Une majorité d’Israéliens veut le cessez-​​le-​​feu et des négociations

L’humanité - Entretien avec Efraïm Davidi, jeudi 6 mars 2008

Entretien avec Efraïm Davidi de la direction du Parti com­mu­niste israélien.
- Comment analysez-​​vous ce qui se passe actuel­lement à Gaza ?

- Efraïm Davidi. C’est un véri­table mas­sacre qui est per­pétré. L’armée israé­lienne ne prend pas seulement pour cible les com­bat­tants du Hamas ou les diri­geants poli­tiques de cette orga­ni­sation, mais aussi la popu­lation civile. L’armée israé­lienne commet des crimes de guerre.

- Comment com­prendre la stra­tégie du gou­ver­nement israélien qui parle de paix et lance des offen­sives militaires ?

- Efraïm Davidi. Il faut juger sur les faits. Le gou­ver­nement d’Israël parle de la paix mais il fait la guerre. Nous pensons qu’il ne faut pas parler de la paix, il faut faire la paix. Mal­heu­reu­sement le gou­ver­nement israélien et le premier ministre parlent de paix, de pour­parlers de paix, d’un État pales­tinien. Mais dans les faits le gou­ver­nement fait tout pour empêcher le pro­cessus de paix et la création d’un État palestinien.

- Quel est l’état d’esprit qui prévaut dans la société israélienne ?

- Efraïm Davidi. On assiste à quelques évolu­tions. Selon un sondage publié par le quo­tidien Haaretz ven­dredi dernier, 65 % de la popu­lation israé­lienne veut qu’il y ait un cessez-​​le-​​feu et que des négo­cia­tions s’engagent avec le Hamas. Il y a donc un décalage entre d’un côté la popu­lation qui veut en finir avec la guerre et l’occupation et de l’autre côté le gou­ver­nement. On a la guerre au Liban en juillet 2006. Et il y a un danger réel que ce qui se passe à Gaza devienne le Liban 3 du point de vue de la popu­lation civile.

- Que fait le Parti communiste israélien ?

- Efraïm Davidi. Depuis ven­dredi matin nous avons organisé des mani­fes­ta­tions dans de nom­breuses loca­lités israé­liennes, à Haïfa, Nazareth, hier c’était à Tel-​​Aviv, aujourd’hui à Jéru­salem. Le mou­vement La Paix main­tenant appelle aussi à mani­fester mais pas avec nous. Cette orga­ni­sation a comme position la res­ti­tution de tous les ter­ri­toires occupés, de Jérusalem-​​Est, et prône le dia­logue avec les Pales­ti­niens, y compris le Hamas. Mais il faut savoir par exemple que la ministre de l’Éducation nationale, Yuli Tamir, est une des fon­da­trices de La Paix main­tenant, que le ministre de la Défense, Ehud Barak, est du Parti tra­vailliste. Or ce parti est très actif au sein de la Paix main­tenant. Il y a donc une dif­fé­rence poli­tique majeure entre nous.

Entretien réalisé par Pierre Barbancey