« Une volonté de destruction »

Hélène Flautre, dimanche 1er février 2009

Les bornes ont été clai­rement dépassées. Israël béné­ficie d’une impunité odieuse depuis trop d’années. Il y a deux poids deux mesures. Il ne faut pas que ces crimes restent impunis, il faut que des gens soient inculpés sinon le cercle vicieux du non-​​droit continuera. »

« J’ai eu peur », a déclaré Hélène Flautre en pré­ambule de son inter­vention. « Peu après être rentré dans la Bande de Gaza, une bombe est tombée pas très loin de nous, pendant la trêve quo­ti­dienne. Ça vous scotche ! »

La députée euro­péenne est visi­blement affectée même si elle reconnaît n’avoir « pas vu grand chose ». Assez cependant « pour qu’il ne soit plus néces­saire de parler de "pré­somption" de crimes de guerre. C’est le seul conflit au monde où on bom­barde une popu­lation qui ne peut pas fuir. »

Malgré plu­sieurs « mes­sages d’intimidation » envoyés par l’armée israé­lienne, le groupe d’observateurs inter­na­tionaux s’est rendu dans un abri, en fait une école pour garçons abritant 1215 per­sonnes. « Les adultes étaient affligés, endeuillés, effondrés mais les gamins pétaient la vie. Ça donne envie de faire l’impossible, ils n’ont pas désespéré de la vie. » Parmi ces enfants, une petite fille qui a reçu trois balles dans le dos. Elle restera handicapée.

« Ce n’est pas un dérapage, les civils ont fait l’objet d’attaques répétées, estime Mme Flautre. Il y avait une volonté de des­truction. On a croisé des quar­tiers com­plè­tement effondrés. Les bornes ont été clai­rement dépassées. Israël béné­ficie d’une impunité odieuse depuis trop d’années. Il y a deux poids deux mesures. Il ne faut pas que ces crimes restent impunis, il faut que des gens soient inculpés sinon le cercle vicieux du non-​​droit continuera. »

Là où la députée euro­péenne dénonce des « crimes de guerre » et « un mépris des droits de l’Homme », une partie du public présent jeudi voit « un génocide », « un crime contre l’humanité ». Malgré l’amertume des inter­ve­nants, à aucun moment l’amalgame n’a été fait entre l’État israélien et le Peuple juif. Mme Flautre a d’ailleurs condamné les tirs de roquettes vers Israël et prôné la non-​​violence.

Le boycott comme moyen d’action « Quels sont nos leviers d’action pour que tout cela s’arrête ? » La question a été posée plu­sieurs fois à la députée euro­péenne. « L’Europe pourrait décider de ne plus acheter des pro­duits israé­liens, propose-​​t-​​elle. Israël est très dépendant des échanges écono­miques. C’est du ressort du Conseil de l’Europe mais on ne l’utilise pas car il n’y a pas de volonté politique. »

Et la députée de mettre à l’amende la bien­veillance du Pré­sident français et de son ministre des affaires étran­gères à l’égard de l’État d’Israël. « On pourrait orga­niser nous-​​même un boy­cotte », propose une dame. Plu­sieurs asso­cia­tions oeuvrent déjà en ce sens. En guise de conclusion Hélène Flautre a formulé une pro­po­sition à contre courant : accueillir en France des enfants israé­liens. « Si Gaza est une prison à ciel ouvert, Israël est un hôpital psy­chia­trique à ciel ouvert. Il y existe une accep­tation scan­da­leuse du bafouage des droits de l’Homme. Il faut redonner à ces jeunes des prin­cipes fondamentaux. »