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Mémorandum du premier Congrès des associations islamo-chrétiennes
publié le jeudi 17 février 2005


 
En janvier 1919 se tient a Jérusalem le premier Congrès des associations islamo-chrétiennes constituées à travers le pays depuis 1918 et qui ont pour objectif de promouvoir le développement du pays (la Palestine) en matière d’agriculture, d’industrie, d’économie et de commerce, de faire revivre la science, de former une jeunesse consciente de sa nationalité et de préserver les droits matériels et culturels des fils de la patrie. Voici le mémorandum que le Congrès, après avoir élaboré une espèce de Charte palestinienne qui refuse expressément la déclaration Balfour, envoie à la Conférence de la paix à Paris :

L’ensemble des habitants de la Palestine - qui comprend les provinces de Jérusalem, de Naplouse, d’Akka - musulmans et chrétiens se sont associés et ont élu des représentants qui se sont rendus à Jérusalem pour y tenir une assemblée chargée de rechercher la forme de gouvernement la meilleure pour ce pays [...]. Ils ont décidé en tout premier lieu d’adresser à votre conférence suprême une véhémente protestation contre ce qu’ils ont appris au sujet d’une promesse que les sionistes auraient obtenue, par laquelle notre pays deviendrait pour eux une patrie nationale (national home) ; ils auraient l’intention d’y immigrer et de le coloniser.

Or nous-mêmes, musulmans et chrétiens réunis en députation, nous sommes en vérité une nation arabe vivante, comme les autres petites nations que les Alliés ont libérées. Nous sommes ici pour refuser catégoriquement que soit prise pareille décision avant que nous soyons consultés. Nous transmettons en effet à la Conférence cette déclaration dictée par le péril que courraient les intérêts des habitants de ce pays, musulmans et chrétiens qui forment la majorité absolue, au cas où se réaliserait l’immigration des sionistes dans ce pays pour le coloniser et en faire leur patrie nationale.

Nous espérons que votre Conférence suprême ne prendra aucune décision concernant ce pays sans s’en tenir auparavant à nos désirs et à nos voeux tels que nous les lui exposerons dans la suite.

SOURCE  : Olivier Carre, Le mouvement national palestinien, Gallimard/Julliard, 1977, pp. 34-35.
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