Une frappe israélienne contre l’Iran est à l’ordre du jour

Yediot Aharonot, vendredi 9 novembre 2007

Après les décla­ra­tions de Téhéran affirmant qu’il pos­sédait 3 000 cen­tri­fu­geuses opé­ra­tion­nelles pour l’enrichissement de l’uranium, Yediot Aha­ronot sou­ligne qu’une frappe israé­lienne sur des sites nucléaires ira­niens est de plus en plus probable.

Le mer­credi 7 novembre, le pré­sident Mahmoud Ahma­di­nejad a annoncé que l’Iran dis­posait de 3 000 cen­tri­fu­geuses opé­ra­tion­nelles pour l’enrichissement de l’uranium. D’après The Times de Londres, des sources mili­taires amé­ri­caines auraient alors assuré que cela pourrait déclencher une frappe aérienne israé­lienne sur les ins­tal­la­tions nucléaires ira­niennes. Selon ces sources, citées jeudi 8 novembre par le quo­tidien bri­tan­nique, le chiffre de 3 000 cen­tri­fu­geuses constitue un "seuil" qui pous­serait Israël à agir.

En dépit des sévères aver­tis­se­ments émis par Washington ces der­nières semaines, l’article du Times sou­ligne que le Pentagone hésite pour l’instant à attaquer l’Iran, mais que pour Israël c’est "une autre his­toire". D’ailleurs, ajoute The Times, avant même la décla­ration d’Ahmadinejad, un res­pon­sable amé­ricain aurait dit : "Israël pourrait faire quelque chose quand les Ira­niens attein­dront le chiffre de 3 000 cen­tri­fu­geuses opé­ra­tion­nelles. Le Pentagone est plutôt d’avis d’attendre un peu plus longtemps."

Mer­credi soir, le ministre israélien de la Défense Ehoud Barak a précisé : "Nous n’écartons aucune pos­si­bilité, et il nous faut nous pencher sur les aspects opé­ra­tionnels." Le ministre de la Défense a également appelé à de nou­velles sanc­tions écono­miques et diplo­ma­tiques. Le pré­sident iranien venait de faire cette annonce devant une foule de plu­sieurs mil­liers d’Iraniens à Birjand, dans l’est de l’Iran. Il s’agissait d’une démons­tration de force face aux exi­gences de la com­mu­nauté inter­na­tionale, qui réclame l’arrêt du pro­gramme nucléaire iranien, soup­çonné de dis­si­muler les efforts du pays pour se doter de l’arme atomique.

Par le passé, Ahma­di­nejad a déjà pré­tendu que l’Iran avait réussi à ins­taller les 3 000 cen­tri­fu­geuses dans son site d’enrichissement de l’uranium à Natanz. Le 7 novembre, il a pour la pre­mière fois annoncé offi­ciel­lement qu’elles étaient désormais tout à fait opé­ra­tion­nelles. Elles servent à enrichir l’uranium, pro­cessus qui peut pro­duire soit du com­bus­tible pour un réacteur nucléaire, soit la matière pre­mière pour confec­tionner une bombe. Plus tôt dans la semaine, Yossi Baidatz, directeur du ren­sei­gnement mili­taire israélien, a expliqué que le régime iranien actuel n’était pas menacé d’effondrement et qu’il pourrait être nucléarisé d’ici fin 2009.


Dans le même temps, selon l’Orient le Jour, L’État hébreu réclame le renvoi du chef de l’AIEA : El-​​Baradei met « en danger la paix dans le monde », accuse Israël

Pour la pre­mière fois depuis le début de la crise nucléaire ira­nienne, Israël a réclamé hier le renvoi du chef de l’Agence inter­na­tionale de l’énergie ato­mique (AIEA), Mohammad el-​​Baradei, accusé de « mettre en danger la paix dans le monde ».

Israël, qui milite pour de nou­velles sanc­tions inter­na­tio­nales contre Téhéran qu’il soup­çonne de chercher à se doter de l’arme ato­mique, a durci sa cam­pagne contre M. Baradei depuis ses décla­ra­tions en octobre affirmant ne pas avoir de preuves que Téhéran fabri­quait la bombe nucléaire.

« La poli­tique suivie par el-​​Baradei met en danger la paix dans le monde. Son attitude irres­pon­sable qui consiste à enfouir sa tête dans le sable en ce qui concerne le pro­gramme nucléaire iranien doit amener à son renvoi », a affirmé le vice-​​Premier ministre israélien Shaoul Mofaz à la radio israé­lienne. M. Mofaz conduit actuel­lement à Washington une équipe chargée du dia­logue stra­té­gique avec les États-​​Unis sur le dossier nucléaire de l’Iran et a ren­contré mer­credi la secré­taire d’État Condo­leezza Rice. « El-​​Baradei affirme ne pas avoir de preuves concernant le pro­gramme nucléaire iranien alors qu’il dispose sur sa table de ren­sei­gne­ments recueillis dans plu­sieurs pays et qu’il est à la tête d’une orga­ni­sation chargée pré­ci­sément d’exploiter ce genre d’informations », a sou­ligné M. Mofaz. Cet ancien chef d’état-major a cependant estimé que l’Iran n’était pas encore parvenu au point de non-​​retour. « Le déve­lop­pement des infra­struc­tures néces­saires à l’enrichissement de l’uranium est plus lent que ne le disent les res­pon­sables ira­niens. » La radio publique, citant des res­pon­sables israé­liens, a indiqué que la délé­gation à Washington avait fourni des ren­sei­gne­ments très précis et « d’une grande réso­lution » aux États-​​Unis, faisant ainsi allusion à des photos satellite…  [1]