel militant
    • Appel et pétitions
    • Agenda
  • Thématiques
Accueil > Informations > Analyses > La Palestine, Nakba continue
Analyses
vendredi 23 octobre 2026
Palsol n°98 par Naji El Khatib

La Palestine, Nakba continue

De nos jours, les "espoirs" d’une partie du peuple palestinien d’établir un État dans les territoires occupés de 1967 se sont révélés purement illusoires, et le projet dit faussement de "solution à deux États" a abouti à l’établissement d’un seul État, de la rivière à la mer  : un État d’apartheid, de colonisation assumée, avec des hordes sauvages et fascisantes de colons qui grignotent la terre "promise" pour un État supposé de la Palestine.

Selon le journal israélien Haaretz du 7 août 2026, dans le gouvernorat de Jénine, 52 % du territoire a été spolié par les colons sous la protection de l’armée d’occupation. Dans celui de Tubas et de la vallée du Jourdain Nord, 83 % ont été conquis ; dans celui de Tulkarem, 78 % ; dans celui de Naplouse, 82 % ; dans celui de Qalqilya, 97,6 % ; dans celui de Salfit, 89,1 % ; dans celui de Ramallah et d’Al-Bireh, 88,5 % ; dans celui de Bethléem, 92,4 % ; et dans celui de Hébron, 75 %, qui sont conquis définitivement. Il ne reste plus rien de ces 23 % de la Palestine pour ériger un État .

La Nakba en cours vise essentiellement à terminer ce qui s’est passé en 1948  : l’accomplissement du projet sioniste originel en transformant la Palestine en État-nation juif exclusif. C’est un projet de colonisation de peuplement dans lequel le sort réservé aux autochtones consiste en un nettoyage ethnique intégral, soit par les massacres, soit par une expulsion massive des populations natives.

L’élite dirigeante palestinienne, obéissante aux impératifs de la realpolitik (liée aux rapports de force), a occulté la radicalité coloniale du projet sioniste en imposant aux "communautés palestiniennes" l’acceptation des changements profonds de la Charte nationale palestinienne et en reconnaissant la légitimité de l’État d’Israël, contre la reconnaissance, par ce dernier, de l’OLP et non par les droits des Palestiniens dans leur ensemble à l’autodétermination.

Les 900 pages des Accords d’Oslo de 1995 ne contiennent, pas une seule fois, les deux mots "État palestinien", malgré les déclarations optimistes des dirigeants palestiniens selon lesquelles l’État de Palestine serait au rendez-vous au bout de cinq ans. La manœuvre avait pour but de créer de faux espoirs et faire avaler à toutes les communautés palestiniennes l’acceptation de ce compromis unilatéral, en profitant d’une frustration ancienne pour avoir son propre État, un passeport et une carte d’identité. Cette tromperie, qui a semblé offrir la possibilité de créer un État palestinien et d’arracher aux Israéliens des concessions concernant le droit au retour, n’avait qu’un seul but  : créer de faux espoirs pour les communautés de réfugiés exclues du champ politique national palestinien par ces Accords, et masquer également le fait que la reconnaissance d’Israël signifiait pratiquement le renoncement au droit de retour pour les réfugiés.

Personnellement, j’ai eu du mal à me positionner à l’époque des Accords d’Oslo. D’une part, étant issu d’une famille de réfugiés, je me suis senti profondément trahi et, d’autre part, en globalisant les besoins existentiels partagés par toutes les communautés palestiniennes pour une entité étatique palestinienne reconnue et réelle sur une partie de la Palestine mandataire, j’ai participé à cet élan enthousiaste, dopé par un mensonge bien élaboré. Ça a été pour moi un état de confusion et de déchirement.

Au bout du compte, et après plus de 30 ans, des dizaines d’années de négociations absurdes et surréalistes, des bouleversements de l’ordre régional au Moyen-Orient, le renoncement au droit au retour n’a nullement amené le moindre État palestinien, mais un État unique, de la rivière à la mer  : celui de l’État d’Israël. Les concessions palestiniennes se sont révélées tragiquement vaines.

