Voix de Gaza : après les frappes aériennes israéliennes.

BBC, mercredi 28 juin 2006

La tension et la peur règnent dans la bande de Gaza après les attaques et les bom­bar­de­ments de la nuit dernière.
La BBC a parlé à 3 Pales­ti­niens de Gaza à propos de ce qui s’est passé et leurs inquié­tudes pour les heures à venir.

DOAA ABU-​​HARB, étudiante, Rafah

Je suis à Rafah, à environ 600 mètres de la fron­tière, mais Dieu merci pas à proximité des mili­taires israé­liens. Nous n’avons pas d’électricité, alors je ne peux pas voir à la télé­vision ce qui se passe main­tenant. J’écoute la radio qui fonc­tionne sur piles, je ne sais pas combien de temps elles vont durer.

La situation la nuit der­nière était ter­rible. J’entendais de nom­breux bom­bar­de­ments. J’en ai entendu d’autres et des fusils ce matin. Je pense qu’ Israël prévoit une attaque énorme pour que tout le monde reste à la maison.

Mes petits neveux sont chez nous. Si je montre que j’ai peur je pense qu’eux vont mourir de peur.

Je crois que ça va devenir encore plus dan­gereux. J’espère que nous trou­verons une solution avant la nuit. Nous sommes vivants, mais nous nous sentons comme morts.

Le pouvoir et la force ne sont pas une bonne solution mais nous avons été obligés de recourir au kid­napping, d’utiliser la force contre la force. Je pense qu’il faut rendre le soldat.

LAMA HOURANI, employé d’une Ong, ville de Gaza

C’est effrayant, c’est affreux, à tous les niveaux, c’est mauvais.

Ils ont bom­bardé la prin­cipale cen­trale élec­trique de Gaza, qui fournit de l’électricité à 40-​​50% de la bande de Gaza.

Selon l’Autorité pales­ti­nienne, près de la moitié de Gaza est sans élec­tricité. Ils disent que cela prendra 6 mois de réparer.

Pour l’eau, il faut la pomper, donc si nous n’avons pas d’électricité nous n’avons pas d’eau. Nous avons ins­tallé un géné­rateur per­sonnel la semaine der­nière, nous avons donc de la chance mais à cause du blocus, nous n’avons pas assez de car­burant, aussi nous ne pouvons pas faire fonc­tionner le générateur

Pour être franc, je ne sais pas ce qu’il faudrait faire.

Je sais que ce kid­napping est légal parce que nous com­battons une occu­pation illégale.

En même temps je vois ce que seront les consé­quences et je ne vois pas quel gain poli­tique les Pales­ti­niens peuvent en tirer.

REEM EL-​​ZAEEM, étudiante, ville de Gaza

On n’a pas pu dormir. L’un des ponts qui a été visé est à 2 kilomètres d’ici.

On entendait tout, c’était ter­ri­fiant. Je crois que c’est le début ; ça , ce n’était rien.

Nous avons l’électricité, juste dans notre in quartier. Je n’ai parlé à per­sonne hors de la maison pour le moment. Je me sens prisonnière.

Le kid­napping était un acte de ven­geance pour tous les Pales­ti­niens inno­cents qui ont été tués.

Nous n’allons pas oublier les cris de Huda [une jeune Pales­ti­nienne qui a perdu sa famille dans une explosion sur la plage de Gaza le 9 juin]. Ce qui lui est arrivé est inscrit dans notre mémoire commune.

La meilleure solution est qu’ils relâchent nos pri­son­niers, les inno­cents, et alors nous libè­rerons le soldat israélien.