Violence des colons à Hébron : des Palestiniens blessés

L’Orient le Jour, jeudi 4 décembre 2008

Livni appelle à laisser Israël et les Pales­ti­niens négocier tran­quilles. Au moins 13 Pales­ti­niens ont été blessés dans la nuit du lors de la nuit du 1er au 2 décembre, lors de mani­fes­ta­tions vio­lentes d’ultranationalistes israé­liens, selon des sources médicales.

Des groupes de jeunes colons, appuyés par des sym­pa­thi­sants ultra­na­tio­na­listes venus d’Israël, ont jeté pendant plu­sieurs heures des pierres en toute impunité sur des maisons pales­ti­niennes ainsi qu’en direction de jeeps de la police et des gardes-​​frontières. Des Pales­ti­niens ont riposté par des jets de pierres. Ces inci­dents se sont déroulés dans le secteur sous occu­pation israé­lienne à Hébron, où vivent quelques cen­taines de colons sous la pro­tection de l’armée.

Les mani­fes­tants israé­liens s’étaient ras­semblés suite à des rumeurs selon les­quelles la police et l’armée allaient pro­céder à l’évacuation de [ce qu’ils appellent]« Beit Hashalom » (Maison de la paix) [1], confor­mément à une décision de la Cour suprême en novembre. Le bâtiment de quatre étages est l’objet d’un litige sur les droits de pro­priété entre Morris Abraham, un homme d’affaires juif amé­ricain qui se prévaut d’un acte de pro­priété, et un Pales­tinien qui conteste la vente. Paral­lè­lement, dans le nord de la Cis­jor­danie, des dizaines de colons se sont également heurtés à des Pales­ti­niens, blo­quant des routes, tou­jours dans le cadre de la cam­pagne contre l’évacuation de la maison.

En outre, des colons ont profané hier des mos­quées dans des vil­lages de Cis­jor­danie avec des ins­crip­tions insultant le pro­phète Mahomet et des étoiles de David, ont indiqué des témoins et des res­pon­sables pales­ti­niens. Les colons ont tagué en hébreu « Mahomet est un cochon » et « Mort aux Arabes » sur le mur de la mosquée du village d’al-Sawyeh, au sud de Naplouse, dans le nord de la Cis­jor­danie, a affirmé à l’AFP Mohammad Abdel­rahim, membre du conseil muni­cipal de la localité. Venus dans le village avant l’aube, ils ont également dessiné des étoiles de David sur les portes de plu­sieurs magasins et crevé les pneus de huit voi­tures, a ajouté M. Abdelrahim.

Par ailleurs, dans le sud de la bande de Gaza, deux Pales­ti­niens ont été tués lors d’une opé­ration de l’armée israé­lienne. L’attaque, visant un groupe d’activistes pales­ti­niens, a été menée dans le secteur de Rafah par un appareil de l’armée de l’air, selon des sources médi­cales. L’armée israé­lienne a confirmé le raid, affirmant qu’elle avait visé un groupe de com­bat­tants après qu’ils eurent tiré des obus de mortier sur le ter­ri­toire israélien.

Sur le plan diplo­ma­tique, la ministre israé­lienne des Affaires étran­gères, Tzipi Livni, a appelé hier la com­mu­nauté inter­na­tionale à laisser Israé­liens et Pales­ti­niens pour­suivre à leur rythme leurs négo­cia­tions de paix. « L’impatience de la com­mu­nauté inter­na­tionale peut conduire à un échec que per­sonne ne peut se per­mettre », a-​​t-​​elle déclaré devant la com­mission des Affaires étran­gères du Par­lement européen à Bruxelles.

Attaquée par ailleurs par les députés euro­péens sur la situation huma­ni­taire dans la bande de Gaza, bouclée par Israël en raison des attaques ter­ro­ristes menées depuis ce ter­ri­toire, elle a défendu la poli­tique de son gou­ver­nement. « Je n’ai pas de solution miracle pour délé­gi­timer le régime (du Hamas) et com­battre le ter­ro­risme, sans impact sur la popu­lation », a-​​t-​​elle justifié.

De son côté, le Premier ministre pales­tinien Salam Fayyad s’est dit « pro­fon­dément inquiet » d’un pos­sible ren­for­cement des rela­tions entre Israël et l’Union euro­péenne, faute de progrès dans le pro­cessus de paix israélo-​​palestinien.

Dans des décla­ra­tions à la presse à Ramallah, M. Fayyad a affirmé avoir fait part de cette inquiétude lors d’une ren­contre avec des diplo­mates des pays de l’UE lundi.

[1] et que même l’armée israé­lienne appelle "maison de la dis­corde", maison occupée par des extré­mistes juifs qui sévissent depuis des années à Hébron et dont la vio­lence s’est encore intensifiée