Photo : Des militants de la flottille détenus par Israël dans le port d’Ashdod, 20 mai 2026 © compte X de Ben Gvir
Les militants libérés par les autorités israéliennes après avoir été arrêtés à bord d’une flottille qui tentait d’acheminer de l’aide à Gaza auraient subi des mauvais traitements, selon les organisateurs ; plusieurs d’entre eux ont été hospitalisés pour des blessures et au moins 15 ont signalé des agressions sexuelles, y compris des viols.
L’administration pénitentiaire israélienne a nié ces allégations, et Reuters n’a pas été en mesure de les vérifier de manière indépendante.
L’Allemagne a déclaré que certains de ses ressortissants avaient été blessés et que certaines accusations étaient « graves », sans donner plus de détails. Une source judiciaire en Italie a indiqué que les procureurs enquêtaient sur d’éventuels crimes, notamment des enlèvements et des agressions sexuelles.
Un porte-parole de l’administration pénitentiaire israélienne a déclaré dans un communiqué : « Les allégations formulées sont fausses et dénuées de tout fondement factuel. »
« Tous les prisonniers et détenus sont incarcérés dans le respect de la loi, en tenant pleinement compte de leurs droits fondamentaux et sous la supervision d’un personnel pénitentiaire professionnel et formé », ont-ils déclaré.
« Les soins médicaux sont dispensés selon un jugement médical professionnel et conformément aux directives du ministère de la Santé. »
L’armée israélienne a renvoyé les demandes de renseignements au ministère des Affaires étrangères, qui les a transmises à l’administration pénitentiaire.
Les forces israéliennes ont arrêté mardi 430 personnes à bord de 50 navires dans les eaux internationales afin d’intercepter la flottille de bénévoles qui tentait d’acheminer de l’aide humanitaire vers la bande de Gaza.
Ces allégations d’abus vont accentuer la pression sur les autorités israéliennes pour qu’elles s’expliquent sur le traitement réservé aux détenus, après que des images vidéo montrant le ministre israélien de la Sécurité se moquant de certains militants en prison ont suscité un tollé international.
L’Italie a indiqué que les membres de l’UE discutaient de l’imposition de sanctions à l’encontre du ministre, Itamar Ben-Gvir.
« Au moins 15 cas d’agressions sexuelles, dont des viols », ont publié les organisateurs de la Global Sumud Flotilla sur l’application de réseau social Telegram. « Tirés dessus à bout portant avec des balles en caoutchouc. Des dizaines de personnes ont eu des os cassés.
« Alors que le monde entier a les yeux rivés sur les souffrances de nos participants, nous ne saurions trop insister sur le fait qu’il ne s’agit là que d’un aperçu de la brutalité qu’Israël inflige quotidiennement aux otages palestiniens. »
Luca Poggi, un économiste italien figurant parmi les personnes détenues de la flottille, a déclaré à Reuters à son arrivée à Rome : « On nous a déshabillés, jetés à terre, donnés des coups de pied. Beaucoup d’entre nous ont été électrocutés au Taser, certains ont été agressés sexuellement, et d’autres se sont vu refuser l’accès à un avocat. »
Le parquet de Rome enquêtait sur d’éventuels délits d’enlèvement, de torture et d’agression sexuelle et allait entendre les témoignages d’activistes de retour en Italie, a indiqué une source judiciaire italienne.
Un porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères a déclaré que les agents consulaires qui avaient rencontré les activistes allemands à leur arrivée à Istanbul avaient signalé que plusieurs d’entre eux présentaient des blessures et subissaient des examens médicaux.
Le traitement humain des ressortissants allemands était une « priorité absolue », a déclaré le porte-parole, ajoutant : « Nous attendons naturellement des explications complètes, car certaines des allégations formulées sont graves. »
Sabrina Charik, qui a aidé à organiser le retour de 37 citoyens français de la flottille, a déclaré à Reuters que cinq participants français avaient été hospitalisés en Turquie, certains souffrant de côtes cassées ou de vertèbres fracturées. Certains ont porté des accusations détaillées de violences sexuelles, y compris de viol, a-t-elle précisé.
Dans une publication Instagram d’un groupe militant vérifiée par Reuters, un ressortissant français, Adrien Jouan, montrait des ecchymoses sur le dos et les avant-bras.
Les militants ont déclaré que certains des abus présumés avaient eu lieu en mer après leur interception par les forces navales israéliennes, et d’autres après leur arrestation et leur incarcération en Israël.
Des militants de plusieurs pays européens devaient rentrer chez eux par des vols en provenance de Turquie après avoir été expulsés d’Israël jeudi.
Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a déclaré aux journalistes que 44 membres espagnols de la flottille devaient arriver tout au long de la journée de vendredi par des vols reliant Istanbul à Madrid et Barcelone. Quatre d’entre eux avaient reçu des soins médicaux pour leurs blessures, a-t-il ajouté.
Les gouvernements occidentaux ont exprimé leur colère jeudi après que Ben-Gvir a publié une vidéo dans laquelle il se moquait des militants maintenus au sol dans une prison.
Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a déclaré en marge de la réunion de l’OTAN en Suède qu’il était en contact avec tous ses homologues de l’UE « afin qu’une décision rapide soit prise pour imposer des sanctions » à Ben-Gvir.
Traduction : AFPS