Dans ce contexte, il faut rappeler qu’avant Oslo, l’OLP avait déjà amorcé un virage inquiétant vers le renoncement aux "constantes nationales palestiniennes". En 1974, sous les pressions convergentes des régimes arabes et des États-Unis, l’OLP a adopté le "programme de 10 points", renonçant à l’ultime but de la lutte nationale pour l’autodétermination, au Droit au Retour et à l’établissement d’un État démocratique et laïque dans lequel la citoyenneté politique serait exempte de toute discrimination raciale, religieuse, linguistique ou culturelle.

Le programme de 10 points a été le trophée des contrevérités nécessaires pour forcer l’adhésion du peuple palestinien à ces changements cruciaux. Une machine de guerre idéologique et une complicité des élites qui comptaient paradoxalement une bonne portion des leaders politiques issus des communautés de réfugiés (Mahmoud Abbas, originaire de Safad, en est l’exemple parfait).

Au cours des années 80 et 90, un changement culturel est intervenu dans la littérature de l’OLP pour opérer une rupture radicale avec l’idée d’une Palestine démocratique et laïque héritée des années quarante, avant la création de l’État d’Israël. Il s’agissait d’une dissidence politique au cœur de la pensée politique palestinienne. Ce changement a abouti à l’existence d’un nouveau courant de pensée politique et idéologique, qui soutenait que la chute d’Israël résidait dans la paix - l’imposer ou l’assiéger par la paix. L’idée principale est que cette approche (et cela n’implique pas de remettre en question le patriotisme de ses partisans) considérait cette "paix" comme une voie d’accès à la transformation d’Israël en un État "normal", lui permettant ainsi de renoncer à son statut privilégié de supériorité exceptionnelle (dont la caractéristique la plus marquante est son suprémacisme ethnique et raciste).
Il en résultait un appel à "approfondir" les relations avec la soi-disant "gauche" israélienne (en omettant délibérément le terme "sioniste"), et cette alliance entre les forces pacifistes palestiniennes et israéliennes, avec l’appui du reste des peuples libres du monde solidaire, était censée garantir l’établissement d’un État palestinien à côté de l’État d’Israël.

C’est avec cette "gauche" imaginaire qu’Arafat a signé les Accords d’Oslo, alors qu’elle n’a été et est toujours une gauche sioniste. La montée de l’extrême droite religieuse fascisante de Netanyahu, Smotrich et Ben-Gvir trouve ses racines dans la même appartenance au sionisme des pères fondateurs.

Le consensus de toute une société "spartiate" et vengeresse, avec toutes ses variantes (gauche, droite, centre, laïque, libérale, religieuse, ashkénaze, séfarade), autour du slogan ("Kill them all"), en génocidant le peuple palestinien à Gaza et en préparant l’expulsion massive des Palestiniens de Cisjordanie, est révélateur de cet endoctrinement collectif autour du projet sioniste originel.

Les chiffres disent tout  : parmi les Israéliens juifs interrogés, plus de 80 % soutiennent le génocide à Gaza et, dans un autre sondage, nous trouvons que  :
– 67,9 % s’opposent à un État palestinien (24 % pour) ;
– 86,1 % s’opposent à un État binational garantissant l’égalité des droits (6,4 % pour) ;
– 55,5 % s’opposent à une annexion assortie de droits limités pour les Palestiniens (32,8 % sont pour). 

Ces chiffres ont démenti les illusions cultivées par une partie de l’élite politico-culturelle palestinienne sur une éventuelle bataille victorieuse pour la paix. Ils ont déçu tous les espoirs infondés sur la création d’un État palestinien, mais aussi, ils font fissurer les fondements du courant de l’État de ses citoyens unique, démocratique et laïque (le courant dit ODS One Democratic State, dont je fais partie).

