Une ONG israélienne accuse des colons d’annexions sauvage

Dépêches et le Monde, dimanche 14 septembre 2008

Le groupe israélien de défense des droits de l’homme B’Tselem affirme, dans un rapport publié jeudi 11 sep­tembre, que des colons juifs ont confisqué en Cis­jor­danie un ter­ri­toire jusqu’à deux fois et demie plus grand que celui qui leur était alloué, en ins­tallant des clô­tures ou en ayant recours à la vio­lence pour chasser les Palestiniens.

B’Tselem explique qu’elle ne peut donner de chiffres précis du nombre d’hectares confisqués dans la mesure où, dans la majeure partie des cas, les contre­ve­nants ne sont pas sanc­tionnés et qu’aucun document n’est dis­po­nible à ce sujet.

Inter­rogée sur ce rapport, l’armée israé­lienne a déclaré avoir établi des zones de sécurité autour des colonies juives de Cis­jor­danie afin de pré­venir des attentats, ajoutant que toute construction dans ces zones était donc illégale. Le rapport cite l’exemple d’un groupe de 12 habi­ta­tions ins­tallées à l’est de la bar­rière de sécurité érigée en Cis­jor­danie. A cet endroit, B’Tselem évoque une annexion de 455 hec­tares de terre, motivée par un plan spécial de sécurité qui a permis de doubler la surface allouée aux colons. Le rapport précise que la moitié de cette surface était aupa­ravant la pro­priété privée de Palestiniens.

Heurts à Talmon

"La fer­meture des terres autour des colonies porte surtout pré­judice aux agri­cul­teurs pales­ti­niens, qui doivent sur­monter des obs­tacles bureau­cra­tiques quasi infran­chis­sables pour atteindre leurs ter­rains. Par consé­quent, beaucoup sont contraints d’arrêter leurs cultures", écrit B’Tselem. L’organisation ajoute que, dans de nom­breux cas, les auto­rités israé­liennes ferment les yeux sur la pose de clô­tures non auto­risées et ne punissent pas les colons fautifs. Quelque 70 000 colons vivent à l’est de la bar­rière de sécurité. Cette semaine, le vice-​​premier ministre israélien, Haïm Ramon, a pré­senté un projet d’indemnisation à des­ti­nation des colons qui accep­te­raient de quitter volon­tai­rement leurs habi­ta­tions de Cisjordanie.

Mer­credi soir ( 10 sep­tembre), des heurts vio­lents avaient opposé une qua­ran­taine de colons israé­liens à des soldats près de l’implantation de Talmon, située dans la région de Ramallah, en Cis­jor­danie. Selon un porte-​​parole de l’armée,"une qua­ran­taine de civils ont tenté de pénétrer de force dans une position de l’armée et de per­turber l’approvisionnement en eau". Selon la radio publique, les colons enten­daient pro­tester contre la saisie par l’armée de matériel de construction destiné à un chantier dans une colonie sauvage située dans le secteur.