Vers une nouvelle guerre au Liban ?

Khalil Fleyhane, lundi 18 janvier 2010

Plu­sieurs sources diplo­ma­tiques affirment que l’Etat hébreu sou­haite mener une nou­velle offensive contre le hez­bollah libanais. Pourtant les États-​​Unis y sont opposés, rap­pelle L’Orient-Le Jour.

Les infor­ma­tions recueillies aussi bien à Téhéran qu’à Ankara concordent : les menaces d’Israël laissent entrevoir une nou­velle guerre contre le Liban. Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, en a informé avant-​​hier lundi son homo­logue libanais Saad Hariri. Selon des sources minis­té­rielles, l’État hébreu, notamment par la voix de son ministère des Affaires étran­gères, a dynamité toute ten­tative turque de le convaincre de mettre un terme à ses menaces contre le Liban ; les­quelles com­mencent réel­lement à inquiéter tout le monde vu la rigueur des sources qui les évoquent et les analysent.

La répé­tition de ces inti­mi­da­tions ren­force d’ailleurs cette conviction qu’Israël entend s’en prendre à son petit voisin en raison du fait que les res­pon­sables israé­liens estiment qu’il n’est plus pos­sible de se taire face à la crois­sance continue de l’arsenal du Hezbollah.

Il convient de noter que Washington, entre autres grandes capi­tales, a également et natu­rel­lement eu vent des infor­ma­tions en pos­session de la Turquie et de l’Iran. Les Amé­ri­cains auraient déjà entamé des contacts à très hauts niveaux afin que le calme soit pré­servé des deux côtés de la ligne bleue, et les sources bien informées parlent d’une réelle volonté US d’éviter toute nou­velle aventure israé­lienne dans les mois à venir. Surtout, précisent-​​elles, que le ton des res­pon­sables mili­taires amé­ri­cains monte contre les Iraniens.

Il faut savoir que ces der­niers sont assez "inquiets" des menaces de guerre israé­lienne contre le Liban. Le chef de la diplo­matie ira­nienne, qui en a fait tout récemment part lors d’un dépla­cement à Damas, en a discuté en privé et à la même occasion, selon le quo­tidien koweïtien al-​​Jarida, avec de hauts res­pon­sables du Hez­bollah, dont le conseiller poli­tique de Hassan Nas­rallah, Hussein Khalil. Manou­chehr Mottaki aurait notamment sou­ligné que les rap­ports sur une pro­chaine opé­ration mili­taire israé­lienne contre les ins­tal­la­tions nucléaires ira­niennes se pré­cisent et se font de plus en plus nom­breux, invitant le Hezb à "demeurer vigilant". [1]

[1] voir aussi, le 18/​​01/​​2010

Abou Moussa : Pas question de mettre fin à la pré­sence armée pales­ti­nienne en dehors des camps

Liban-​​​​Syrie Le secré­taire général de l’organisation Fateh-​​​​Intifada (proche de Damas), Abou Moussa, a pra­ti­quement apporté une fin de non-​​​​recevoir aux vel­léités du gou­ver­nement libanais de s’attaquer, dans le cadre du rap­pro­chement avec la Syrie, au pro­blème de la pré­sence mili­taire des orga­ni­sa­tions pales­ti­niennes pro­sy­riennes en dehors des camps de réfugiés.

Le secré­taire général du mou­vement Fateh-​​​​Intifada, Saïd Moussa, alias Abou Moussa, a affirmé hier qu’il ne saurait être question de mettre un terme à la pré­sence pales­ti­nienne armée en dehors des camps de réfugiés au Liban, sou­li­gnant qu’une telle pré­sence mili­taire est néces­saire pour faire face à une nou­velle attaque israélienne.

Abou Moussa a fait une décla­ration en ce sens à l’issue d’une réunion qu’il a tenue à Saïda, samedi, avec le pré­sident du conseil muni­cipal de la ville, Abdel Rahman Bizri. Il s’agit de la pre­mière visite d’Abou Moussa à Bey­routh et à Saïda depuis la guerre de 1982 qui avait débouché sur le retrait de l’OLP et des orga­ni­sa­tions pales­ti­niennes du Liban à la suite de la vaste offensive israé­lienne qui avait atteint Bey­routh. Le Fateh-​​​​Intifada est une orga­ni­sation dis­si­dente du Fateh, hostile à l’OLP et à l’Autorité pales­ti­nienne. Elle est basée, note-​​​​t-​​​​on, à Damas et elle a constamment entretenu depuis sa création (à l’instigation de la Syrie, selon diverses sources) des liens très étroits avec le régime syrien.