Il est vrai que ce courant a des approches divergentes et qu’il est politiquement hétérogène. Comme aucun de ses composants n’a osé nommer ce qu’est l’État unique, à quoi il ressemblera, sa forme, sa nature et son nom… rien du tout, si ce n’est qu’il sera "démocratique"… sans remarquer que le terme "démocratie" est fondamentalement une expression "technique" du mécanisme d’accès au pouvoir (tout comme Hitler est arrivé au pouvoir auparavant par les "élections"… tout comme Benjamin Mileikowsky dit Netanyahou et Narendra Modi y sont arrivés, ainsi que Poutine et bien d’autres).

Les difficultés de ce courant ODS ont été aggravées par le génocide à Gaza. L’État unique recherché par Israël est là  : l’État d’apartheid et de ségrégation ethnique et de "suprémacisme juif", flagrant et sans aucun make-up.

Le courant ODS s’oppose à l’idée même de la légitimité de l’État pour le peuple juif exclusivement car il s’agit d’un État ethniquement et religieusement homogène. Dans cet État unique et raciste, la question de la suprématie constitutionnelle et juridique accordée à un seul peuple - droit exclusif à l’autodétermination et à la possession de la "terre d’Israël", droit d’immigrer et de s’installer sur l’ensemble du territoire entre la Méditerranée et le Jourdain - au détriment d’un autre peuple natif. Défendre l’État exclusivement juif réduit les Palestiniens au statut de sujets déshumanisés, livrés à toutes les violences, au génocide, à la déportation ainsi qu’aux privations et à tous les abus imaginables.

Les conséquences de la guerre d’extermination ne seront plus les mêmes

Après le génocide à Gaza, nous ne pouvons plus nous concentrer uniquement sur le rôle de l’État sioniste dans la Nakba palestinienne en cours et sur la nécessité de démanteler cet État raciste pour le remplacer par un État démocratique pour tous, c’est-à-dire avec la participation de la population juive vivant en Palestine mandataire. La guerre d’extermination n’était pas le seul fait de l’État et de ses institutions militaires et sécuritaires ; elle impliquait également la forte participation des "civils" de cette communauté (ou société) juive, dans tous ses aspects.
Leur participation directe au génocide et leur soutien déclaré à l’effacement du Palestinien, de son existence physique, et non seulement politique, ont mis à nu cette "sphère civile", la dépouillant de toute apparence d’" innocence" naturelle que l’on pourrait théoriquement lui supposer.

Ainsi, la situation est revenue à son état initial  : le projet sioniste de colonisation, de déplacement et de racisme est un projet dans lequel l’État partage le pouvoir avec cette société qu’il a façonnée "sur mesure", selon ses besoins immédiats et futurs. Ce retour à la réalité concrète de cette confrontation fatidique entre les projets palestinien et sioniste a ravivé notre conscience de la nature de la phase post-génocide  : nous sommes toujours bloqués là où nous (le courant ODS) rêvions de la dépasser  : la lutte pour un État démocratique pour tous, puisqu’il n’existe pas de "tous" qui nous unisse.

Autrement dit, nous n’avons pas encore dépassé le stade du projet national, qui s’efforce de résister aux tentatives de son adversaire d’anéantir totalement et définitivement l’existence physique des Palestiniens.

Une relecture critique des principes fondamentaux du projet national - libération, retour et un État pour tous - est légitime malgré le contexte défavorable. Une révision et une contextualisation liées aux faits et à la réalité de l’adversaire ne relégueront pas une idée noble, comme la solution à un seul État démocratique, aux oubliettes de l’histoire.

Simplement, cela la reléguera à un rôle secondaire dans l’agenda programmatique du projet national, la privant de son statut prioritaire en l’absence de l’Autre (le partenaire juif israélien). Un programme politique pour l’État unique démocratique et laïque est devenu illusoire après le génocide. Un programme politique fiable consiste actuellement en la mobilisation de toutes les forces pour le maintien des Palestiniens sur leurs terres.

