Unité palestinienne, l’imbroglio

Pierre Barbancey, jeudi 26 février 2009

Les pour­parlers inter­pa­les­ti­niens débutent [le 26 février] dans un climat tendu entre les deux prin­cipaux mou­ve­ments rivaux, le Fatah et le Hamas.

Des pour­parlers entre les dif­fé­rentes orga­ni­sa­tions pales­ti­niennes doivent s’ouvrir [le 26 février] au Caire, sous l’égide de l’Égypte. Des dis­cus­sions qui s’annoncent dif­fi­ciles tant le dia­logue inter­pa­les­tinien est régu­liè­rement vicié par les inter­fé­rences étran­gères, qu’elles soient arabes, occi­den­tales ou israé­liennes, lorsque les deux prin­ci­pales fac­tions, le Hamas et le Fatah, ne freinent pas elles-​​mêmes des quatre fers.

Alors que les Pales­ti­niens n’ont jamais été si divisés, l’unité de leurs orga­ni­sa­tions poli­tiques est la condition sine qua non pour pouvoir agir concrè­tement afin de remettre le pro­cessus de paix sur les rails. Les bases de la dis­cussion sont connues. Elles sont com­prises dans l’accord passé à La Mecque en 2007, qui s’appuie lui-​​même sur l’initiative arabe (qui propose la nor­ma­li­sation des rela­tions avec Israël en échange de la fin de l’occupation des ter­ri­toires arabes, de la création d’un État pales­tinien dans les fron­tières de 1967 avec Jérusalem-​​Est comme capitale et un juste règlement du pro­blème des réfugiés pales­ti­niens) et sur le document dit des pri­son­niers, élaboré sous l’égide de Marwan Bar­ghouti et adopté par les repré­sen­tants empri­sonnés de toutes les fac­tions pales­ti­niennes. À terme, il s’agit d’arriver à la consti­tution d’un gou­ver­nement d’union nationale, apte à orga­niser des élec­tions pré­si­den­tielle et légis­la­tives. Au-​​delà, il s’agit bien d’une refonte du mou­vement national pales­tinien, avec la mise sur pied d’une nou­velle Orga­ni­sation de libé­ration de la Palestine (OLP), qui accueillerait alors les mou­ve­ments isla­mistes pales­ti­niens, comme le Hamas et le Djihad.

On voit donc l’enjeu de ces dis­cus­sions. Or, à la veille de cette ren­contre cru­ciale, le Hamas accuse le Fatah d’avoir arrêté 80 de ses membres en Cis­jor­danie. Un res­pon­sable des ser­vices de sécurité du Fatah a expliqué, sans fournir de chiffres, que qui­conque nuisait à la sécurité des Pales­ti­niens était sus­cep­tible d’être détenu aux fins d’interrogatoire. Côté israélien, alors qu’on négocie une trêve avec le Hamas - ce qui signifie que l’organisation isla­mique est un inter­lo­cuteur -, Shimon Peres presse les Euro­péens de cesser tout contact avec cette même orga­ni­sation, alors que son tou­jours premier ministre, Ehoud Olmert, joue la montre en intro­duisant la libé­ration de Gilad Shalit dans la négo­ciation pour une trêve. Bref, l’imbroglio est total, pour le grand bénéfice de la force occu­pante. Seul signe positif ces der­niers jours, les pré­si­dents syrien Bachar al Assad et yéménite Ali Abdallah Saleh, en visite à Damas, où se trouvent les diri­geants du Hamas en exil, ont plaidé pour une récon­ci­liation palestinienne.