À l’issue de son entrevue avec le pré­sident de la muni­ci­palité de Saïda, Abou Moussa s’est adressé aux cor­res­pon­dants de presse, abordant le dossier de la pré­sence pales­ti­nienne au Liban. Il a écarté d’emblée toute pos­si­bilité de mettre un terme à la pré­sence armée des orga­ni­sa­tions pales­ti­niennes (proches de la Syrie) en dehors des camps de réfugiés au Liban, ajoutant qu’il ne saurait être question de limiter la pré­sence mili­taire pales­ti­nienne uni­quement à l’intérieur des camps. « Les armes en dehors des camps, a notamment déclaré Abou Moussa, cor­res­pondent à des objectifs qui dif­fèrent de ceux de l’armement à l’intérieur des camps. Elles sont liées aux impé­ratifs de la confron­tation avec l’ennemi sio­niste en cas de nou­velle agression sio­niste contre le Liban-​​​​Sud. »

Abou Moussa a, d’autre part, sou­ligné que la décision de main­tenir l’arsenal en dehors des camps est « une décision pales­ti­nienne interne qui ne relève d’aucune autre partie, et cela reste vrai même s’il s’avère exact que les Syriens ont transmis au chef du gou­ver­nement Saad Hariri des signaux sur un désar­mement pales­tinien en dehors des camps au Liban ». « La Syrie est notre allié, certes, et nous sommes basés dans ce pays, mais la décision (concernant les armes) reste une décision pales­ti­nienne », a affirmé Abou Moussa qui a ajouté sur ce plan : « Nous savons que cer­tains au sein du gou­ver­nement libanais désirent mettre un terme à la pré­sence armée pales­ti­nienne en dehors des camps, mais nous ne sommes pas de cet avis. Si nos frères libanais au sein du gou­ver­nement sou­haitent modifier, uni­quement, l’emplacement de nos posi­tions mili­taires, nous sommes dis­posés à en dis­cuter, mais il ne saurait être question de mettre fin à cette pré­sence armée, d’autant qu’elle n’a jamais porté un quel­conque pré­judice à la sécurité des Libanais. »

Kaddoumi chez Aoun

Signalons, par ailleurs, que le chef du dépar­tement poli­tique (ministre des Affaires étran­gères) de l’OLP, Farouk Kad­doumi, a rendu visite samedi au chef du Bloc du chan­gement et de la réforme, le général Michel Aoun, à Rabieh.

À l’issue de la réunion, M. Kad­doumi a rendu un vibrant hommage au général Aoun, le qua­li­fiant de « résistant qui a joué un rôle de premier plan au niveau de la conso­li­dation de la sécurité et de la paix au Liban, et de la réa­li­sation de l’unité nationale ». « Nous savions déjà qu’il béné­fi­ciait de ces qua­lités grâce au témoi­gnage du martyr Abou Ammar qui était lié d’amitié à lui (au général Aoun), a notamment déclaré le res­pon­sable pales­tinien. Nous nous sommes sou­venus des ren­contres avec Abou Ammar et des idées claires qui étaient émises en vue d’aboutir à une entente et une stra­tégie commune afin de réa­liser la sécurité et la paix au Liban et dans la région. »

Après avoir cri­tiqué l’attitude des res­pon­sables pales­ti­niens qui mènent les négo­cia­tions avec Israël, M. Kad­doumi a affirmé que la position de plu­sieurs pays arabes à l’égard de la cause pales­ti­nienne « est loin d’être sérieuse ». « La résis­tance a failli dis­pa­raître de la scène pales­ti­nienne, a sou­ligné M. Kad­doumi. Après l’expérience que nous avons eue avec toutes les armées arabes, il ressort que la libé­ration de la Palestine ne peut se réa­liser que par le biais de la résis­tance. Mal­heu­reu­sement, après la dis­pa­rition du martyr Abou Ammar, le mutisme a régné et les colonies (israé­liennes) ont envahi la Cis­jor­danie, de même que Jéru­salem a faille être judaïsée. »

En conclusion, M. Kad­doumi a déclaré qu’Israël n’est pas en mesure de réa­liser ses objectifs, « d’autant qu’il a été défait en 2006 par la résis­tance liba­naise et en 2008 par la résis­tance pales­ti­nienne à Gaza ». (…) http://​www​.lorient​lejour​.com/​c​atego…