Autrement dit, nous n’avons pas encore atteint cette étape espérée et souhaitée (ou fantasmée) d’une unité de destin palestino-israélien. La conception politique tolérante et démocratique - ni nationaliste, ni religieusement exclusive - porte un message noble dans sa réflexion théorique sur les possibilités de coexistence sous l’État de droit. Cependant, ses nobles qualités humanistes ne permettent pas d’apporter une réponse politique viable concernant le partenaire manquant qui rêve de l’anéantissement final de son adversaire existentiel (le Palestinien). La violence endémique, raciste et expansionniste, qui ne cherche pas à dissimuler ses crimes mais les affiche avec fierté, frappe au cœur même de cette conception, la dépouillant de toute valeur politique concrète et la reléguant au domaine du discours, détachée de la réalité vécue. Puisque la pratique politique est à la fois "discours" et "action", l’idée d’une lutte pour un État démocratique unique ne peut se concrétiser tant que cette équation est déformée. La lutte palestinienne actuelle est avant tout une lutte pour la survie ; ensuite, une lutte pour la libération ; et enfin, une lutte pour le retour.

Ainsi, le droit à l’autodétermination demeure au cœur du projet national palestinien, un droit qui ne sera pleinement réalisé que lorsque la Palestine sera libérée et que son peuple sera de retour sur ses terres. Dès lors, le sumud (la résilience), la libération et le retour sont les maîtres mots de cette lutte, même si l’on reconnaît que la réalisation ultime du droit à l’autodétermination du peuple palestinien pourrait passer par l’établissement d’un État d’égalité et de citoyenneté avec les autres membres de cette société ex-coloniale.

La réalisation de ce processus historique d’autodétermination ne passera pas seulement par le démantèlement de l’appareil de l’État sioniste, mais aussi par celui des structures socioculturelles instaurées par le mouvement sioniste sur la terre de Palestine.

Naji El Khatib,
professeur et chercheur en sociologie, réfugié, Naplouse-Paris

Partager

À LA UNE

Communiqués
jeudi 22 octobre 2026
Communiqué de l’AFPS

Procès à charge contre Rima Hassan : l’apologie du terrorisme comme prétexte

Communiqués
mercredi 9 septembre 2026
Communiqué de l’AFPS

Restriction du commerce avec les colonies israéliennes : un premier pas de la France qui en...

Pétitions et appels
mardi 22 septembre 2026
Campagne Zaytoun2026

Venez soutenir la récolte d’olives palestinienne et la résistance contre le nettoyage ethnique...

Echos du National
mardi 20 octobre 2026
Appel des forces progressistes du Loiret et de 72 organisations dont l’AFPS

Mobilisation nationale contre le racisme, le fascisme et l’impérialisme

  • L’association
    • Charte et statuts
    • Groupes locaux
    • Nos partenaires
    • Lettre d’information
    • Faire un don
    • Adhérez
    • Revue de l’AFPS, Palestine Solidarité
  • Actions
    • Campagnes
    • Évenements soutenus
    • Projets en Palestine
    • Missions en Palestine
    • Pétitions
    • Parrainages
    • Produits palestiniens
  • Informations
    • Actualités
    • Analyses
    • En direct de Palestine
    • Témoignages
    • Communiqués
    • Culture
    • Publications de l'AFPS
  • Références
    • Repères historiques
    • Rapports
    • Cartes
  • Mobilisation
    • Campagnes
    • Échos du national
    • Échos des groupes
    • Matériel militant
    • Appel et pétitions
    • Agenda
  • Thématiques
ASSOCIATION FRANCE PALESTINE SOLIDARITÉ
21 ter, rue Voltaire, 75011 Paris
Tél : 01 43 72 15 79
afps@france-palestine.org
  • Contact presse
Mentions légales Design: OOIIDéveloppement: Negative Network